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Soudan: l'économie soudanaise en quête de devises

Par Olivier Rogez

Depuis le début du mois, le Soudan est en ébullition, les manifestations contre la vie chère se multiplient. Le gouvernement a brutalement dévalué la livre et supprimé certaines subventions. Résultat : les prix flambent. Plus généralement, le pays est confronté à un manque de devises depuis l’indépendance du Soudan du Sud en 2011, et tente de diversifier ses sources de revenus.

Sept ans après l’indépendance du Soudan du Sud, Khartoum a du mal à se remettre de la perte des champs pétroliers. Le pays est confronté à une pénurie chronique de devises et a dû dévaluer la livre en début d’année, tout en supprimant les subventions sur certains produits de base. Et c’est tout le discours politique du gouvernement qui s’est effondré. Raphaëlle Chevrillon-Guibert est chercheuse à l’IRD, l’Institut de recherche et de développement.

« Il faut bien voir que tout le discours du régime pendant les années 2000 a été de dire On est un état développeur qui apporte un certain bien-être matériel aux populations’. Et du coup, c'est pour cela que c'est si compliqué pour l'Etat aujourd'hui de trouver une justification auprès de la population, pour revenir en arrière et dire aux gens 'Débrouillez-vous tout seul, on ne peut plus vous aider’ ».

Trouver des sources de devises est devenu l’obsession des autorités. Le rapprochement de Khartoum avec l’Arabie saoudite et les pétromonarchies sunnites a permis en 2016 et 2017 à la Banque centrale d’obtenir des subsides parfois importants, mais cela ne suffit pas. Le Soudan doit diversifier son économie. Et dans l’esprit des dirigeants, l’or peut remplacer l’or noir.

« Au départ le code minier a été profondément révisé avec l'idée de favoriser les investissements internationaux, pour favoriser la venue d'entreprises industrielles qui produiraient. Mais la réalité est que ça a été compliqué, notamment avec l'embargo, pour beaucoup d'entreprises de venir investir au Soudan. Et que le temps de faire de l'exploration et de la production il se passe plusieurs années. Or on est dans une vraie problématique d'avoir besoin de rentrées de devises immédiates. Et finalement, il y a eu transformation de l'attitude du gouvernement qui en gros depuis deux ans mise temporairement sur le secteur artisanal qu'il a commencé de réguler en créant de gros marchés où il peut plus facilement taxer les petits producteurs. »

Autre espoir l’agriculture. Dans les années soixante-dix le Soudan voulait devenir le grenier à blé du monde arabe.

« On est plus dans l'idée de faire du Soudan le grenier du monde arabe; mais on a de vraies terres agricoles très intéressantes et il y a beaucoup d'investissement, notamment asiatique, sur ces terres agricoles. Donc il y a une possibilité forte de développer cette agriculture d'exportation ».

La solution viendra peut-être de l’étranger. La fin de l’embargo américain a ravivé l’espoir d’une arrivée des investissements. Mais ces espoirs sont pour l’heure déçus. L’instabilité juridique et la corruption freinent bien des ardeurs.

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