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Accel Arnaud Ndinga Makanda: les déclarations de Kolélas sont «fantaisistes»

Par Christophe Boisbouvier

Au Congo Brazzaville, deux ans après la présidentielle de mars 2016, la polémique bat toujours son plein. Hier à la même heure, vous avez entendu l'opposant Guy-Brice Parfait Kolélas qui disait que, sans la fraude, il se serait qualifié pour le second tour aux côtés du général Mokoko. Réaction aujourd'hui de la majorité présidentielle. Le député Accel Arnaud Ndinga Makanda est membre du parti au pouvoir, le Parti congolais du travail (PCT). En ligne de Brazzaville, il répond aux questions de Christoiphe Boisbouvier.

RFI : Guy-Brice Parfait Kolélas affirme qu’en mars 2016, s’il n’y avait pas eu fraude, Denis Sassou-Nguesso n’aurait pas été réélu et que lui, Guy-Brice Parfait Kolélas, aurait été qualifié pour le deuxième tour face à Jean-Marie Michel Mokoko ?

Axel Arnaud Ndinga Makanda : Je pense que Kolélas sait très bien qu’il a perdu les élections. Pour preuve, il a reconnu la victoire du président Denis Sassou-Nguesso. Les déclarations de l’honorable Parfait Kolélas sur le vainqueur de la dernière élection présidentielle sont fantaisistes. Tantôt c’est lui qui en est sorti vainqueur, tantôt c’est le général Mokoko. Ils se disputent le maillot jaune. Monsieur Charles Bowao, un des leaders du groupement politique de l’opposition, avait promis de faire la compilation des données de l’opposition. Jusqu’à ce jour, nous en attendons les résultats.

Alors Guy-Brice Parfait Kolélas dit que, s’il n’a pas fait descendre ses partisans dans la rue à l’époque, c’est à cause de la férocité de la répression des forces de l’ordre. C’est pour éviter un bain de sang, dit-il…

Mais tout cela, ce n’est pas vrai, ce n’est pas responsable, parce que les institutions de la République ont dit simplement la loi. Monsieur Parfait Kolélas sait précisément que le président Denis Sassou-Nguesso a gagné. L’opposition dit détenir les résultats. Ils n’ont qu’à sortir ces résultats, pourquoi ils ne le font pas ?

Aux législatives de juillet 2017, avec ses camarades du parti UDH-Yuki (Union des démocrates humanistes), Guy-Brice Parfait Kolélas est arrivé deuxième, derrière le parti au pouvoir. Et pourtant, il n’a pas été désigné chef de l’opposition parlementaire. Pourquoi cette anomalie ?

Il n’est pas sorti deuxième. Le problème, c’est que les députés de Yuki sont des indépendants. Ils n’appartenaient pas à un parti désigné.

Les élus du parti UDH-Yuki ont été obligés de se présenter comme indépendants, parce que leur parti n’avait pas encore reçu l’agrément. Et du coup, Parfait Kolélas affirme que, s’il est victime de toutes ces tracasseries, c’est parce que, comme son père Bernard Kolélas il y a vingt ans, il est très populaire dans la ville de Brazzaville, ce qui fait peur au régime congolais…

L’honorable Kolélas dit qu’il maîtrise quatre quartiers sur neuf à  Brazaville, ce qui est faux. Il ne maîtrise que trois arrondissements : Makélékélé, Bacongo et Mfilou. Lorsqu’il parle de Moungali, là il partage le même nombre de députés que la majorité. En outre, il prétend contrôler la ville de Brazzaville alors qu’il n’a que quatre députés à Brazzaville sur vingt-cinq. Donc vous voyez vous-mêmes qu’il ne peut pas prétendre détenir ou contrôler la ville de Brazzaville, c’est impossible.

Mais franchement, est-ce que les partisans de Bernard Kolélas ne sont pas restés fidèles pour nombre d’entre eux au fils, Guy-Brice Parfait Kolélas ?

Non. Vous dîtes « pour nombre d’entre eux »... Je ne nie pas qu’il y a eu quelques membres du MCDDI [Mouvement congolais pour la démocratie et le développement intégral] qui soient partis avec Guy-Brice Parfait Kolélas. Mais je dis bien que le parti politique de Bernard Kolélas est membre de la majorité présidentielle, et donc est bien avec nous, avec ses députés et ses conseillers.

Mais aujourd’hui, il y a une réalité, c’est que Guy-Brice Parfait Kolélas et huit autres de ses camarades ont des sièges à l’Assemblée nationale…

Je ne le nie pas, mais ils ne sont pas majoritaires à l’Assemblée. Vous voyez bien qu’ils n’ont pas de groupe parlementaire. Ce sont des indépendants.

Oui, mais tout cela montre que Guy-Brice Parfait Kolélas garde une certaine popularité, non ?

Nous ne le nions pas. Il garde une certaine… Nous avons reconnu qu’il était présent à Makélékélé, à Bacongo et Mfilou. Nous l’avons reconnu. Mais nous ne pouvons pas aller contre la loi, nous devons faire les choses conformément à la loi.

Après la présidentielle de mars 2016, Guy-Brice Parfait Kolélas a pu rester en liberté. Mais deux de ses camarades de l’opposition qui étaient candidats eux aussi, Jean-Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa, ont été arrêtés et sont toujours en prison aujourd’hui. « Leur place n’est pas en prison », dit Kolélas.

Ça, c’est lui qui le dit. Mais ils ne sont pas poursuivis pour des motifs politiques, c’est ça aussi le problème. Je crois qu’ils ont un problème de justice. Les chefs d’accusation sont connus. Si vous avez suivi le dernier message sur l’état de la nation du chef de l’Etat, il dit bien que très bientôt il y aura procès. Donc ils vont devoir se justifier et nous verrons. S’ils ont raison, ils sortiront. Mais il n’y a pas de poursuites politiques.

Donc le général Mokoko et Okombi Salissa pourraient sortir de prison dans les mois qui viennent ?

Je ne dis pas. Il y aura un procès et c’est la justice qui dira le reste.

Autre opposant en prison, Paulin Makaya. Depuis le 1er décembre il a purgé sa peine. Et pourtant il est toujours en prison…

Oui, ça moi, je ne sais pas. C’est encore là un problème de justice. Vous savez que, chez nous, la justice est indépendante. Si cela est avéré, j’ignore pourquoi. Alors adressons-nous à la justice.

L’année dernière, l’Etat congolais a maquillé les comptes de sa dette publique. Et aujourd’hui, un prisonnier qui a purgé sa peine reste en prison. Tout cela fait dire à Guy-Brice Parfait Kolélas qu’il y a un problème de crédibilité de l’Etat congolais ?

Ce qui me dérange, c’est que, quand nous sommes ici à l’Assemblée [à Brazzaville], il ne le dit pas ici, il attend d’être à Paris pour le dire. Il faut être ici à Brazzaville pour mieux apprécier les faits. Voilà pourquoi je ne saurais prendre pour argent comptant ce qu’il dit. Je vous dis déjà qu’au Congo, nous avons des problèmes à résoudre et qu’il faut éviter la diversion. On ne peut pas sortir du Congo et tenir des paroles qui ne sont pas catholiques. Le peuple congolais a des problèmes plus sérieux à résoudre et a besoin de la paix et de la concorde nationale.

Guy-Brice Parfait Kolélas est député de Kinkala dans le Pool et il demande de toute urgence la mise en place de la commission ad hoc prévue par l’Accord de cessez-le-feu du 23 décembre ?

Oui. Il a bien parlé des questions du Pool. Nous avons pris acte de l’accord qui a été signé. Maintenant les équipes sont sur le terrain pour travailler. Et je demande que l’honorable Guy-Brice Parfait Kolélas revienne parce qu’il est du Pool, qu’il vienne travailler avec les autres pour obtenir la paix définitive dans le département du Pool.

Et Guy-Brice Parfait Kolélas ajoute qu’il est normal que le pasteur Ntumi pose un certain nombre de conditions, notamment concernant sa propre sécurité ?

Je crois qu’il n’est pas en insécurité. On lui a demandé de sortir, c’est tout. Il n’est pas en insécurité. Guy-Brice Parfait Kolélas pourra nous aider, qu’il aille dans le Pool discuter avec le pasteur Ntumi, et travailler pour que Ntumi sorte et qu’on arrange le problème du pays. On ne peut pas prendre en otage un département. Je vous ai entendu dire que les populations du département du Pool sont soumises à un blocus. Non. Ce sont les Ninjas, les miliciens de Ntumi, qui prennent les populations en otage, parce que ceux qui sont sortis de ces forêts, ils se trouvent maintenant sous la protection de l’Etat congolais. Donc les autorités sont bien dans le département du Pool pour assurer la sécurité des populations. Donc on ne peut pas dire que le gouvernement aurait soumis les populations du Pool à un blocus. Ça, c’est du vrai mensonge.

→Réécouter l'interview de Guy-Brice Parfait Kolélas sur RFI le 11 janvier 2018.

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