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En Russie, des allocations familiales contre la baisse de la natalité

Par Jean-Didier Revoin

Pour lutter contre la baisse de la natalité en Russie, les autorités s’apprêtent à verser à partir de ce mois de janvier une allocation aux familles ayant leur premier enfant afin de dynamiser les naissances alors qu’une étude récente du centre russe des études stratégiques affirme qu’à l’horizon 2035, la Russie pourrait perdre de 400 000 à 1 millions d’habitants.

Les familles russes qui accueilleront leur premier enfant en 2018 pourront toucher une allocation mensuelle d’environ 150 euros pendant 18 mois. Il faut savoir qu’en Russie le salaire moyen se situe aux environs de 505 euros et que, ces chiffres parlant d’eux-mêmes, cette nouvelle mesure constituera un soutien important pour la plupart de ces jeunes familles d’autant plus que cette allocation sera assortie d’une aide permettant d’obtenir un crédit immobilier.

Il faut encore préciser que cette aide sera cumulable avec une aide existante. Il s’agit de la prime maternité qui s’élève aujourd’hui à près de 9 500 euros, mais qui ne peut être utilisée que dans des cas bien précis, à savoir le remboursement d’un prêt, la construction ou la rénovation d’une habitation, payer la crèche, les frais d’université ou certains services médicaux.

Combien de familles sont concernées par ces mesures ?

D’après les chiffres articulés par le ministère russe des Finances, le coût de l’allocation premier enfant devrait se situer aux alentours de 2 milliards d’euros. Quant à celui de la prime maternité, il devrait baisser mécaniquement compte tenu de la baisse de la natalité. En 2016, les autorités ont recensé  740 000 premiers-nés et 760 000 deuxièmes enfants, mais d’après les projections, ces chiffres devraient baisser de 5 à 10 % chaque année entre 2018 et 2022, ce qui fait dire à Evgueni Andreïev que seulement 100 à 200 000 familles pourraient bénéficier de ces mesures.

Quant à l’aide au crédit immobilier, il estime qu’elle ne concerne pas plus de 500 000 familles, alors que la population totale de la Russie s’élève près de 147 millions d’habitants en y incluant les personnes qui vivent en Crimée, soit 5 millions de moins qu’à la chute de l’Union soviétique.

D’où vient le problème démographique de la Russie ?

Sur le plan démographique, la Russie paie encore la décennie des années 1990 où la détérioration des conditions de vie avait entraîné une hausse de la mortalité et une diminution de la natalité. Par effet d’entraînement, à cause du faible nombre de personnes nées dans ces années de crise, les femmes en âge de donner naissance à un enfant sont actuellement moins nombreuses, faisant ainsi baisser mécaniquement le taux de natalité.

Il y a toutefois eu une remontée notable des naissances sur la période 2013-2016, mais la situation s’est nettement dégradée l’an dernier. Selon l’agence statistique d’État Rosstat, de janvier à octobre 2017, le nombre de décès a dépassé celui des naissances, effaçant du même coup la hausse naturelle de la population constatée depuis 2013. En chiffres, le pays a perdu 106 200 habitants sur cette période alors qu’il en avait gagné 18 200 en 2016.

Ces incitations financières sont-elles à même d’entraîner progressivement une augmentation de la population du pays ?

Plusieurs études soulignent l’impact limité des aides financières mises en place par le passé sur la natalité dans les familles russes. À défaut de pouvoir affirmer que ces nouvelles mesures entraîneront une hausse du taux de natalité, Tatiana Maleva, directrice de l’Institut indépendant de politique sociale de l’Académie russe de l’économie, estime qu’elles l’empêcheront au moins de chuter davantage.

Par ailleurs, c’est que les aides financières concrètes sont les plus appréciées par les électeurs, un élément qui n’a certainement pas échappé au président russe qui se présentera devant les électeurs pour un quatrième mandat à la tête du pays en mars prochain.

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