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Suède: remaniement du gouvernement suite à des fuites d'informations sensibles

Par Violette Goarant

La Suède est secouée par un scandale de fuite d’informations sensibles à l’étranger appartenant à l’armée et à la police. Face à la pression de l’opposition, le Premier ministre Stefan Löfven a décidé de remanier le gouvernement, en remplaçant Anna Johansson, la ministre des Infrastructures, et Anders Ygeman, le ministre de l’Intérieur.

De notre correspondante à Stockholm,

Les deux ministres remplacés dans ce remaniement seraient impliqués dans un scandale autour d’un contrat informatique d’externalisation de données. En 2015, les autorités publiques suédoises ont confié la gestion de données sensibles à un prestataire privé : la multinationale IBM. Mais IBM a de son côté sous-traité cette gestion en Roumanie et en République tchèque, où les informations suédoises se sont retrouvées gérées par des entreprises non habilitées à traiter des données confidentielles.

Les casiers judiciaires de Suédois seraient concernés

Selon le chef des armées, Micael Byden, les données concerneraient, entre autres, les identités protégées du personnel des armées et de la police ainsi que le registre de leurs véhicules. Mais selon le quotidien national suédois Dagens Nyheter, les informations concerneraient aussi le casier judiciaire de Suédois, la liste des suspects ou des criminels de Suède et les données du système d’informations cryptées qu’à ce jour, 34 autorités suédoises utilisent.On reproche d’un côté au ministre de l’Intérieur de ne pas avoir fait remonter l’information alors qu’il le savait depuis 2016 et de l’autre, à la ministre des Infrastructures d’alors, Anna Johansson, de n’avoir jamais été mise au courant.

Une affaire politique dans un contexte politique tendu

Le ministre de la Défense Peter Hultqvist est encore sur la sellette. L’opposition, c’est-à-dire les partis centre-droit et extrême droite de Suède, prévoit de voter une motion de censure contre lui, visant à le faire démissionner. La motion a de grandes chances d’obtenir la majorité de votes et d’être adoptée. Ce serait une première en Suède où aucune motion de censure n’a abouti à une démission.

À moins d’un an avant les élections, les partis de gauche au pouvoir sont en grande difficulté. Stefan Löfven a souhaité éviter «une crise politique», c’est-à-dire sa propre démission et des élections anticipées qui profiteraient à l’extrême droite dont la progression est fulgurante sur fond de questions de sécurité. Les partis centre-droit, réunis en une « Alliance » sont vent debout pour faire remonter leur cote de popularité, largement en berne ces derniers temps. En cause, des rapprochements politiques avec l’extrême droite qui ont déplu à leurs militants. Mais outre les jeux politiques, ce scandale pose la question de la privatisation de la gestion des données publiques sensibles. De quoi largement occuper la rentrée politique, quelque peu avancée cette année en Suède.

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