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IG Metall: l’hiver sera-t-il chaud dans la métallurgie allemande ?

Par Pascal Thibaut

Les rituels annuels autour des augmentations salariales prennent cette année une tournure différente dans ce secteur central de l’économie allemande avec près de quatre millions d’employés. Aux demandes d’augmentations de salaires du syndicat IG Metall s’ajoutent cette fois des demandes de réduction du temps de travail qui braquent les employeurs. les grèves d’avertissement s’étendent à partir de ce lundi.

de notre correspondant à Berlin,

Quelles sont exactement les exigences d’IG Metall? D’un côté, il y a les revendications salariales traditionnelles. Le puissant syndicat, fort de ses 2,3 millions de membres, réclament 6% d’augmentation arguant de la bonne santé de la métallurgie dont les entreprises ont des carnets de commande bien remplis. Le patronat propose lui 2% de hausse des salaires. A l’arrivée, un compromis est trouvé.

Mais cette année, l’IG Metall a de plus une revendication concernant une baisse de la durée du travail. Dans les années 80, une grève historique avait imposé les 35 heures dans cette branche. Aujourd’hui, dans un monde plus flexible et où pour les salariés le travail et l’argent n’est pas tout, IG Metall innove avec une nouvelle proposition : la possibilité pour les salariés qui le souhaitent de réduire sur une durée maximale de deux ans leur temps de travail de 35 heures à 28 heures par semaine. Il s’agit notamment de répondre aux demandes de celles et ceux qui ont des enfants en bas âge, des seniors dépendants à la maison ou qui souhaitent tout simplement travailler moins. IG Metall réclame une compensation salariale payée par l’employeur pour ceux qui travaillent moins pour des raisons familiales ou pour les petits salaires avant qu’ils puissent plus facilement bénéficier d’une telle mesure.

Comment réagit le patronat?

Le patronat de la métallurgie rejette ces propositions de réduction du temps de travail. Il les juge trop compliqué à gérer craignant que trop de salariés en profite. Le patronat met aussi en avant le fait l’existence de mesures rendant le temps de travail plus flexible. Il craint aussi que ses difficultés à déjà trouver de la main d’œuvre qualifiée ne soient accrues et handicapent à terme la capacité des entreprises à faire face aux commandes de leur client.

Enfin, le patronat critique le bien fondé juridique d’une telle disposition parlant de discrimination entre les salariés, entre ceux qui réduirait leur temps de travail momentanément et bénéficieraient d’une compensation salariale et ceux qui travaillent à temps partiel et ne sont payés que pour les heures effectivement travaillées.

Les positions des uns et des autres sont très éloignées. Un compromis est-il envisageable ?

Cela sera très difficile et l’Allemagne s’achemine peut-être vers un bras de fer social inédit depuis longtemps, dans un pays où le compromis sans conflit dur et sans grève l’emporte en général.

Après quelques grèves d’avertissement la semaine dernière, ce sont plusieurs dizaines de débrayages qui sont prévus à partir d’aujourd’hui dans tout le pays, en particulier dans le secteur automobile. Si l’impasse durait, des arrêts de travail plus durs de 24 heures sont envisageables. L’ultime étape, l’arme atomique dans les négociations salariales allemandes, serait le vote d’une grève en bonne et due forme sur la durée qui n’a pas eu lieu dans ce secteur depuis quinze ans.

La fédération patronale de la métallurgie menace même, ce qui serait inédit, de saisir les tribunaux en raison de la discrimination évoquée avec les personnes travaillant à temps partiel.

Le prochain round de négociations qui commence jeudi parallèlement aux grèves d’avertissement promet donc de donner lieu à des discussions des plus âpres entre syndicat et patronat.

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