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Turquie: l’âge minimum pour le mariage des filles et des garçons fait polémique

Par RFI

Une polémique a éclaté cette semaine en Turquie, après la publication sur le site Internet de la direction des Affaires religieuses d’une note précisant que l’âge minimum pour le mariage des filles était de 9 ans et de 12 ans pour les garçons.  La polémique a été telle que cette note a finalement été retirée...

avec notre correspondant à Istanbul, Alexandre Billette

Publiée mardi 2 janvier sur le site du Diyanet, l'autorité responsable des affaires religieuses, cette note avait vocation à vulgariser la loi islamique mais n’était pas destinée à être mise en application en Turquie… Sauf que l’opposition et les mouvements laïcs ont dénoncé ce qu’ils qualifient d’encouragement aux agressions sexuelles contre des enfants. Face à la polémique effectivement, le Diyanet a retiré de son site la fameuse note, arguant qu’il ne s’agissait pas d’encourager cette coutume et que la direction des Affaires religieuses n’approuvait pas les mariages de mineurs… Et puisque c’est le Diyanet qui publie les sermons prononcés le vendredi dans les mosquées turques, le sermon de cette semaine concernait justement cette question, rappelantt que les mariages forcés d’enfants, de mineurs, étaient précisément interdits dans les livres sacrés et dans le Coran.

La direction des Affaires religieuses, une institution publique, financée par le gouvernement et très puissante

Créée en 1924 sous Atatürk, cette institution était une manière en quelque sorte de « nationaliser » la religion musulmane sunnite dans la République de Turquie. C’était aussi, à l’époque, une façon pour l’État de contrôler les activités religieuses, d’ailleurs les imams en Turquie sont toujours des fonctionnaires, rémunérés donc, par le Diyanet… Mais depuis l'arrivée au pouvoir de l'AKP de Recep Tayyip Erdogan l'institution a pris énormément d’importance. Son budget a explosé. Actuellement plus de 100 000 fonctionnaires travaillent pour cette organisation qui gère notamment les écoles religieuses, de plus en plus nombreuses en Turquie. C’est une institution aussi qui émet depuis quelques années des fatwas, donc des avis juridiques fondés sur l’islam ; des avis qui n’ont pas valeur légale en Turquie, mais qui ont une importance symbolique et religieuse très fortes, qui amplifie donc l’importance du Diyanet.

La précédente polémique concernant le mariage et la protection des enfants

En 2016, un projet de loi avait déjà fait des vagues en proposant de suspendre dans certains cas la condamnation d’un coupable d’agression sexuelle sur mineur. Le texte suggérait de suspendre les condamnations si le coupable épousait sa victime. Le pouvoir turc justifiait alors la mesure en évoquant les mariages soi-disant consentis entre personnes majeures et mineures qui sont encore fréquents notamment dans les régions rurales mais qui sont interdits par la loi… Le ministre de la Justice avait même évoqué « des agressions sexuelles sans contrainte » pour justifier le projet de loi.

Un projet de loi qui avait évidemment suscité la polémique également avec des manifestations, des campagnes sur les réseaux sociaux, et qui avait finalement été annulé face à la pression. Précisément comme pour cette note sur le mariage des enfants...

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