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A la Une: folie meurtrière à Las Vegas

Par Frédéric Couteau

Deux photos ce matin pour symboliser l’effroi ressenti par le monde entier après la tuerie de Las Vegas hier : des jeunes gens courant tête baissée pour échapper aux balles, photo à la Une du Parisien et du Figaro, ou encore ce simple chapeau de cowboy tombé à terre, avec en arrière-plan les lumières des secours, photo pleine page à la Une de Libération.

Libération qui raconte : « il est un peu plus de 22 heures, dimanche, quand les unités d’intervention spéciales sont envoyées à l’hôtel-casino Mandalay Bay, un énorme complexe avec piscine et machines à sous, installé sur le légendaire Strip, l’avenue attrape-touristes de Las Vegas. Un tireur mitraille, depuis le 32e étage de l’hôtel, les 22 000 spectateurs de la soirée de clôture d’un festival de musique country. Les policiers ne savent pas d’où proviennent les tirs automatiques. Le Mandalay Bay compte plus de 3 300 chambres : c’est grâce à l’alarme incendie déclenchée par la fumée des tirs, ainsi qu’aux éclairs de lumière provoqués par les armes, qu’ils identifient la chambre. Les agents du Swat utilisent des explosifs pour ouvrir la porte. Le tireur, Stephen Paddock, un Blanc de 64 ans inconnu des services de police, gît sans vie, après s’être suicidé. Près de lui, dix armes à feu. L’homme avait brisé la vitre de sa chambre avant d’enclencher son arme de guerre sur la foule en contrebas. »

En l’espace de quelques minutes, Paddock a eu le temps de faire un véritable carnage : au moins 59 morts et plus de 500 blessés…

Démence ?

Alors pourquoi ouvrir le feu aveuglément sur une foule ? Les autorités américaines ne croient guère à la piste islamiste. Daech s’est empressé de revendiquer la tuerie. Mais « le FBI, pointe Le Figaro, a écarté tout lien avec l’organisation Etat islamique. » Toujours est-il, poursuit Le Figaro que « les spécialistes du terrorisme vont avoir quelques difficultés à faire entrer le tueur de Las Vegas dans leurs typologies. Stephen Paddock, 64 ans, ne correspond guère aux profils habituels des terroristes contemporains. Ce retraité blanc n’avait aucun casier judiciaire, et aucune affiliation connue à un quelconque mouvement politique. Amateur de golf et de casinos, Paddock vivait avec sa compagne, Marilou Daney, dans une villa cossue dont il était propriétaire, dans un quartier résidentiel de Mesquite, Nevada, à une centaine de kilomètres de Las Vegas. Dans cette communauté de retraités, entre pelouses bien tondues et vue sur le désert, rien ne distinguait la vie de cet homme banal de celle des autres habitants. »

En fait, relève La Nouvelle République du Centre ouest, « on ne sait rien de l’auteur de ce massacre, sinon qu’il a perdu la tête. Un peu comme son pays. Un grand corps qui marche par habitude, sans cap précis ni boussole claire, saisi de terribles spasmes parfois. Lorsqu’un jeune suprémaciste blanc avait décimé sa paroisse à Charlottesville déjà, rappelle La Nouvelle République, Obama avait essuyé une larme furtive et chanté " Amazing grace ". Son successeur, Trump, qui regrettait qu’au Bataclan les spectateurs n’aient pas été tous armés, était hier sans voix. »

L’EI gagnant…

Malgré le contexte et l’ampleur totalement différents, certains éditorialistes font le rapprochement entre la tuerie de Las Vegas et le double assassinat de Marseille…

« Une nouvelle tuerie de masse aux États-Unis, au lendemain d’un acte ignoble commis à Marseille, soupire ainsi Le Midi Libre. Au cœur de ces affaires, les revendications des terroristes de Daech. Et un doute, celui de l’opportunisme malsain et redouté de l’organisation islamiste. Qu’importe, l’EI gagne encore. »

« Une fois de plus, les limites de l’horreur ont été franchies ce week-end, relève Le Parisien. Des dizaines de vies innocentes volées, saccagées sans raison. De cette litanie révoltante se dégage pourtant un élément inédit, diablement inquiétant, pointe le journal. A Marseille, les coups de poignard ont été assénés par un vagabond toxicomane, voleur à la petite semaine, inspirant davantage la pitié que la peur. A Las Vegas, les coups de feu ont été tirés par un riche retraité américain. Les deux hommes ne correspondent pas au profil habituel des jihadistes. Même si l’on s’interroge encore sur leurs liens réels avec Daech, ils ont semé la terreur sans jamais avoir éveillé les soupçons. »