rfi

À l'écoute
  • Direct Monde
  • Direct Afrique
  • Dernier journal Monde
  • Dernier journal Afrique
  • Dernier journal en Français facile
  • Dernier journal Amériques - Haïti
Aujourd'hui l'économie
rss itunes deezer

Macron en Chine: le cheval peut-il terrasser le dragon ?

Par Dominique Baillard

Le président Macron est en Chine pour sa première visite d’Etat dans la république populaire. Pendant ces trois jours il sera beaucoup question de commerce entre Paris et Pékin. Au nom de toute l’Europe le président français entend défendre une vision plus équitable des échanges.

Comme toutes les visites d’Etat, son succès sera jugé à l’aune des contrats signés en grande pompe. Au bénéfice de la balance commerciale française espère-t-on à Paris. Car c’est avec la Chine que la France enregistre son plus grand déficit commercial: 30 milliards d’euros en 2016. Mais c’est aussi sur la capacité d’Emmanuel Macron à influencer, à encadrer les conditions des échanges franco-chinois et au-delà des échanges entre l’Europe et la Chine qu’il faut appréhender cette première visite. Le président a l’ambition de réformer l’Europe et il veut donc porter à Pékin un message européen. Au moment où la chancelière allemande, l’interlocuteur naturelle de la Chine au niveau européen apparait affaiblie, tant la formation de son futur gouvernement de coalition l’occupe et la préoccupe.

La France a-t-elle un poids économique suffisant pour jouer ce rôle ?

Son poids évidemment est léger comparé à celui de l’Allemagne. En 2016 la France le traditionnel premier partenaire commercial de l’Allemagne s’est fait détrôner par La Chine. Les investissements allemands en Chine sont par ailleurs deux fois plus importants que ceux de la France. Si Paris veut peser à Pékin, il y a donc urgence à renforcer les liens économiques. La diaspora est l’une des courroies de transmission privilégiée pour raffermir ce lien. Ainsi qu’un conseil franco-chinois d’une trentaine d’entrepreneurs issus des deux pays. Son but : rapprocher les entreprises privées et irriguer les échanges entre les deux pays. Une initiative directement inspirée du modèle… allemand !

La Chine est devenu un partenaire à la fois incontournable, nécessaire... et parfois très inquiétant

Les investissements chinois en France sont encore anecdotiques, seulement 1% des stocks d’investissements direct étranger, mais ce qui compte et ce qui est à surveiller de près, c’est la nature des entreprises convoitées. L'Europe est en train de négocier un accord avec la Chine sur les investissements et menace de se doter d'un instrument susceptible de bloquer les investissements portant atteinte à sa souveraineté. C'est ce qu'a déjà fait l'Allemagne et elle pourrait bien actionner ce dispositif dans les prochains jours pour empêcher le rachat de Cotesa, une entreprise aéronautique allemande convoitée par une entreprise sidérurgiste chinoise. Faut-il autoriser ce rachat alors que le champion chinois de l’aéronautique Comac pourrait récupérer ses produits pour tailler des croupières à Airbus, par ailleurs actuel client de Cotesa? Voilà le genre de dilemme permanent auquel sont confrontés les Européens, le président Macron devrait rappeler à son hôte la nécessité d'une concurrence plus équitable.

Le président Macron devrait insister sur l’importance de la réciprocité dans les échanges, c’est-à-dire ?

« Cela veut dire une relation où tout le monde s’y retrouve explique le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian. Nos interlocuteurs chinois, précise-t'il, préfèrent le terme 'gagnant-gagnant'. Pourquoi pas, ajoute-il à condition que ce ne soit pas le même qui soit deux fois gagnant. » La France attend des signes concrets de rééquilibrage. La levée de l’embargo sur le bœuf français en fait partie. Ou encore la simplification de la bureaucratie pour l’importation des vins français. En attendant une véritable ouverture de la Chine pour les entreprises françaises et européennes désireuses de s’implanter en Chine, le président Macron marquera ainsi un premier point dans la bataille commerciale. La traduction de son nom en mandarin, Makelong, lui prête bien d'autres pouvoirs. Cela signifie le cheval qui domine le dragon.

⇒ En bref,

Apple est fermement prié par ses actionnaires de lutter contre l'addiction à l'I phone.

C'est assez incroyable. Le fonds activiste Jana toujours à la recherche de la meilleure performance en bourse ainsi que le fonds de pension des enseignants californiens demande à la firme de dépenser de l'argent, donc de gagner moins, pour mettre au point un logiciel permettant aux parents de limiter l'utilisation du téléphone par leurs enfants. Ce n'est pas la santé publique des petits Américains qui les préoccupe mais la réputation d'Apple et donc in fine le cours de son action. Car aux Etats-Unis la dépendance aux I phone des adolescents est devenue un vrai sujet.

La Poste française sera au CES de Las Vegas, le Salon de l'électronique grand public

Pour présenter une application dédiée à la santé mettant en relations patients et professionnels de la santé. Cette vénérable maison confrontée à la baisse historique de son activité de courrier se réinvente en fournisseur de services.

L’économie saoudienne ébranlée par la disparition suspecte de Jamal Khashoggi

Pourquoi l’Europe est incapable de lutter contre le blanchiment d’argent sale