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Frictions entre le groupe aéronautique Airbus et le gouvernement autrichien

Par Isaure Hiace

Depuis quelques jours, les tensions entre le groupe aéronautique Airbus et le gouvernement autrichien s’affichent au grand jour. Vienne accuse le constructeur européen de fraude et de corruption concernant un contrat qui date de 2003. Explications de notre correspondante.

C'est un contrat de près de 2 milliards d’euros, qui porte sur la commande de 18 avions de chasse Eurofighter. Mais voilà, l’Autriche estime avoir été escroquée. En février dernier, une plainte a été déposée en ce sens contre le consortium qui construit l’Eurofighter, auquel appartient Airbus. Le parquet de Vienne mène donc une enquête, qui s’est aujourd’hui élargie à plusieurs personnes physiques dont le président exécutif d’Airbus, Tom Enders.

Les Autrichiens reprochent au groupe d’avoir artificiellement gonflé la facture de plus de 183 millions d’euros, une somme qui a été versée à des intermédiaires via des commissions, sans que cela ne soit mentionné à l’Autriche. Le ministre de la Défense autrichien, Hans Peter Doskozil, a ainsi affirmé que cette somme couvrait « non pas seulement des frais de transaction légaux mais aussi des frais illégaux ».

Réponse très sèche du groupe Airbus lors d’une conférence de presse la semaine dernière : « Ce sont des accusations factices, fondées sur des motifs politiques », estime le groupe européen, qui a remis un avis juridique au parquet de Vienne dans lequel il se défend point par point.

En plus de cette enquête pénale, une enquête parlementaire vient de rendre ses conclusions sur de possibles faits de corruption de la part d’Airbus

Depuis plusieurs mois, les parlementaires autrichiens enquêtent en effet sur de possibles pots-de-vin versés par Airbus et ses partenaires à des politiques autrichiens en 2007, lors de la renégociation du contrat Eurofighter. Et l’enquête vient de rendre ses conclusions : il n’y a aucune trace de corruption ou de tentative d’influence de la part d’Airbus.

Cependant, le rapport parlementaire relaie une partie des accusations d’escroquerie. Le président de cette commission spéciale a ainsi affirmé que leur « enquête ne se substituait pas au parquet mais pouvait fournir des indications précieuses pour l’enquête de ce dernier ».

Quel avenir Isaure pour Airbus en Autriche ?

L'enquête du parquet de Vienne suit son cours. L’Autriche a demandé des dommages et intérêts de plusieurs millions d’euros. Quant aux futurs contrats commerciaux, l’Autriche parait déterminée à faire appel à d’autres sociétés qu’Airbus.

Il y a quelques jours, le ministre de la Défense autrichien Hans Peter Doskozil a ainsi annoncé vouloir écarter Airbus de la prochaine commande du pays de 12 hélicoptères. Reste à savoir si ce procédé est légal. D’autant que le gouvernement va très probablement changer dans deux semaines, après les élections législatives anticipées du 15 octobre. Quelle attitude aura le prochain ministre de la Défense ? Réponse dans les mois à venir.

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