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La France acceptera 10 000 réfugiés: «Insuffisant» selon le HCR

Par Marie-Pierre Olphand

Après l'avoir déjà annoncé fin août, le président français, Emmanuel Macron l'a confirmé : la France enverra des missions pour identifier les demandeurs d'asile dans les prochaines semaines, au Niger et au Tchad. Une identification en amont qui se fera sur la base de listes préparées par le HCR, le Haut-commissariat aux réfugiés. La France acceptera 10 000 réfugiés dans les deux prochaines années dont 3000 en provenance du Tchad et du Niger. Que penser de ce chiffre ? Et des intentions du président français ? Pour Pierre Henry, directeur de France Terre d'Asile, « Ouvrir une voie d'accès légale, c'est bien, mais il ne faut pas être naïf cela n'arrêtera aucun flux ».

« Le HCR travaille depuis longtemps dans la région et évalue aujourd’hui à près de 300 000 les besoins en termes de réinstallation, c’est-à-dire de réacheminement vers un pays sûr où les personnes peuvent se reconstruire. Et parmi ces 300 000, il estime à près de 40 000 le nombre de personnes vulnérables. Lorsque la France annonce vouloir recevoir 10 000 personnes sur deux ans, ce n’est évidemment pas anecdotique pour ces personnes, c’est 10 000 vies mais insuffisant par rapport aux besoins de la région et aux besoins de protection demandés et exprimés par le Haut-commissariat aux réfugiés.

(…) Il va falloir prendre en charge ces 3 000 personnes plus les 7 000 autres qui viendront du Liban, de Jordanie ou de Turquie mais on sait bien que cela ne va pas régler le problème de la région, cela ne représentera aucun verrou et la question migratoire va continuer à se poser dans ces différentes dimensions. Ouvrir une voie d’accès légale c’est une voie de protection supplémentaire qui ne nous exonère pas d’un bon accueil sur le territoire national et qui surtout n’arrêtera rien (…)

Forcément lorsque vous avez 40 000 personnes vulnérables 300 000 éligibles à une réinstallation et que 10 000 places sont proposées sur deux ans, l’affaire risque d’être extrêmement compliquée voire polémique dans certains cas (…).

Je comprends la crainte du Tchad et du Niger de devoir recevoir des flux supplémentaires alors même qu’ils ont déjà beaucoup de difficultés à faire face à leur quotidien. Il y a un risque mais en même temps, il faut choisir. Encore une fois je crois que l’ouverture de voie d’accès légale est une action vertueuse, il faut simplement le faire de manière coordonnée et suffisante. On ne peut pas faire du saupoudrage avec cela…»

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