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Pétrole: la Russie au chevet du Kurdistan irakien

Par Claire Fages

Le géant pétrolier russe Rosneft vient de verser plus d'un milliard de dollars au Kurdistan irakien. Une aide à la région autonome kurde, affaiblie depuis que Bagdad lui a repris les champs de pétrole de Kirkouk.

La Russie vole au chevet du Kurdistan irakien par l'intermédiaire de son géant du pétrole Rosneft. Le groupe russe vient d'annoncer qu'il avait versé une avance de 1,3 milliard de dollars aux autorités kurdes, pour des livraisons futures de pétrole. Une aide déguisée de la Russie au gouvernement d'Erbil.

Malgré son succès au référendum de septembre, la région autonome kurde d'Irak aurait perdu près d'un milliard de dollars depuis qu'elle est privée des champs pétroliers de Kirkouk. Le gouvernement fédéral irakien les lui a repris le 17 octobre dernier lors de son offensive contre le groupe Etat islamique.

Le Kurdistan, nouvel allié de la Russie

C'est la deuxième fois que Rosneft soutient le Kurdistan irakien en moins de deux mois, un nouvel affront pour le gouvernement de Bagdad.

Le mois dernier, la compagnie russe avait déjà signé un contrat d'exploration sur cinq blocs de pétrole dans la région autonome kurde. Ce qui avait mis en colère les autorités fédérales irakiennes. Bagdad avait dénoncé une « ingérence irresponsable ». Ce à quoi le directeur général de la société russe avait répliqué : « S'il y a un problème entre le gouvernement irakien et le Kurdistan, c'est à eux de le résoudre, je ne suis pas un homme politique, mon problème c'est de produire du pétrole ». Une répartie qui fait sourire quand on connaît le lien de Rosneft avec le Kremlin. A travers cette aide au Kurdistan irakien, la Russie se crée de nouveaux alliés, comme elle le fait avec les Kurdes de Syrie, sans trop de risques étant donné la faiblesse des pouvoirs centraux irakien et syrien.

L’Irak se rapproche de l’Iran

Pendant ce temps, pour vendre le pétrole de Kirkouk récupéré aux Kurdes, l'Irak se rapproche de l'Iran. Bagdad ne peut plus utiliser l'oléoduc des Kurdes vers la Turquie au Nord, alors il cherche à évacuer le brut vers l'Est, chez son ancien ennemi, l'Iran. Un projet d'oléoduc est ressuscité, mais ce sera très long étant donné le relief. Ce sont des camions qui transporteront le pétrole de Kirkouk dans les jours qui viennent, 15 000 barils par jour d'abord puis 60 000 barils. Insuffisant toutefois pour évacuer les 300 000 barils de Kirkouk. Le pétrole retiré aux Kurdes est encore loin de profiter aux Irakiens.

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