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Revue de presse française
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A la Une: quel avenir pour la Catalogne ?

Par Frédéric Couteau

« Les indépendantistes catalans poursuivent leur chemin vers la sécession », constate Le Figaro en première page. « Le discours du roi, mardi, n’aura guère eu d’effet sur les indépendantistes, qui poursuivent leur chemin vers la sécession. La proclamation de l’indépendance de la Catalogne n’est plus qu’une question de jours, a assuré hier le chef de l’exécutif catalan, Carles Puigdemont. Le Parlement régional devrait se réunir lundi prochain pour débattre de cette question. »

C’est une véritable « impasse politique », pointe Ouest France. « Une sortie honorable et pacifique du conflit paraît, à l’heure actuelle, très difficile à trouver. D’un côté, les indépendantistes, galvanisés par l’ascendant moral dont ils s’affublent après les violences policières de dimanche, annoncent pour les prochains jours, donc, une proclamation d’indépendance. (…) Côté madrilène, la surdité est tout aussi impressionnante. Le parti populaire de Mariano Rajoy a enchaîné, depuis dix ans, les pires erreurs, tactiques et stratégiques, qu’on puisse imaginer sur un dossier aussi sensible. »

Qui plus est, poursuit Ouest France, « hors d’Espagne, c’est l’embarras qui domine. Nul ne veut s’ingérer, mais nul ne peut ignorer l’impact potentiel du radicalisme catalan. Toute l’Europe est concernée par la crise, et personne n’a de solution à apporter. »

Retour vers le futur ?

Alors va-t-on vers le pire ?, s’interroge La Montagne : « dans un bras de fer, l’audace a son importance et Puigdemont, malgré la tonalité apaisée de son allocution d’hier soir, n’en manque pas. Veut-il, pour gagner définitivement la bataille médiatique auprès des citoyens d’Europe, contraindre Rajoy à une répression accrue qui inclurait l’arrestation des leaders indépendantistes ? Verrons-nous des préfets et des généraux au pouvoir à Barcelone en application de l’article 155 de la Constitution ? Ce scénario de 'retour vers le futur' fait froid dans le dos. »

En effet, on revient à Ouest France qui précise que « la constitution espagnole prévoit, en son article 155, une reprise en main, de la part de Madrid, des prérogatives attribuées au gouvernement des provinces autonomes. Vu le contexte, cette reprise en main serait une mise au pas par la force, pointe le quotidien du grand ouest. Depuis la sortie du franquisme en 1975, et l’adoption de la Constitution en 1978, jamais cet article n’a été appliqué. C’est toute l’Espagne qui avancerait alors en terre inconnue. »

Point de non-retour ?

Libération, qui ouvre ses colonnes ce jeudi aux historiens, Libération s’interroge : « quand est-ce qu’un événement bascule de façon irréparable ? Où situer le point de non-retour qui ferme l’espace des possibles et réoriente définitivement l’histoire ? La crise en Catalogne rend très actuelle cette interrogation familière des historiens, accoutumés à démêler les causes, à identifier les points de rupture qui font passer de la paix à la guerre, de la manifestation à l’insurrection, de la sédition à la sécession. (…) Les prochains jours, poursuit Libération, diront si le discours du roi a tenu le rôle d’étincelle pour une situation rendue inflammable par la surdité légaliste des autorités comme par la surenchère des indépendantistes. Et si, à l’inverse, les dispositions pacifiques de la population, malgré les coups de matraque de dimanche, peuvent contribuer à dénouer la crise. Alors que l’on retient son souffle en pensant à 1936, à Franco et au scénario apparemment trop familier d’une rupture brutale entre Catalogne et Espagne, c’est aussi l’histoire qui enseigne que, dans l’imprévisibilité de l’événement, d’autres possibles peuvent s’inventer. »

Pas simple de taxer les GAFA…

A la Une également, Bruxelles qui poursuit son offensive fiscale contre les GAFA. Les GAFA désignent les grands mastodontes d’internet, Google, Apple, Facebook et Amazon, spécialistes dans l’art de payer le moins d’impôts possible, tout en restant dans les clous de la légalité…

« Bruxelles accroche un nouveau mastodonte américain de l’économie numérique à son tableau de chasse, pointent Les Echos. Au terme de trois ans d’enquête approfondie, la commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager, a prononcé la condamnation hier d’Amazon à rembourser 250 millions d’euros, plus des intérêts restant à définir, au Luxembourg. Le gendarme européen juge que les avantages fiscaux accordés par le Grand-Duché au leader mondial de la vente en ligne, entre 2003 et 2014, sont 'illégaux' au regard des règles européennes encadrant les aides d’Etat. »

La Croix, pour sa part, relève que « cet effort de la Commission se déploie au moment même où la France s’emploie à promouvoir de nouvelles règles européennes de taxation des géants du numérique. » Mais « la tâche n’est pas simple, soupire le quotidien catholique. D’abord parce que certains États, en particulier l’Irlande, veulent continuer à pratiquer le dumping fiscal pour attirer des sièges sociaux sur leur territoire. Or les réformes fiscales au sein de l’UE exigent l’unanimité. Ensuite parce que les activités des Gafa, par définition très dématérialisées, sont faciles à délocaliser pour éviter les impôts. Il y a là pourtant, estime La Croix, un combat décisif à mener pour faire de l’Europe un espace de coopération dans le déploiement de l’économie numérique et non un terrain vague où prévaut l’égoïsme fiscal. »

Mbappé, « superstar globale »

Enfin, coup de projecteur dans Libé sur l’étoile montante du football français : Kylian Mbappé… En effet, incroyable, s’esbaudit Libé : l’attaquant du Paris Saint-Germain acheté à prix d’or et âgé de 18 ans joue au foot comme un Dieu et en plus il parle !

« Mbappé est un prodige, s’exclame le journal. Ses qualités de footballeur sont indéniables. Il est rapide, puissant, doté d’une remarquable vision du jeu qui lui permet d’être aussi habile passeur que buteur. Mais il étonne plus encore en dehors du terrain. Il fallait le voir lors des conférences de presse organisées début septembre pour son arrivée au PSG. Elégant, en chemise blanche, costume sombre et cravate assortie, il répondait aux questions d’un ton posé, avec un vocabulaire choisi, un sourire désarmant et une pointe d’humour. Les journalistes n’en revenaient pas, habitués aux discours corsetés, aux phrases toutes faites, aux éléments de langage répétés inlassablement et sans conviction par des joueurs mal à l’aise, qui vont 'à la presse' comme on se débarrasse d’une corvée. Mbappé, lui, s’attarde en zone mixte et soigne son langage, arborant un mélange déconcertant de fraîcheur et de maturité. »

Mbappé est promis à un bien bel avenir, à en croire l’ex-joueur allemand Gary Lineker, jamais avare de bonnes phrases : Mbappé, a-t-il dit, est « la prochaine superstar globale ! »