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La minorité orthodoxe turque, symbole des tensions entre la Turquie et la Grèce

Par Anne Andlauer

La semaine dernière, Recep Tayyip Erdoğan était en Grèce. Le président turc en a profité pour se plaindre auprès des autorités grecques de la situation des musulmans d’origine turque vivant en Thrace. Pourtant, de l’autre côté de la frontière, le sort de la minorité grecque orthodoxe de Turquie n’est guère plus enviable. Qui sont ces Grecs orthodoxes de Turquie et quelle est leur situation ?

Si l’on peut parler aujourd’hui d’une minorité, et même d’une minorité parmi les minorités, cela n’a pas toujours été le cas. Avant le traité de Lausanne de 1923, qui a notamment fixé les frontières de ce qui n’était alors qu’une jeune république érigée sur les ruines de l’Empire ottoman, plus d’un million de chrétiens orthodoxes hellénophones – ceux qu’on appelle ici les « Rums » vivaient en Anatolie.

Leur autorité religieuse, le patriarcat de Constantinople, installé sur les rives de la Corne d’Or à Istanbul depuis 1 700 ans, atteste l’ancienneté de cette communauté. Mais avec le traité de Lausanne – qui a enclenché un échange massif de populations entre les Rums d’Anatolie et les musulmans turcs de Grèce - puis à cause des vexations, parfois des violences et des spoliations subies au fil du 20e siècle, cette communauté rum est essentiellement devenue une communauté stambouliote qui ne compte plus désormais que 2 ou 3 000 membres, surtout des personnes âgées.

Conséquence : leurs écoles, leurs associations, leurs journaux ont fermé les uns après les autres et les Rums de Turquie ont dû attendre 2011 pour que leurs biens immobiliers, confisqués par l’État turc, commencent à leur être rendus.

Le séminaire grec orthodoxe, à Istanbul, est toujours fermé, et la Turquie s’en sert comme outil de chantage

S’il y a un endroit parmi tous qui cristallise les tensions entre le gouvernement et la petite communauté rum, c’est le séminaire orthodoxe de Halki, sur l’île de Heybeliada, en mer de Marmara. C’est là qu’étaient formés tous les prêtres grecs orthodoxes de Turquie avant que le gouvernement ne le ferme, en 1971, en plein conflit avec Athènes sur la question de Chypre.

Même si le président Recep Tayyip Erdoğan laisse entendre depuis des années qu’il pourrait rouvrir sans problème – comme le réclame régulièrement l’Union européenne – il pose ses conditions. Il réclame en retour que la Grèce construise une mosquée à Athènes et que la minorité turque, musulmane, de Thrace puisse choisir elle-même ses représentants religieux, les muftis. Les Grecs orthodoxes de Turquie, citoyens de ce pays, déplorent de faire ainsi l’objet d’un chantage politique.

Ankara préfère parler de «réciprocité»

C’est ce qu’a encore démontré Recep Tayyip Erdogan lors de sa visite en Grèce la semaine dernière, quand il s’est plaint du fait que les droits de la minorité musulmane de Thrace, forte de 120 000 personnes dans le nord-ouest de la Grèce, n’étaient pas respectés en vertu du traité de Lausanne, car Athènes continue de nommer les muftis de cette communauté.

Le patriarcat de Constantinople n’y est pour rien dans cette affaire mais il est devenu en quelque sorte l’otage d’Ankara et les Rums de Turquie avec lui. Pourtant, tous les juristes vous diront qu’en droit international, le principe de réciprocité est régi par deux exceptions : un État ne peut pas brandir ce principe pour violer les droits de l’homme ou contre ses propres ressortissants. Dans les deux cas, Ankara enfreint ces règles juridiques, mais cela n’a rien d’étonnant, car il s’agit en fait d’un problème purement politique : celui des relations toujours compliquées entre la Turquie et la Grèce.

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