rfi

À l'écoute
  • Direct Monde
  • Direct Afrique
  • Dernier journal Monde
  • Dernier journal Afrique
  • Dernier journal en Français facile
  • Dernier journal Amériques - Haïti
Bonjour l'Europe
rss itunes deezer

Allemagne: les rimes de la colère...

Par Pascal Thibaut

Des avenues, des fleurs, des femmes et un admirateur. Quatre mots d'un poème à priori anodin ont suffi pour provoquer une levée de bouclier dans une université berlinoise. C'est le terme «admirateur» qui fâche. Pourquoi une telle polémique ? Les explications de notre correspondant.

 

 

Et bien depuis 2011 un bref poème du poète bolivien Eugen Gomringer orne  une des façades de l’Ecole supérieure Alice Salomon à Berlin. Ce bref texte de 1953 parle d’allées, de fleurs, de femmes et se termine par « un admirateur ».

Mais voilà ce qu’on pourrait comparer à un comité d’entreprise et qui représente les étudiants dans les universités, pardon on dit ici plutôt les personnes qui étudient pour éviter un terme trop masculin et bien cet organisme estime que le poème représente une tradition artistique patriarcale et réduit la femme à un objet sexuel. Lors d’une récente discussion publique, une large majorité des étudiants partageaient ce point de vue et exigent que le poème d’Eugen Gomringer disparaisse de la façade de leur établissement. La présidente de l’Ecole Alice Salomon ne fait pas de la résistance. Elle juge que ce texte n’est plus adaptée à la société actuelle. Il va sans doute donc disparaître. On ignore pour l’instant si un autre poème le remplacera.

Cet exemple défraie la chronique actuellement, mais il n’est pas le seul

Tout à fait. Les artistes auteurs de caricatures qui avaient accroché leurs œuvres dans la cantine de l’université de Göttingen ont préféré les remballer. Ils se sont vu reprocher des dessins sexistes et même dans un cas antisémite. Les fesses d’une dame portant un string tanga n’ont pas plus. Il s’agissait de l’œuvre d’une femme. A nouveau, les artistes se sont vu reprocher d’exposer des femmes objet. Et une caricature d’Albert Einstein tirant la langue et avec des oreilles de porc s’est vu accuser d’antisémitisme. L’auteur du dessin s’est défendu. Rien n’y a fait.

Certains enseignants sont cloués au pilori car les lectures qu’ils recommandent contiennent trop d’œuvres d’auteurs masculins. Un historien berlinois, auteur de propos très critiques contre la politique migratoire d’Angela Merkel, est qualifié de raciste, doit faire appel à des vigiles pour faire cours et ses collègues craignant la même colère étudiante font preuve d’une solidarité disons discrète.

On imagine que ces polémiques initiées par les étudiants et les étudiantes, soyons prudents- provoquent aussi des réactions tout aussi vives

Oui bien sûr. Les voix critiques dénoncent des prises de position qui remettent en cause la liberté artistique ou la liberté d’expression bref, une certaine tolérance dont l’esprit devrait régner dans les universités. Dans le cas de la cantine de Göttingen et de ses caricatures exposées, le journal conservateur « Die Welt » qui tire à boulets rouges sur ce politiquement correct exacerbé inspiré des Etats-Unis écrivait : « A Abu Dhabi, le nouveau Louvre montre des tableaux de femmes à la poitrine dénudée et à Göttingen on décroche le dessin montrant les fesses d’une femme ».

La fédération des enseignants universitaires a dénoncé dans une prise de position un politiquement correct exagéré qui remettrait en cause le libre exercice de l’enseignement dans les établissements. L’organisation ajoute : « Autrefois, les universités étaient le théâtre d’intenses et véhémentes discussions intellectuelles. Aujourd’hui, on essaie d’éviter toute prise de position qui pourrait heurter d’autres personnes ».

La minorité orthodoxe turque, symbole des tensions entre la Turquie et la Grèce

Géorgie: souvenir douloureux de 2 jeunes garçons tués dans une rixe au couteau

L’art du pizzaïolo à l'Unesco: «L'or de Naples» promis à un bel avenir

Armes et diplomatie : la Bulgarie fait son entrée dans les affaires du Golfe

Royaume-Uni : emprunt obligataire, la bonne opération de l’université d’Oxford

Grèce: une vente d’arme controversée fait trembler la coalition gouvernementale

Royaume-Uni: comment dépister certains cancers dans les centres commerciaux

Allemagne: incertitude pour les ressortissantes terroristes de l'EI et leurs enfants

Italie: Totò Riina, le «parrain des parrains», privé d'obsèques publiques