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Aujourd'hui l'économie
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Qui paie l’addition en cas de sécession ?

Par Dominique Baillard

La confusion autour de l'indépendance de la Catalogne va conduire « à des affrontements sociaux et économiques » a prévenu Alfonso Dastis, le ministre espagnol des Affaires étrangères. Les expériences passées tendent à démontrer qu’une sécession coûte souvent plus cher que prévu aux principaux intéressés.

Le mouvement des entreprises quittant la Catalogne pour d'autres régions espagnoles est un premier signal négatif pour cette puissante région. Les grandes entreprises déménagent leur siège, et les petites leur domiciliation bancaire. Ainsi, elles mettent leurs décisions ou leur argent à l'abri, faute de visibilité et sur les impôts qui seront prélevés ultérieurement et sur la nature des relations futures avec les pays de l'Union européenne ou avec les autres régions espagnoles. Des entités où sont installés leurs fournisseurs ou leurs clients. L'incertitude prive déjà la Catalogne d'une partie de ses forces vives. Les estimations chiffrées varient mais toutes vont dans le même sens : la plupart du temps une sécession appauvrit les régions ou les provinces qui ont fait ce choix pendant au moins 20 ans.

C'est ce qu'enseigne l'histoire récente du Québec.

La victoire des indépendantistes en 1976 a vidé la Belle Province d'une grande partie de ses patrons. Pour la plupart anglophones, ils ont fui les choix de la majorité francophone. Et progressivement Montréal a cédé son trône de capitale économique du Canada au profit de Toronto. Le non à l'indépendance au référendum organisé en 1980 n'a pas réussi à inverser la tendance. La question de la viabilité d'un Québec souverain fait toujours débat. Un économiste a publié l'an dernier une étude affirmant que le Québec était en bien meilleure posture sur le plan financier pour s'émanciper et qu'il est aujourd'hui à même de parvenir à un budget à l'équilibre en un ou deux ans maximum. Le sentiment qu'on ferait aussi bien, voire mieux sur le plan économique si on était tout seul est un puissant moteur des passions séparatistes.

C'est vrai pour la Catalogne comme pour la plupart des régions européennes aspirant à plus d'autonomie.

Les Écossais pensent par exemple que les hydrocarbures enfouis en mer du Nord leur donnent largement les moyens de s'affranchir de la tutelle de Londres. Sur les îles Féroé où un référendum est prévu en 2018, on compte sur la pêche et le tourisme pour s'émanciper du Danemark. Les Flandres belges tout comme la Lombardie et la Vénétie italiennes veulent surtout stopper les transferts de leurs recettes fiscales vers des régions déshéritées. Les riches ne veulent plus payer pour les pauvres dans cette Europe composée d'une mosaïque de 274 régions.

Les Etats amputés sont-ils gagnants ou perdants ?

Etant donné que les partants sont souvent des bien portants, les États ont effectivement beaucoup à perdre. En termes de recettes fiscales, de balance commerciale, et de tissu économique.

L'intérêt commun des deux parties est de préserver la meilleure relation possible en cas de divorce. En 1990, les Slovènes et les Croates ont quitté la fédération yougoslave ; ils ont alors très vite renoncé aux barrières douanières qu'ils avaient mises en place quelques mois auparavant pour signifier leur souveraineté. Comprenant bien vite qu'ils avaient plus à perdre qu'à gagner en érigeant de nouveaux murs.

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