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France: Une politique fiscale pour 5 % des plus riches ?

Par David Baché

Laurent Wauquiez, le nouveau patron du parti politique Les Républicains, était sur le plateau télé de France 2 jeudi 25 janvier. Le débat l'a opposé au porte-parole du gouvernement En Marche, Benjamin Griveaux. Il a notamment été question d'économie. Laurent Wauquiez a attaqué la politique fiscale d'Emmanuel Macron.

Laurent Wauquiez a notamment attaqué la politique fiscale d’Emmanuel Macron. « Comment pouvez-vous venir sur ce plateau en me parlant des gens modestes et en défendant une politique fiscale qui consiste à faire 42 % de cadeaux fiscaux pour les 5 % [des Français] les plus riches uniquement ? Votre politique n’est pas juste. »

• 42 % des cadeaux fiscaux pour les 5 % des Français les plus riches, c’est vrai ?

Pour commencer, on peut noter que cette attaque de Laurent Wauquiez est assez cocasse, dans la bouche d’un ancien membre du gouvernement Fillon, sous le mandat de Nicolas Sarkozy, qui voulait imposer des travaux non rémunérés aux bénéficiaires du RSA... et qui reprochait il y a encore quelques mois aux chômeurs inscrits à Pôle emploi de « profiter de la vie » et de « partir en vacances. » Hier soir, pourtant, le pourfendeur de l’« assistanat » a pris la défense des plus pauvres en attaquant les cadeaux faits aux plus riches.

Quand on est opposant, tous les arguments sont bons pour tacler le gouvernement en place... Et, avant de décortiquer les chiffres, sur le fond de son attaque, on peut le dire d’entrée de jeu : Laurent Wauquiez a parfaitement raison.

• La réforme de la fiscalité bénéficierait essentiellement aux plus riches ?

C’est à peine un débat tant les annonces parlent d’elles-mêmes. Le gouvernement a promis une baisse des impôts de 20 milliards d’euros sur tout le quinquennat, dont 11 milliards dès cette année. L’impôt sur les sociétés ? Il va être réduit graduellement de 33 à 25 %, pour les PME comme pour les grandes firmes du CAC40, qui en paient même beaucoup moins grâce à des niches fiscales. Les dividendes et les intérêts, versés par les entreprises à leurs actionnaires ? On réduit leur taux d’imposition à 30 %, tout en supprimant le taux de 55 % qui était applicable aux plus hauts salaires.

L’ISF, le fameux impôt de solidarité sur la fortune, est tout simplement supprimé, et remplacé par un Impôt sur la fortune immobilière. Qui ne concerne donc plus les dividendes. Parmi les principales mesures promises par le gouvernement, on peut également citer l’exonération de la taxe d’habitation pour 80 % des ménages, ou encore l’augmentation de 50 % de la prime d’activité, qui encourage les personnes qui ont des revenus modestes à travailler plutôt que de se contenter des aides sociales.

• Ces dernières mesures ne sont pas faites pour les plus riches

Mais leur bénéfice est très limité. Pour les retraités d’abord, qui vont largement subir l’augmentation de la CSG. Ensuite, une étude de l’OFCE, l’Observatoire français des conjonctures économiques, montre que la suppression de la taxe d’habitation va être, pour l’essentiel, compensée par l’augmentation des taxes vertes et de la taxe sur le tabac. Toujours selon l’OFCE, et c’est là que ça devient intéressant, les ménages les plus riches devraient en revanche bénéficier très largement de la refonte de l’impôt sur la fortune. Ceux du « dernier décile », les plus riches, vont profiter de 4,2 milliards d’euros de baisse de prélèvement sur un total d’un peu plus de 9 milliards.

Les 10 % les plus riches vont profiter 20 fois plus de ces mesures fiscales que les 10 % les plus pauvres. À eux seuls, ils vont récupérer 46 %, une petite moitié, du total des baisses d’impôts. Les chiffres de Laurent Wauquiez ne sont pas corrects : la tendance est bonne, mais il exagère. Ce n’est pas 5 %, mais 10 % des Français les plus riches qui vont bénéficier de 46 %, et non 42, des baisses d’impôts. Selon les calculs de l’Observatoire français des conjectures économiques.

• Au-delà de ces chiffres, le gouvernement ne le présente pas de cette manière

Le gouvernement justifie tous ces cadeaux par la théorie, libérale, du ruissellement : si les riches sont plus riches, ils dépensent plus, ils investissent plus, et donc les retombées sont positives pour toute la société. Les plus riches tirent les autres vers le haut, ce sont des « premiers de cordée », selon les mots du président Macron.

Un raisonnement dénoncé par l’économiste Thomas Piketty, proche du Parti socialiste, qui estime que ces réformes « favorisent ceux qui ont déjà accaparé une part démesurée de la croissance ces dernières décennies. »

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