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Revue de presse française
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A la Une : Airbus, une affaire d’Etat

Par Norbert Navarro

Peut-être vous en souvenez-vous, nous en parlions ici-même il y a pile une semaine : le journal français en ligne Mediapart et son confrère allemand Der Spiegel révélaient l’implication directe du grand patron d’Airbus, l’Allemand Tom Sanders dans la création d’une « caisse noire » présumée, basée à Londres, une société britannique du nom de Vector et qui aurait notamment servi à distribuer des pots de vin pour vendre des avions de combat Eurofighter à l’Autriche. Et nous soulignions alors que ce dossier « inquiétait Paris et Berlin ». Affaire « à suivre », disions-nous donc samedi dernier...

Dont acte. Avec le journal, d’abord, Le Parisien ce matin, qui se borne à évoquer les enquêtes en France, au Royaume-Uni, en Autriche et en Allemagne sur des « soupçons de corruption », concernant Airbus.

Mais aussi et surtout avec le journal Le Monde, qui consacre sa manchette aux « coulisses d’une affaire d’Etat », l’affaire Airbus. Et cette qualification « d’affaire d’Etat », ce journal la tire d’un avis d’Alain Juillet, ancien directeur du renseignement de la DGSE, qui dit au Monde que « nous sommes face à une affaire d’Etat qui touche aux questions de souveraineté nationale de plusieurs Etats européens. N’oubliez pas qu’Airbus est aussi un acteur de la défense », dit Alain Juillet au Monde. On n’oublie pas…

« L’étau se resserre », énonce le quotidien du soir en évoquant ces enquêtes, mais « le caractère spontané de cette opération mains propres est sujet à interrogation ». Et, effectivement, Le Monde se demande « à qui profite le crime. Qui avait intérêt à ce qu’Airbus perde ainsi son lustre (…) ? Qui, si ce n’est Boeing, son grand rival ? ».

Airbus-Boeing : le grand cirque

La guerre Airbus-Boeing, c’est un air connu. Mais quelles sont les faits qui viennent étayer cette thèse complotiste qui revient de loin en loin dans l’actualité ? Selon Le Monde, il y a deux ans, « les services » américains, énonce ce journal (et l’on supposera ici que Le Monde fait référence aux services secrets des Etats-Unis…), procèdent à un « examen minutieux des pratiques commerciales d’Airbus afin d’y dénicher des faits litigieux, puis transmettent au ministère américain de la Justice (DoJ) un dossier à charge. Le DoJ aurait ensuite averti Airbus qu’il avait en sa possession des éléments susceptibles de déclencher l’ouverture d’une enquête préliminaire », précise ce confrère.

A Paris, l’affaire est prise très au sérieux. Dans une note du ministère français des Finances, datée du 2 février (2015), et destinée au ministre de l’époque Michel Sapin, il est spécifié que le DoJ se serait penché sur « la cession au fonds d’investissement américain KKR de l’activité électronique de défense d’Airbus Group ».

Mais Le Monde laisse aussi clairement entendre que les Britanniques roulent pour les Américains, en affirmant que le DoJ « dispose d’un officier de liaison au sein de l’agence britannique. Avec Londres, Washington se sent en confiance », grince le journal.

Multilatéralisme : le déconstructeur Trump

Comme prévu, Donald Trump a refusé de certifier l’accord nucléaire avec l’Iran. Et la presse française le déplore d’autant plus que c’est encore un coup de canif américain au multilatéralisme. La plupart des journaux français qui commentent cette décision étasunienne l’écrivent à l’unisson.

Témoin le journal La République des Pyrénées, qui voit dans le refus de Donald Trump de certifier cet accord nucléaire avec l’Iran comme une « nouvelle étape dans (son) refus du multilatéralisme, au nom de « l'Amérique d'abord » ».
Donald Trump est « seul contre tous, rehausse La Charente Libre, comme encore convaincu que la posture anti-système, le dynamitage du multilatéralisme et les outrances qui lui ont ouvert les portes de la Maison Blanche restent son meilleur atout pour les prochaines échéances électorales ».

Certes, modère Le Figaro « on conviendra avec Trump que (…) le multilatéralisme parfois dissout les volontés. Mais, malgré ses défauts, il reste souvent la meilleure façon de s'entendre entre nations ». Comme le président américain, ce quotidien conservateur français admet que l'accord sur le nucléaire iranien est « imparfait », mais Le Figaro l’estime « essentiel ». Et donc, prévient ce journal, « le jeter à la corbeille serait une grave erreur. Cela provoquerait l'inverse de l'effet escompté, en jetant Téhéran dans une nouvelle fuite en avant atomique ».

Autriche : quand les sociaux-démocrates s’emmêlent

En Autriche, les législatives de demain pourraient aboutir faire émerger une coalition avec l’extrême droite au pouvoir. Et ce avec une possible victoire des conservateurs de l’ÖVP du jeune leader Sebastian Kurz, devant le FPÖ, formation d’extrême droite menée par Heinz-Christian Strache. La campagne électorale a été « sale », se récrie Libération, elle a été émaillée « de fake news, de racisme et d’antisémitisme ».  Pire, souligne ce quotidien, derrière cette campagne « sale », on trouve « non pas l’extrême droite… mais les sociaux-démocrates », souligne Libé.

LR : Wauquiez ou le chaos

« Faute de combattants », Laurent Wauquiez va « prendre le contrôle » du parti Les Républicains, prédit Libération. Et tout, bien sûr, est dans cette anticipation à faible risque et dans cette formule « de Une » – prendre le contrôle – qui signifie bien tout le peu de considération que ce journal a de Laurent Wauquiez, « tête à claques mais tête bien faite », énonce Libé.

Et c’est bien son droit. « On n’aime pas les idées de Wauquiez et du parti LR qu’il souhaite reconstituer. Mais on ne souhaite pas les troquer pour des idées bien pires, intolérantes, nationalistes et étroitement identitaires, explique ce quotidien. Il faut préserver la liberté de choix des électeurs. Le conservatisme a droit de cité. Au moins pour pouvoir le critiquer », sermonne Libération.