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Smaïl Chergui (UA): «Comme tout pays, le Maroc a les mêmes droits et devoirs»

Par Christophe Boisbouvier

Un an après son retour dans l'Union africaine, le Maroc est entré hier dans le Conseil Paix et Sécurité qui est l'un des organes-clés de l'organisation panafricaine. Alors, y a-t-il un risque de frottement avec Smaïl Chergui, le commissaire à la Paix et à la Sécurité, qui est de nationalité algérienne ? Smaïl Chergui répond aux questions de l'un de nos envoyés spéciaux à Addis-Abeba, Christophe Boisbouvier.

RFI: Voilà un an que vous avez été réélu au poste stratégique de Commissaire paix et sécurité. Quelles sont les avancées, depuis un an, s’il y en a ?

Smaïl Chergui: Vous savez, dans ce genre de dossier, il faut toujours rester humble parce que, évidemment, la tâche est gigantesque. Cependant, nous pouvons enregistrer, avec beaucoup d’intérêt, les efforts que nous avons mis pour l’opérationnalisation de la Force africaine en attente et l’inauguration de la base logistique de Douala, au Cameroun, qui est un acquis de première importance. Nous avons évalué les cinq brigades pour voir l’état de préparation de nos troupes.

L’autre réalisation, c’est la prévention. Aussi, la chose dont je suis très fier également, c’est d’avoir lancé Femise qui est un organe qui va permettre aux femmes de contribuer réellement à la résolution des conflits. Donc, je me propose, cette année, de former au moins 100 nouvelles femmes médiatrices.

FemWise. Pouvez-vous peut-être nous expliquer en deux, trois mots…

En fait, nous avons combiné les deux langues. « Fem », en français  et « Wise » qui veut dire « sage ». Les femmes sages. Ce sont des femmes médiatrices. Nous avons créé une plateforme et ces femmes-là, quand elles se déplacent sur le terrain, voient l’étendue des besoins des populations locales -  femmes et enfants - et elles peuvent recommander immédiatement tel ou tel projet.

Vous parlez de la Force africaine en attente. La mise en place du G5 Sahel ne montre-t-elle pas que l’avenir est davantage à des forces sous régionales qu’à une force continentale ?

Effectivement, compte tenu de ces insuffisances dans la mise en place de la Force africaine en attente. Bien entendu, des approches ad hoc ont servi la paix et la sécurité dans le continent. C’est un fait. C’est le cas de la Force multinationale mixte dans le Lac Tchad qui a fait ses preuves contre Boko Haram. Aujourd’hui, Boko Haram ne détient plus de territoires et leur modus operandi se fait plutôt avec des bombes, souvent en utilisant des jeunes filles.

Il en est de même, évidemment, pour le G5 Sahel. Vous savez que c’est une force que nous avons soutenue. Je voudrais d’ailleurs vous dire que je serai, dès la semaine prochaine, au sommet du G5 Sahel qui sera organisé à Niamey. Donc, c’est vous dire que, pour le moment, ce genre d’initiative est la bienvenue parce que cela nous permet de répondre à une situation d’urgence et, surtout, à partir de ce qui se passe au nord Mali et au fait que le terrorisme n’a pas arrêté de s’étendre et de nous lancer de nouveaux défis.

La réunion des ministres de la Défense vient de se tenir, ici-même, le 8 janvier, à Addis-Abeba. Les ministres ont recommandé une plus grande coordination avec tous les groupes ad hoc, que ce soit la CARIC ou bien la force que nous avions contre les rebelles ougandais de la LRA ou que ce soit encore, évidemment, la force multinationale mixte et le G5 Sahel. Il est donc attendu qu’il y ait, dorénavant, une plus grande cohérence de toutes ces initiatives dans le cadre de l’architecture africaine de paix et sécurité.

Ce samedi, un Conseil Paix et Sécurité exceptionnel va se tenir à Addis-Abeba, dans la lutte contre le terrorisme. Mais est-ce que le démantèlement du groupe Etat islamique ne provoque pas de nouvelles inquiétudes pour vous ?

Je pense que si nous avons la même détermination et tous les moyens qui ont été déployés par le Comité international en Irak et en Syrie, s’il y a cette volonté, cet engagement et la mise en place de ces moyens, il me semble que nous pourrons être plus optimistes pour hâter le combat.

Le Maroc vient d’entrer au Conseil paix et sécurité. Vous êtes le Commissaire paix et sécurité de l’Union africaine mais vous êtes aussi une grande figure de la diplomatie algérienne. Est-ce que vous allez pouvoir travailler avec le Maroc ?

Mais absolument. Je voudrais d’ailleurs féliciter les trois pays qui ont été réélus et les sept pays nouvellement élus. Il y a donc le Maroc, il y a Djibouti, Guinée équatoriale, Gabon, Liberia, Angola et le Zimbabwe qui sont les nouveaux élus pour deux ans. Il y a aussi la réélection de la Sierra Leone, du Rwanda et du Togo. Aussi, je crois que l’élection du Maroc, pour moi, est en parfaite ligne par rapport à son retour dans l’Union et, par conséquent, le Maroc, autant que tous les autres pays, doit avoir les mêmes droits et les mêmes devoirs. Donc, à ce titre, le Commissaire de paix et de sécurité travaille avec tous les Etats membres du Conseil.

Ce samedi va avoir lieu une autre réunion importante, celle du Comité de haut niveau de l’Union africaine sur la Libye. Croyez-vous au plan Emmanuel Macron en faveur d’élections générales, en Libye, d’ici la fin de ce premier semestre ?

Je dois d’abord souligner, ces derniers jours, un rapprochement entre l’Union africaine et les Nations unies qui a été acté par la tournée qu’avait fait monsieur Salamé [Ghassan Salamé, émissaire spécial de l'ONU pour la Libye] au Niger, au Tchad, et ici, à Addis-Abeba, ainsi que le fait que, probablement, il sera avec nous durant cette réunion. Je crois que, de part et d’autre, nous relevons qu’aucune organisation n’a les moyens, aujourd’hui, de régler ce genre de conflit compliqué, toute seule. Nous sommes donc vraiment décidés à coordonner davantage nos efforts.

Je crois que les conditions actuelles en Libye nécessitent davantage de préparation et surtout d’amener les Libyens à se parler. Si nous ne réunissons pas les conditions minimales de sécurité et d’entente des Libyens, je pense qu’une élection prématurée ou faite dans une certaine précipitation compliquera encore la donne sur le terrain. Les Nations unies ne parlent plus d’une date précise pour ces élections. Je crois  donc que, sur ce plan là, nous parlons le même langage que les Nations unies.

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