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Allemagne: accord de principe fragile pour Angela Merkel entre la SPD et la CDU

Par Bruno Daroux

« Le Monde en questions », votre rendez-vous hebdomadaire avec Bruno Daroux pour décrypter les évolutions géopolitiques d’un monde en mouvement permanent. Et vous nous parlez de l’accord de principe conclu en Allemagne ce vendredi entre les conservateurs de la CDU et les sociaux-démocrates du SPD pour former un gouvernement de coalition, avec la Question de la semaine : cette fois-ci, Angela Merkel est-elle vraiment tirée d’affaire ?

La réponse est, malheureusement pour elle : pas tout à fait encore. Certes, l’accord conclu sur le principe d’une grande coalition laisse espérer un déblocage politique. Depuis les élections législatives du 24 septembre, qui n’ont permis à aucun parti d’obtenir une majorité absolue au Bundestag, le pays est géré par l’équipe sortante qui expédie les affaires courantes. Cela veut dire qu’aucune décision stratégique pour l’avenir du pays et de l’Europe n’est prise actuellement en Allemagne.

Et cela dure depuis plus de trois mois, depuis que Angela Merkel dont le parti, la CDU, est arrivé en tête, cherche désespérément un ou plusieurs partenaires avec qui former une majorité. Le système électoral allemand oblige fréquemment à recourir à des coalitions entre partis. Ce n’est donc pas une nouveauté en Allemagne. Ce qui l’est dans le cas présent, ce sont les difficultés qu’a rencontrées la chancelière allemande. D’abord avec le parti écologiste des Grünen et les Libéraux du FDP. C’était la première option retenue. Mais les négociations avec ces deux formations, en désaccord entre elles sur trop de sujets, ont finalement échoué au mois de novembre.

Angela Merkel a dû alors se retourner vers l’autre grand parti allemand, le SPD, avec qui elle gouverne depuis 2013 dans le cadre d’une Grande Coalition. Le problème, c’est que le SPD avait fait campagne sur le thème : plus jamais de grande coalition. Son dirigeant Martin Schultz, sur la pression du président allemand issu du même parti, Frank-Walter Steinmeier, a accepté à contrecœur de revenir sur sa position, alors qu’il pensait qu’une cure d’opposition aurait été profitable au SPD.

Pour la Chancelière, tout valait mieux plutôt que de devoir former un gouvernement minoritaire ou convoquer de nouvelles élections à l’issue incertaine. Entre les exigences du SPD sur le social et l’Europe, et celles de l’allié bavarois de la CDU, la CSU, sur un durcissement de la politique migratoire, Angela Merkel, a habilement navigué : un coup à droite avec la CSU, un coup à gauche avec le SPD. Et au bout de la nuit de jeudi à vendredi, ce texte de compromis obtenu au forceps.

Une étape importante a donc été franchie. Mais reste donc à attendre que les partis impliqués dans l’accord aient le feu vert de leurs militants. L’incertitude reste forte sur les militants SPD, beaucoup d’entre eux critiquent la volte-face de leur direction : ils estiment que les sociaux-démocrates perdent leur âme dans ces grandes coalitions avec les conservateurs. Réponse lors du congrès extraordinaire du SPD le 21 janvier prochain. La direction du Parti a approuvé le compromis d’accord. Mais chez les sociaux-démocrates ce sont les militants qui ont le dernier mot. Angela Merkel devra encore patienter huit jours pour savoir si elle est, cette fois, tirée d’affaire. Et si elle peut entamer, même fragilisée, son 4e mandat à la tête du pays.

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