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Chronique des Matières Premières
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Les accords UE-Mexique et UE-Mercosur butent sur les produits agricoles

Par Claire Fages

L'année 2017 va s'achever sans accord de libre échange entre l'Union européenne et les pays d'Amérique latine. Avec le Mexique comme avec les pays du Mercosur, ce sont les produits agricoles qui ont fait échouer les négociations, reportées à 2018.

Pas moyen de signer les accords UE-Mexique ni UE-Mercosur avant Noël : les discussions des pays latino-américains avec Bruxelles ont continué de buter sur les produits agricoles. Les négociations vont devoir se poursuivre l’an prochain.
Il y a dix jours à Buenos Aires, le groupe des pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay) attendait que le représentant européen améliore son offre sur leur viande bovine.

Blocages sur le boeuf et l'éthanol sur l'accord UE-Mercosur

Mais depuis le scandale au Brésil de la viande avariée certifiée exportable par des inspecteurs corrompus, l’Europe et notamment la France, arcboutée sur sa filière bovine, ont demandés plus de garanties sanitaires. Bruxelles est restée sur sa position : un quota maximum de 75 000 tonnes de bœuf sud-américain en franchise de douane. Impensables pour les pays du Mercosur, ils exportent déjà 180 000 tonnes vers l’Europe, qui les taxe à 85 %.

Le blocage s’est répété sur l’éthanol, l’Europe grosse productrice de biocarburant de betterave, n’a pas accepté plus de 600 000 tonnes d’éthanol de canne à sucre du Mercosur, offre inacceptable pour le Brésil.

Le fromage de la discorde

Avec le Mexique, l’Union européenne est entrée en conflit sur le bœuf, le sucre et les fruits, dont l’avocat. Mais c’est surtout le fromage qui a empoisonné les discussions.

Mexico conteste beaucoup d’indications géographiques protégées par l’Europe, dont celle de la «mozzarella» italienne, pour la bonne raison que les Mexicains en fabriquent et qu’ils la considèrent comme une simple marque. Or Bruxelles veut avancer sur la reconnaissance de ses IGP, comme elle y est parvenue en signant son accord de libre-échange, le CETA, avec le Canada. L’Europe espère ainsi convaincre à terme les États-Unis, quand elle reprendra les négociations du traité transatlantique au point mort.

Avec le Mexique et le Mercosur, c’est plutôt une pause que marque l’Europe, les négociations sont tout de même bien avancées. Mais leur conclusion l’an prochain pourrait être compliquée parce que l’on sera en année électorale au Mexique et au Brésil, deux pays qui réélisent un chef d’État, respectivement en juillet et en octobre 2018. Nul doute que les accords de libre-échange avec l’Europe s’inviteront dans leur campagne électorale.

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