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Grèce: mobilisation autour d'Irianna, condamnée à 13 ans de prison

Par Charlotte Stiévenard

En Grèce, un prénom a fait le tour des réseaux sociaux ces dernières semaines. Celui d'Irianna, une doctorante en linguistique de 29 ans. Cette jeune femme, dont le nom de famille n'a pas été publié, a été condamnée à 13 ans de prison ferme. Les juges ont estimé qu'elle appartenait à un groupe anarchiste insurrectionnel.

De notre correspondante à Athènes

Le groupe anarchiste insurrectionnel est celui de la Conspiration des cellules de feu, un groupe connu pour ses envois de colis piégés à des personnalités, censées être des symboles du capitalisme. Le dernier était destiné au ministère allemand des Finances. Pour lier Irianna à ce groupe, le tribunal s'est basé principalement sur des traces d'ADN partielles. Elles ont été retrouvées sur le chargeur d'un pistolet,  lui même découvert dans une cache d'armes qui appartiendraient à la Conspiration des cellules de feu.

Un autre homme, Périklis, lui aussi soupçonné d'appartenir au groupe a été condamné à la même peine qu'Irianna. Tous les deux ont décidé de faire appel et réclament en attendant la suite du procès leur libération conditionnelle. Il y a deux semaines, la justice leur a stipulé une fin de non recevoir.

Un échantillon ADN controversé

La défense pointe des incohérences dans le dossier car la justice se base sur une trace d'ADN partielle. L'expert de la police estime que cette trace est suffisante. Mais l'expert choisi par la défense estime que la trace ne permet pas de prouver à 100% qu'il s'agit bien de l'ADN d'Irianna et que la quantité était trop faible pour qu'une contre-expertise soit menée. En ce qui concerne Periklis, les juges se basent sur un faisceau d'indice, dont un voyage à Barcelone, la ville espagnole, où des groupes du type de la Conspiration des cellules de feux sont également actifs, disent-ils, mais sans preuve de contact.

En 2011, Irianna avait elle même donné volontairement un échantillon de son ADN à la police. Car derrière cette affaire, il y a celle de son petit ami, Konstantinos Papadopoulos. C'est lui au départ qui était visé par la justice. En 2011, le jeune couple avait été arrêté après une descente de police nocturne à son domicile. Il avait alors été accusé d'appartenance à ce groupe anarchiste pour avoir hébergé un couple de suspects qui par la suite s’est effectivement révélé être membre de la Conspiration. A cette époque, Irianna avait été aussitôt relâchée après avoir volontairement donné cet échantillon d'ADN. Le jeune homme, son compagnon, avait finalement été acquitté.

Mobilisation pour réclamer la remise en liberté d'Irianna

Des universitaires et hommes politiques grecs se sont pris d'intérêt pour ce cas. Six eurodéputés grecs de différents partis ont appelé la justice à faire preuve de clémence et à répondre favorablement à la demande de liberté conditionnelle. Ils estiment qu'elle a déjà été accordée à des cas plus graves. Pour l'heure les juges restent sur leurs positions et une manifestation de soutien à Irianna a dégénéré la semaine dernière lorsqu'une centaine de jeunes cagoulés s'est précipitée dans la principale artère commerçante de la capitale grecque pour y briser des vitrines. Le père d'Irianna a indiqué qu'elle condamnait ces violences.

Cette affaire a également été récupérée au niveau politique. Le gouvernement d'Alexis Tsipras a pris position et a désavoué les juges qui ont refusé la demande de libération conditionnelle d'Irianna. Le ministre de la justice Stavros Kontonis a parlé d'une « surprise déplaisante », tandis que le porte-parole du gouvernement, Dimitris Tzanakopoulos a indiqué que cette décision resterait inscrite au « livre noir » de la justice grecque.

Ces réactions traduisent des relations devenues difficiles avec le système judiciaire. L'opposition qui accuse régulièrement le gouvernement d'Alexis Tsipras de faire preuve de laxisme concernant les anarchistes est aussitôt montée au créneau. Elle a estimé que ces déclarations avaient provoqué cette nuit de violences.

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