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Arthur Banga: en Côte d'Ivoire, «il y a de gros efforts à faire sur l'équipement des armées»

Par Bineta Diagne

Le chef d'état-major de l'armée ivoirienne a présenté, jeudi 4 janvier 2018, ses « excuses » à la Nation pour les mutineries de l’année 2017, un mea culpa fait lors d'une cérémonie de présentation des vœux à la présidence ivoirienne. Dans son allocution à la Nation, le président Alassane Ouattara avait exprimé, quelques jours plus tôt, sa volonté de transformer l'armée en une force « véritablement républicaine ». Pour parler des réformes menées dans l’armée, l’invité de Bineta Diagne est le chercheur Arthur Banga, spécialiste des questions de défense, enseignant-chercheur ivoirien à l'université Félix Houphouët-Boigny d'Abidjan.

RFI : Dans son discours à la Nation, le président Alassane Ouattara a promis de restaurer la discipline pour aboutir à « une armée réconciliée dans ses différentes composantes ». Est-on sur la bonne voie ?

Arthur Banga : Oui, nous sommes sur la bonne voie. On peut le dire parce que, depuis les dernières mutineries, on n’a plus entendu de bruit de bottes. On peut donc penser que la situation va dans le bon sens. La nomination de nouveaux chefs militaires et celles des ministres d’Etat, le ministre de la Défense Hamed Bakayoko, un proche du président, a montré que le président de la République s’intéresse vraiment à cette question. Ensuite, une série de mesures ont été prises dans l’immédiat, notamment l’amélioration du cadre de vie dans les casernes. Et le ministre a même essayé de tourner pour se rapprocher des hommes et jauger un peu leur moral. Depuis cette période, on peut dire qu’il y a un calme et il y a des relations plutôt cordiales entre l’armée et ses premiers responsables.

Qu’est-ce qui a été fait concrètement pour remonter le moral des troupes ?

Il y a des mesures qui ont été prises pour l’amélioration du cadre de vie. Ensuite, des mesures ont été prises aussi pour permettre le départ volontaire d’à peu près 1 000 soldats. Cela et la formation accélérée de près de 500 soldats au Maroc ont permis de montrer que le président de la République et son gouvernement, dans un premier temps, prenaient à cœur cette question militaire. Mais il y a des choses qui sont prévues à moyen terme, notamment la construction d’hôpitaux militaires, le renforcement des équipements des forces, et puis, il y a des discussions sur les carrières des officiers et sous-officiers, au sein de l’armée.

Quels changements observez-vous depuis la nomination, en juillet 2017, d’Hamed Bakayoko au poste de ministre de la Défense ?

La première grande différence entre Hamed Bakayoko et ses prédécesseurs, c’est cette proximité avec les soldats. C’est le ministre d’Etat qui a pris le temps de parcourir les différentes casernes du pays, de déjeuner avec les soldats, d’aller au corps-à-corps, de discuter d’homme à homme avec eux. Cela permet déjà aux soldats de pouvoir se confier à leur autorité administrative et, à partir de là, envisager ensemble les premières mesures, les premières solutions qu’il faut, dans l’immédiat, pour remettre l’armée ivoirienne dans le sens positif.

Comment percevez-vous la réforme en cours au sein des forces armées ivoiriennes ?

Les signaux forts, on peut les dire, c’est l’application de la première mesure, c’est-à-dire le départ volontaire de près de 1 000 soldats qui ont été mis à la retraite avec une prime d’environ 15 millions de FCFA [22 800 euros]. Ensuite, deuxième chose, la formation puisque près de 500 soldats seront formés au Maroc et la formation des officiers va continuer dans les plus grandes écoles en France, en Chine, au Gabon. Voilà pour les premières formations. Les discussions entre les autorités et les soldats se poursuivent pour des mesures à venir cette année 2018.

On a vu le départ volontaire de 1 000 soldats le mois dernier. L’objectif d’ici 2020, c’est d’en faire partir 4 000. Est-ce que réduire les effectifs, cela suffit à réorganiser l’armée en tant que telle ?

C’est très dur dans un premier temps de réduire. Cela permettra d’atteindre nos objectifs. Et puis de les remplacer éventuellement par des soldats plus jeunes, mieux formés, qui vont suivre le processus normal d’intégration au sein de l’armée parce que ceux qui ont intégrés l’armée depuis 2011 n’ont pas suivi ce processus normal d’intégration et c’est ce qu’on a payé un peu cette année.

Le président Alassane Ouattara dit qu’il veut moderniser l’armée. Quels sont les besoins logistiques de cette armée aujourd’hui ?

Ils sont énormes. Déjà, en termes d’aviation, on a très peu d’appareils. Il faut déjà des hélicoptères, des avions. La marine se renforce progressivement. Il faut du nouveau au niveau de l’armée de terre. C’est vrai qu’on a pu avoir quelques véhicules, mais depuis l’arrivée de l’embargo, il y a des unités comme celles du génie, des artilleries, qui sont carrément dépourvues. Il y a de gros, gros efforts à faire sur l’équipement des forces.

En s’adressant à ses fidèles, le cardinal d’Abidjan, le week-end dernier, s’est, quant à lui, inquiété des violences intercommunautaires qui ont agité l’ouest du pays ces derniers mois. « Trop d’armes circulent dans notre pays et menacent dangereusement la paix et la sécurité de nos populations », a-t-il dit. Est-ce que cette inquiétude vous semble fondée ?

Oui. Tout à fait. On sort d’une décennie de crise. Mais n’oubliez pas qu’autour, il y avait la crise en Sierra Leone, il y avait la crise au Nigeria. Aujourd’hui, il y a les réseaux terroristes qui sont très souvent aussi des réseaux mafieux dans la bande sahélienne qui alimentent cette circulation d’armes légères et souvent d’armes lourdes. Donc c’est vrai qu’il y a beaucoup, beaucoup d’armes qui circulent actuellement et c’est une menace grave pour un pays qui n’est pas encore remis totalement de la crise, qui est en voie de guérison. Il faut justement que le gouvernement prenne des mesures pour la circulation de ces armes.

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