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Manoeuvres russo-chinoises en Baltique: inquiétude des pays riverains

Par Jean-Didier Revoin

Les flottes russe et chinoise mènent cette semaine des manœuvres militaires conjointes dénommées «Joint Sea 2017» en mer Baltique. Une région qui fait déjà l’objet de vives tensions entre Moscou et l’OTAN depuis le rattachement de la péninsule de Crimée à la Russie. Ces manœuvres conjointes provoquent donc de nouvelles inquiétudes. Le ministre lituanien des Affaires étrangères évoque une «menace pour la stabilité de la région», le ministre polonais de la Défense parle d’une «menace pour le monde libre».

Moscou affirme que les manœuvres conjointes avec la Chine se déroulent dans les eaux internationales, que leur but est de travailler à la garantie conjointe de la sécurité de l’activité économique maritime et qu’elles ne sont dirigées contre aucun pays tiers, un clin d’œil appuyé à l’OTAN. L’augmentation des effectifs de l’Alliance atlantique dans les pays baltes et en Pologne, de même que ses dernières manœuvres militaires, avaient pour objectif de parer à une éventuelle agression russe.

Ce n’est pas non plus la première fois que les marines russe et chinoise procèdent à des manœuvres conjointes. Elles ont entamé cette forme de coopération il y a plusieurs années en mer Jaune et l’ont renouvelée depuis en mer du Japon, en mer de Chine méridionale et même en Méditerranée, c’était en 2015.

«Joint Sea 2017» versus «Saber Guardian 2017»

Il y a une frégate, un avion, des hélicoptères et des fusiliers marins, du côté russe et du côté chinois, un destroyer, une frégate, un navire de ravitaillement, des hélicoptères embarqués et des unités de fusiliers marins. Même si Pékin et Moscou insistent sur le caractère humanitaire et antiterroriste de ces manœuvres, certains experts russes rappellent que lors d’exercices conjoints précédents, les marins s’étaient entraînés à parer des attaques aériennes, à combattre des sous-marins et à utiliser des missiles anti-navires. Par le biais de son secrétaire-général Jens Stoltenberg, l’OTAN a fait savoir qu’elle « suivrait attentivement les manœuvres de la marine russe à proximité des frontières des pays baltes ».

Une « provocation » orchestrée par Moscou et Pékin?

A n’en pas douter il s’agit d’un signal fort. Moscou répond ainsi à l’OTAN dont l’exercice Saber Guardian – qui a réuni près de 25 000 militaires répartis entre la Hongrie, la Roumanie et la Bulgarie, une zone que la Russie considère être sa frontière quasi immédiate s’est terminé le 20 juillet. De plus, des manœuvres conjointes avec la Chine témoignent d’un certain degré de coopération entre les flottes russe et chinoise ce qui permet au Kremlin de démontrer que la Russie n’est pas aussi isolée que Washington voudrait bien le faire croire. Il est important pour Vladimir Poutine, sur le plan intérieur, de montrer que la Russie dispose d’alliés, comme c’est déjà le cas avec l’Iran et la Turquie dans le cadre du processus d’Astana et la résolution de la crise syrienne.

Enfin, pour Pékin ces manœuvres militaires à proximité immédiate des principaux pays membres de l’OTAN renvoie à ce qui se passe en mer de Chine méridionale. La Chine n’a pas vraiment apprécié la levée de boucliers suscitée en Occident par ses prétentions de souveraineté sur plusieurs îles de cette région et elle entend donc démontrer en procédant, avec la Russie, à des manœuvres conjointes en Baltique qu’elle était déterminée à défendre ce qu’elle considérait être son intérêt national…

D’autres exercices avec la marine russe sont d’ailleurs prévus cet automne en mer du Japon qui sépare l’archipel nippon de la péninsule de Corée et en mer d’Okhotsk, au nord du Japon, entre les îles Kouriles et la presqu’île du Kamtchatka.

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