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Rome: la galère des transports publics

Par Anne Le Nir

L’été romain 2017 n’est pas béni des Dieux... Après les problèmes de pénurie en eau et une menace de rationnement drastique conjurée in extremis mais sans garantie pour les prochaines semaines si la sécheresse perdure, la Ville Éternelle doit affronter une autre crise. La compagnie des transports publics ATAC qui transporte quelque 4 millions de passagers par jour est au bord de la faillite. Et pour les Romains c’est une vraie galère.

De notre correspondante à Rome,

Même si vu de loin cela apparaît inconcevable pour une métropole, Romains et touristes risquent d'être privés de transports en commun. Ils devaient déjà patienter parfois plus de 40 minutes pour monter dans un bus sur certaines lignes mais alors que le thermomètre va grimper à plus de 40 degrés, à partir de ce mardi, dans la région du Latium, ils vont devoir faire preuve de davantage de patience. Sur un parc de 2500 véhicules, ayant 12 à 15 ans d’âge en moyenne, la moitié des bus sont inutilisables. Soit parce qu’ils sont en réparation, soit parce que les pièces de rechange n'ont pas été achetées. Il faut rappeler que le niveau d’endettement de la société ATAC, la compagnie de transports publics, atteint 1,4 milliard d’euros !

Le chaos des transports publics romains est connu depuis des années... Cela fait plus de vingt ans que l’ATAC -qui est donc contrôlée par la Ville de Rome- se noie dans les problèmes liés au clientélisme politique de tout bord, à l’opacité de la gestion des services et des entreprises sous-traitantes, et au manque de poigne des maires qui se sont succédé.

On ne peut donc pas faire porter toutes les responsabilités sur les épaules de Virginia Raggi, élue à la tête de la municipalité en juin 2016. Cependant, l’édile 5 étoiles n’a pas arrangé les choses. Elle a nommé, il y a trois mois, un nouveau PDG, Bruno Rota qui avait fait ses preuves dans le secteur des transports publics à Milan. Mais il a présenté sa démission au motif que la maire et son adjoint au Budget n’ont pas voulu reconnaître qu’il fallait prendre des décisions drastiques, pour obtenir au moins un moratoire sur les dettes.

Les priorités pour résoudre la crise chronique des transports publics à Rome ?

Il faut d'abord mettre fin à l’ingérence politique dans le management. Ensuite il est nécessaire de mieux encadrer le personnel et les emplois. L’ATAC compte 12 000 employés et le taux d’absentéisme est évalué à 13 % des salariés à Rome contre 8 % à Milan. Donc il y a un vrai problème de gestion des ressources humaines.

Autre question jamais résolue : seul un passager sur quatre achète un ticket de bus ou de métro - qui coûte 1,50 euro. Mais les fraudeurs ne prennent pas de gros risques car les contrôleurs sont plutôt fantomatiques ! L’inertie est telle que même payer les fournisseurs en carburant n’a pas été une priorité. Une multinationale réclame d'ailleurs 3,8 millions d’euros d’ici 24 h, sous peine de bloquer la fourniture en gasoil pour le millier d’autobus encore en circulation. On constate de un manque total de vision, dans ce secteur, comme dans la gestion des ordures et de l’eau potable.

Le quotidien La Stampa ne se trompe pas quand il affirme que « Même un triumvirat Churchill- Roosevelt- De Gaulle, aurait des difficultés énormes à assainir la situation à Rome » !

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