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L'inflexible Allemand Wolfgang Schaüble tourne la page de l'Eurogroupe

Par Dominique Baillard

Wolfgang Schaüble participe aujourd'hui pour la dernière fois à l'Eurogroupe, la réunion des ministres des Finances de la zone euro. Car le ministre allemand des Finances quitte son poste après huit ans de service passé essentiellement au chevet de la zone euro.

Wolfgang Schaüble a été pendant toute cette période « de facto le ministre des Finances de la zone euro », estime l’ancien Premier ministre finlandais Alexander Stubb. À juste titre : il a été nommé en octobre 2009, pile au moment où le nouveau gouvernement grec découvre que le déficit public est en réalité deux fois plus important que ce que les comptes laissaient penser. C’est le début de la crise de la dette que cet inflexible juriste de formation va piloter de bout en bout.

Il prend très vite l’ascendant sur ses collègues de la zone euro à cause de son style direct, voire brutal. Mais il tire surtout sa légitimité de la puissance économique de l’Allemagne. Berlin est le premier contributeur de tous les plans de sauvetage. De quoi lui donner le dernier mot à l’issue des longues nuits de négociations de la dernière chance consacrées à la déroute financière des maillons faibles de la zone euro.

Wolfgang Schaüble a surtout été perçu comme le « dragon de l’austérité »

Son surnom a été et est encore « Monsieur Nein » (« Monsieur Non »). De Lisbonne à Athènes il est honni par tous ceux qui ont enduré de lourdes privations en termes de prestations sociales, allocation chômage, retraite, parfois salaires, pour rétablir les comptes publics. Dans un entretien accordé ce week-end au Financial Times, il dément être un adepte de l’austérité pour l’austérité.

Ce n’est pas l’objectif, explique-t-il, mais la condition pour remettre en ordre de marche des États plombés par les déficits publics. Les résultats obtenus par l’Allemagne, tout comme ceux des politiques menées à Chypre, en Irlande, au Portugal, et en Grèce, l’exonèrent, dit-il, des accusations portées contre lui.

Le ministre allemand des Finances se définit comme un Européen convaincu

Il est un fervent partisan d’une plus grande intégration européenne. Il félicite le président Macron pour ses projets de rénovation et souhaite la réussite du projet européen. L’euro doit devenir d’après lui la monnaie commune de toute l’Union. C’est donc un projet très politique qui sous-tend sa vision de l’économie.

La politique qu’il a préconisée pour sauver, et les États en faillite, et l’euro, était prévisible et fiable, c’est ce qui a généré la confiance et donc, in fine, le retour de la croissance, rappelle-t-il, en taclant au passage le quotidien de la City qui a souvent douté de la solidité et de la pérennité de l’euro.

Dans cet entretien, ce « père La-Rigueur » met aussi en garde contre les risques de crise globale

Les océans de liquidités générés par les banquiers centraux menacent de se transformer en bulles spéculatives, qui peuvent éclater à tout moment et faire replonger la planète entière dans la débâcle financière, affirme Wolfgang Schaüble.

C’est vrai que les politiques non conventionnelles de rachat de dettes pratiquées par la BCE comme par les autres banques centrales pour ramener des liquidités dans la tuyauterie et de la confiance parmi les investisseurs n’ont jamais été en odeur de sainteté à Berlin. Wolfgang Schaüble reconnait néanmoins que la BCE a agi souvent à la place de dirigeants qui ont refusé de prendre des décisions trop coûteuses sur le plan électoral.

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