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Les premiers pas de la finance islamique au Maroc

Par Sara Doublier

Après de longues années d’attente, le Maroc vient d'ouvrir ses premières banques islamiques. Depuis l’accord de principe de la Banque centrale marocaine le 2 janvier 2017, cinq banques candidates ont obtenu leur agrément et ont monté leur filiale islamique. Depuis, les autorités religieuses ont aussi donné leur feu vert à leur lancement. Baptisées banques « participatives », les premières agences aux produits conformes à la charia ont ouvert leurs portes officiellement le 26 juillet 2017. C’est le cas de Umnia Bank, détenue en partie par le groupe marocain CIH et une banque islamique qatarienne. RFI a suivi à Casablanca, la capitale économique du Maroc, les premiers pas de cette activité très attendue des Marocains et pleine de promesses pour le secteur bancaire.

Peu avant 9 heures du matin, cette agence flambante neuve d’un quartier huppé de la ville tourne déjà à plein. Six personnes attendent pour être reçus par des conseillers commerciaux. Adnane Gueddari est directeur général de Umnia Bank, l’une des cinq banques islamiques du Maroc :

« Les gens étaient habitués à venir discuter d’un taux, un montant à emprunter, là nous ne sommes plus dans la transaction. Pour toute opération, son soubassement est un bien tangible. Ce n’est pas juste, je te prête de l’argent et tu en fais ce que tu veux, c’est nécessairement adossé à un bien. C’est plus concret. »

Mounia, la trentaine, attend son tour. Elle mise beaucoup sur cette nouvelle forme de finance :

« Principalement pour éviter les intérêts, vu que notre religion nous interdit de prendre la ribaa (les intérêts). Mon mari et moi avons attendu jusqu’à la création des banques islamiques pour avoir un crédit immobilier pour l’acquisition d’un appartement. »

Pour répondre aux préceptes de l’islam, les banques participatives achètent le bien voulu par l’acquéreur et lui revendent avec une marge bénéficiaire fixe. Ni spéculation, ni taux variables, l’approche présentée comme éthique du financement islamique touche, selon Mohamed Amine Benkirane chef d’agence, tous les publics :

« On a pas mal de gens qui viennent de plusieurs villes, même lointaines, qui nous sollicitent surtout pour des logements sociaux. Ça n’empêche pas que les clients fortunés viennent aussi. Ils ouvrent des comptes dans un premier temps. C’est vrai que la plupart des cas viennent pour leurs convictions religieuse, ils sont convaincus de la chose. »

La finance islamique au Maroc, un marché prometteur pour le secteur bancaire. Pour Youssef Baghdadi, président du directoire de la banque Assafaa, filiale « participative » d’Attijariwafa banque, son arrivée devrait doper l’économie du pays :

« L’arrivée des banques participatives va certainement augmenter le taux de bancarisation car il y a des clients aujourd’hui qui ne veulent pas travailler avec des banques classiques. Ces banques participatives vont créer de l’emploi. A priori, ces banques vont apporter une dynamique dans l’économie réelle. »

Selon les estimations, la finance islamique pourrait atteindre près de 10% de la part des actifs bancaires au Maroc d’ici dix ans. Elle représente déjà environ 2 000 milliards de dollars d’actifs dans le monde.

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