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«On veut de l’alternance, on veut du changement en Afrique»

Par Pierre Firtion

L’invité ce soir est Brice Makosso, membre du collectif « Tournons la page », un mouvement qui réclame l’alternance démocratique en Afrique. Ce collectif a lancé le 15 septembre dernier la caravane de la démocratie. Une série d’évènements culturels et politiques à travers plusieurs pays du continent, la RDC, le Gabon, le Cameroun, le Niger. Cette caravane achève son périple ce week-end en France. L’occasion pour nous de revenir avec le responsable de ce mouvement au Congo-Brazzaville sur la situation au Kenya et au Togo et sur la lettre ouverte que le collectif a adressée au président français Emmanuel Macron. Interview de Brice Mackosso.

Evoquons la situation au Kenya : il y a eu beaucoup d’enthousiasme le 1er septembre dernier après l’annonce de la Cour suprême d’invalider l’élection présidentielle, un mois et demi après, est-ce que ce n’est pas la douche froide pour vous ?

Tout à fait, c’est une grande déception pour ce qui se passe au Kenya. Il faut dire que ce n'est pas la première fois, dans l’histoire du Kenya, qu’il y a eu des violences politiques, on en a eu par le passé et cette décision de la Cour constitutionnelle du Kenya constitue un véritable espoir pour les jeunes Africains.

Malheureusement le développement actuel nous refroidis un peu mais en même temps nous pousse à tirer les leçons pour dire que ‘nous devons travailler sur les systèmes électoraux pas seulement à la veille des élections mais anticiper ces problèmes durant le mandat, tout le temps afin d’avoir des systèmes électoraux crédibles et que le peuple ait foi en leur système électoral.

Au Togo, il y a eu une forte mobilisation contre le président Faure Gnassingbé. Ce mouvement n’est-il pas aujourd’hui en train de s’essouffler ?

Peu importe s’il est en train de s’essouffler, les problèmes demeurent. Le problème c’est l’alternance démocratique au pouvoir, le problème c’est une bonne gouvernance, le problème c’est la lutte contre la corruption. Aujourd’hui en Afrique et pas seulement au Togo, on veut de l’alternance, on veut du changement au niveau des Etats et on veut voir du développement.

Donc peu importe si la mobilisation faiblit, mais je ne pense pas, le problème qui demeure c’est l’alternance… Je crois qu’après quarante ans de règne, ça suffit. Il va falloir pour le Togo, assez rapidement, convoquer de nouvelles élections, sur de nouvelles bases afin que le peuple tranche.

En RDC, la Commission électorale indépendante, la Ceni a laissé entendre que l’élection présidentielle ne pourrait pas se tenir en décembre 2019, contrairement à ce que prévoyait l’accord en décembre dernier. Comment réagissez à cette annonce ?

C’est tout le problème en Afrique, on ne pense à organiser l’élection qu’à deux mois de la fin d’un scrutin. C’est pour cela que nous disons qu’il faut travailler en amont sur les systèmes électoraux. Pour le cas de la RDC, cela dure depuis trop longtemps, il va falloir organiser les élections avec le fichier existant.

De toute manière, par rapport à la situation en RDC, on ne pourra jamais enrôler tous les électeurs du pays. Il va falloir que la commission électorale indépendante, la CENI en RDC avec le fichier actuel et que l’on tourne par la page du mandat du président Joseph Kabila.

Au Congo-Brazzaville, 18 mois après la présidentielle deux anciens adversaires de Denis Sassou N’guesso sont aujourd’hui en prison. On imagine que là aussi, la situation vous inquiète ?

Etant Congolais, la situation m’inquiète profondément avec tout ce qui se passe dans le Pool et ces arrestations finalement. On a dépassé les délais préventifs pour tous ces prisonniers et la seule solution est que la justice congolaise ait le courage de libérer ces personnes détenues.

Au Gabon, l’ONU s’est récemment penchée sur le cas de ces disparitions forcées, au lendemain de l’élection présidentielle.

Oui et là pour le cas du Gabon, il va falloir aller plus loin. Il ne s’agit pas seulement de se prononcer mais il s’agit d’ouvrir une enquête et lancer des procédures judiciaires.

Vous menez depuis un mois une campagne internationale « La caravane de la démocratie » qui s’achève à Paris, vous venez d’envoyer une lettre ouverte à Emmanuel Macron. Que lui demandez-vous concrètement ?

Concrètement, il va falloir que le président Macron envoie de nouveaux signaux d’espoir. Il vient en Afrique pour parler de la jeunesse qui a besoin aujourd’hui de démocratie, de liberté. Nous demandons au président Macron de se prononcer et de travailler de manière concrète –il ne s’agit pas de faire de déclaration- pour que les systèmes électoraux soient modifiés en Afrique.

Tout cela peut se faire avec l’appui de l’Union africaine et de l’Union européenne. Nous demandons au président Macron d’intervenir auprès des dirigeants africains afin que tous les prisonniers politiques soient libérés. Globalement, il va falloir qu’il y ait aussi la construction d’un cercle vertueux en Afrique. Ce cercle vertueux des affaires est à construire en Afrique entre les dirigeants africains, entre les multinationales ET avec la population africaine.

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