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Revue de presse Afrique
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A la Une: opération coup de balai à l’Union africaine

Par Frédéric Couteau

Un nouveau président pour l’organisation panafricaine, le Rwandais Paul Kagamé ; et une volonté de dépoussiérer l’institution en commençant par lutter contre la corruption.

La presse ouest-africaine s’interroge ce matin : « peut-on vaincre la corruption ? », lance ainsi Fraternité Matin à Abidjan. « Ça n’est pas une gageure, répond le journal. Dans un premier temps, il faut des structures fortes pour surveiller les gouvernants, comme on en voit dans les pays développés. Deuxièmement, pousser ces derniers à lutter contre la pauvreté qui est un terreau fertile contre la corruption. Enfin, sanctionner sévèrement tous les contrevenants. Essayons ce triptyque et observons. »

« On peut se poser la question de savoir si des corrompus peuvent lutter contre la corruption ?, soupire pour sa part Le Pays à Ouagadougou. La réponse est claire et nette. C’est non et non, s’exclame le journal. Car, nos chefs d’Etat ne peuvent pas se faire harakiri en coupant la branche à laquelle ils sont accrochés. Le combat contre la corruption, pour être efficace, gagnerait à être porté par les organisations de la société civile et par des médias dignes de ce nom. Il implique aussi une reconversion des mentalités de la part de l’ensemble des populations, car la corruption, loin d’être une émanation d’une culture, est avant tout une perversion de l’esprit. »

Réformer le « machin » ?

Plus largement, s’interroge Aujourd’hui, toujours à Ouaga, « Kagamé pourra-t-il réformer le 'machin' ? Les linéaments proposés par le président rwandais pour botoxer l’UA ne manquent pas d’intérêt, estime le quotidien burkinabé. Passe encore la périodicité des sommets qu’on pourrait maintenir à deux par an ou ramener à un seul, mais la création d’une taxe de 0,2% sur les produits non africains importés en Afrique, un meilleur prorata des compétences entre l’UA et les organisations régionales, ou encore l’audit du travail des commissions, sont autant de cures de renouvellement indispensables à l’UA. Mieux, poursuit Aujourd’hui, l’autonomie financière de l’UA est son âme, car comment une organisation forte de 55 membres veut-elle que sa voix porte si 80% de ses programmes sont financés par l’Europe et le Japon ? Il est normal que celui qui paie la guitare impose la musique qu’il entend écouter. »

Interrogé par Le Monde Afrique, le ministre des Affaires étrangères angolais Manuel Domingos Augusto, estime que l’institution doit « se moderniser » et sortir de sa « léthargie. Nous soutenons la réforme, poursuit-il. La proposition d’instaurer une taxe de 0,2 % sur les importations venant d’autres continents est un détail. Sur le fond, l’Angola reconnaît que l’UA a besoin de s’autofinancer et de moderniser ses institutions pour les rendre plus efficaces. »

Le chef de la diplomatie angolaise s’est exprimé également sur la situation en RDC : « il y a clairement une priorité, a affirmé Manuel Domingos Augusto : la tenue des élections le 23 décembre prochain, date fixée par la Commission électorale. Il faut la légitimation d’un nouveau gouvernement. Le mandat de Joseph Kabila est terminé. Il doit donc partir dans le cadre d’un processus démocratique. »

« Kabila parle… mais ne rassure pas »

Ce n’est pas tout à fait le sentiment qu’a donné le président congolais lors de sa conférence de presse vendredi…

Pour Le Potentiel à Kinshasa, Joseph Kabila est resté sur une « ligne dure. Dans sa logique, les élections sont déjà programmées et tout le monde doit y souscrire dans les conditions fixées par le régime, c’est-à-dire avec l’interdiction d’organiser des meetings et autres manifestations politiques. (…) L’objectif principal, estime encore le quotidien kinois, n’est ni la bonne gestion ni le développement du pays, mais conserver le pouvoir le plus longtemps possible. »

« Kabila parle… mais ne rassure pas », renchérit Afrikarabia. « A la question de savoir s’il serait candidat à la prochaine présidentielle… Joseph Kabila a préféré botter en touche en demandant de 'donner une copie de la Constitution' à la journaliste de RFI qui avait posé la question. Un flou savamment entretenu par le président congolais à chacune de ses déclarations sur le sujet, qui ne risque donc pas de rassurer les Congolais sur une prochaine alternance politique à la tête de l’Etat. »

Et Afrikarabia de pointer cette phrase du chef de l’Etat : « Est-ce qu’il faut qu’on soit cité comme le pays le plus démocratique dans le monde ou bien c’est le développement qui compte ? » Commentaire du site : cette « interrogation vient confirmer l’idée que, pour le président congolais, le développement vaut mieux que les élections. Problème, relève Afrikarabia, au Congo, qui est classé parmi les pays les plus pauvres du monde : il n’y a ni développement, ni élections ! »

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