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Revue de presse française
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A la Une: les fonctionnaires dans la rue

Par Frédéric Couteau

Pas moins de neuf organisations syndicales appellent à la grève ce mardi pour le pouvoir d’achat et les effectifs dans la fonction publique. « Attention danger !, s’exclame Le Figaro. Alors que les cortèges avaient été peu fournis en septembre lors de la première salve de protestation contre la réforme du Code du travail, les manifestants pourraient être plus nombreux ce mardi à défendre les rémunérations et les postes dans la fonction publique. Car cette fois, la mobilisation est unitaire : elle rassemble, donc, les 9 syndicats de fonctionnaires, du jamais vu depuis dix ans ! »

Les fonctionnaires ont-ils des raisons de se plaindre ? Non, répond Le Figaro. « Par la magie d’un système de primes et de gratifications aussi illisible que complexe, leur pouvoir d’achat n’a cessé de croître ces dernières années, malgré le gel du point d’indice. La hausse de la CSG, leur promet le gouvernement, sera intégralement compensée. Où est le scandale ? Pendant que le monde économique se transforme à grande vitesse, les effectifs de la fonction publique, eux, continuent de grimper inexorablement. Où est la rigueur ? Dénoncé comme vexatoire, le prochain rétablissement du jour de carence   dont on a pu mesurer l’efficacité sur l’absentéisme dans un passé récent   ne comblera qu’un tiers de l’écart avec le secteur privé. Où est l’injustice ? »

Mais non, conteste Libération. « Dix jours avant le premier tour de la présidentielle, Emmanuel Macron avait brossé les agents du service public dans le sens du poil. “Vous pouvez compter sur mon engagement pour notre service public et notre Etat”, signait-il, avec sa plume bleue, au bas d’une longue lettre ouverte dans laquelle il leur promettait “plus de reconnaissance”, “davantage de perspectives de carrière” et “une plus juste rémunération”. Las, soupire Libé, aucune des mesures annoncées par l’exécutif et prévues dans le projet de loi de finances pour 2018 ne va dans ce sens. Ni “gain de pouvoir d’achat” ni “plus juste reconnaissance”. Au contraire. »

Pas d’octobre rouge en vue…

Alors, prévient Le Télégramme, « qui sait comment peut tourner la grogne quand on se souvient qu’en 1995, la Fonction publique avait brisé l’élan d’Alain Juppé, le mentor d’Édouard Philippe ? » Toutefois, tempère le quotidien breton, « les rapprochements historiques ne font pas forcément l’Histoire. Et, de ce 10 octobre, le pouvoir ne craint guère l’amorce d’un octobre rouge. »

En effet, relève Le Midi Libre, « même si la rue reste une menace, elle n’impressionne plus le gouvernement. Cette fois, pas de risque d’explosion sociale ou d’affrontements violents avec les CRS. Car en coulisse, on est loin de l’unité syndicale pour exprimer ses désaccords avec les réformes du Président Macron. »

« Emmanuel Macron aurait tort de s’inquiéter, renchérit Sud-Ouest : cette journée de grèves et de manifestations, aussi impressionnante qu’elle s’annonce, ressemble plus à un coup de semonce qu’au coup d’envoi d’un “grand soir” social. Mais pour les leaders syndicaux, les apparences seront sauves. De même que pour Emmanuel Macron qui y verra l’occasion de montrer sa volonté réformatrice. »

Les centrales nucléaires françaises sous la menace ?

« La sécurité de nos centrales nucléaires est-elle bien assurée ? », s’interroge ce matin Le Parisien.

Eh bien non, répond le journal qui s’appuie sur les « conclusions inquiétantes » d’un panel d’experts internationaux mandatés par Greenpeace qui ont travaillé pendant 18 mois sur la protection de notre parc nucléaire face au risque terroriste.

Principal point faible des centrales nucléaires françaises, relèvent les experts : la piscine de refroidissement qui abrite le combustible nucléaire usé. Une piscine beaucoup moins bien protégée que le réacteur, avec des murs de seulement 30 cm d’épaisseur.

Apparemment, ce ne serait qu’un des points faibles des centrales nucléaires françaises. Le Parisien souligne que « les conclusions du rapport sont tellement alarmistes que les experts et Greenpeace, pourtant rompus aux hypothèses les plus inquiétantes, ont décidé de ne rendre publique ce matin qu’une version “light”, expurgée des informations les plus sensibles », histoire de ne pas donner d’idées à certaines personnes mal intentionnées…

Jean Rochefort va nous manquer…

Son portrait fait la Une de quasiment tous les journaux ce matin : le très populaire comédien Jean Rochefort est mort hier, à l’âge de 87 ans.

« Cavalier seul », titre Libération en première page. « Symbole de l’élégance à la française et figure du cinéma des années 70, l’acteur, féru d’équitation, a mis pied à terre. »

« Rochefort est un cas d’école, s’étonne Libération, si l’on veut bien voir que sa notoriété, sa popularité, son crédit d’artiste est inversement proportionnel à l’importance des films qu’il a souvent enchaînés en stakhanoviste pince-sans-rire. »

Alors pourquoi un tel succès auprès du public ? « Il y a des visages qui rassurent, répond Le Parisien. Des voix qui apaisent. Jean Rochefort avait les deux. Plus qu’un comédien ou une vedette, il était devenu un compagnon de notre vie. Un oncle de province que l’on ne croise qu’une ou deux fois par an, mais dont le regard ou le sourire suffisait à nous faire nous sentir bien. »

En effet, rebondit Le Figaro, « Jean Rochefort. Il fait partie de la famille. Avec son sourire en coin, l’air de celui qui n’en pense pas moins, c’est le voisin farfelu, le beau-frère à manier avec des pincettes, l’oncle d’Amérique qui n’a jamais quitté l’Hexagone. (…) On l’imagine graissant ses bottes, sifflant son labrador. Il est capable d’être un médecin de Molière ou un vrai fumier. Il possède cette juste dose de lâcheté qui lui offre une ample palette. Une brusque noirceur dans les yeux le rend parfois aussi inquiétant qu’un Jean-Louis Trintignant. Il navigue de l’argot aux alexandrins, ne passe pas pour détester les canulars, récite des classiques ou imite un chimpanzé. (…) S’il y avait un équivalent masculin de Marianne, il serait sans doute à son effigie, conclut Le Figaro. Son buste en plâtre ornerait les salons des mairies. A Jean Rochefort, la patrie reconnaissante. »