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Allemagne: incertitude pour les ressortissantes terroristes de l'EI et leurs enfants

Par Nathalie Versieux

Leurs mères sont parties faire le jihad ou se sont mariées en Irak ou en Syrie avec des jihadistes. Ces enfants sont souvent nés dans le « califat ». L'organisation Etat islamique (EI) avait pour objectif d'en faire de bons soldats du jihad. Ces enfant sont aujourd'hui avec leurs mères en prison en Irak. Que faire de ces jeunes citoyens allemands ?

La question préoccupe le gouvernement allemand depuis des mois. Fin août, une délégation de la police criminelle fédérale (BKA), s’est une fois de plus rendue à Bagdad, avec comme objectif de rencontrer quatre femmes, quatre Allemandes parties faire le jihad et arrêtées à Mossoul lors de la libération de la ville par l’armée irakienne. Leur objectif : vérifier si les quatre femmes sont coupables d’intelligence avec l’organisation EI, ou victimes, voire les deux.

Une victime en tout cas se trouvait avec elles : un enfant d’à peine plus d’un an, arrivé avec sa mère en salle d’interrogatoire. Sa mère, Nadja K, arrivée en Irak après avoir suivi sa propre mère, Lamia K dans le « califat ». Beaucoup d’éléments semblent indiquer que Lamia K a agi par conviction, mais que sa fille l’a surtout suivie pour ne pas laisser sa mère partir seule.

A Erbil, au Kurdistan irakien, quatre Allemandes se trouvent également en prison, dont une sur le point d’accoucher. Sibel H avait suivi son mari en compagnie de leur premier enfant.

Le nombre total de femmes et d’enfants allemands emprisonnés en Irak ou au Kurdistan est inconnu. Chaque semaine, de nouveaux cas sont portés à la connaissance des autorités allemandes.

L’Allemagne en faveur du rapatriement des enfants

L’Allemagne a opté pour la stratégie du rapatriement des enfants, en tout cas des très jeunes enfants, qui n’ont pu être endoctrinés par l’EI.

La République Fédérale suit sur ce point les recommandations de l’ONU, qui demandent à ses membres de fournir aux enfants nés en Irak ou en Syrie des documents d’identité. Les enfants nés dans le « califat » ne disposent d’autres documents que ceux établis par l’organisation de l’EI. Autrement dit, au regard du droit international, ils sont apatrides.

L’Allemagne a entre temps demandé officiellement à l’Irak de laisser les enfants revenir vers l’Allemagne. Dans la plupart des cas, ce sont les mères qui souhaitent ce rapatriement, pour éviter à leurs enfants de grandir dans les conditions épouvantables des geôles irakiennes. L’objectif est de les confier à des grands-parents, oncles ou tantes après vérification par test génétique qu’ils sont bien Allemands.

Pour le moment, les autorités irakiennes n’ont pas réagi. Pour Bagdad, le cas est complexe. Si le père d’un enfant né en Irak ou en Syrie est Irakien, l’enfant est automatiquement considéré comme Irakien par le gouvernement qui n’autorisera pas la sortie du territoire. La solution ne peut donc être que politique.

Avec le Kurdistan les choses semblaient mieux engagées. Erbil était prêt à autoriser le rapatriement des enfants allemands. Mais la fermeture de l’espace aérien depuis la déclaration d’indépendance a gelé le dossier.

Une situation différente pour les mères

La situation est beaucoup plus complexe pour les mères. L’Allemagne voudrait traiter les choses au cas par cas. En règle générale, l’Allemagne refuse l’extradition de ses ressortissants sauf crime de guerre ou crime contre l’humanité, et s’oppose à la tenue de procès à l’étranger lorsque Berlin redoute un procès inéquitable ou la peine de mort. Mais lorsqu’il s’agit de terrorisme, l’Allemagne a de plus en plus tendance à ne pas accorder d’aide consulaire à ses ressortissants adultes.

Les services de sécurité intérieure sont intervenus récemment dans le débat. Le président des services de protection de la Constitution, Hans-Georg Maassen, met notamment en garde contre le danger qui émanerait des enfants plus âgés, endoctrinés, et dont certains ont participé à des scènes de décapitation, déclenché des bombes ou exécuté des ennemis de l’EI.

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