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Bulgarie: une grande réforme pour résorber la crise au sein de l'armée

Par Damian Vodénitcharov

La Bulgarie cherche à faire passer une grande réforme pour combattre la crise au sein de l'armée. Les problèmes à résoudre sont pourtant nombreux et compliqués, comme des salaires bas, du vieux matériel et un manque de personnel. Comment est-ce que le gouvernement du Premier ministre Boïko Borissov compte s'y prendre ?

avec notre correspondant à Sofia,

Cette réforme concerne les trois composantes de l'armée. L'armée de l'air est la plus touchée, puisque ça fait maintenant des années que les gouvernements successifs parlent de l'achat de nouveaux avions de chasse. Actuellement, la Bulgarie ne dispose que de deux MiG-29 soviétiques opérationnels. Ils sont d'une part incompatibles avec des systèmes-clés de l'OTAN, comme l'identification « friend or foe » notamment. Les MiG bulgares risquent d'être reconnus comme des avions ennemis par l'OTAN. Sofia ne participe donc pas aux opération aériennes de l'Alliance.

Entre-temps, le Parlement a dû permettre aux avions de pays alliés de défendre l'espace aérien bulgare pour remplir les obligations de Sofia auprès de l'OTAN, notamment en ce qui concerne les patrouilles aériennes (ou air policing.) Le premier ministre Boïko Borissov avait arrêté la procédure d'achat de nouveaux avions de chasse dans son gouvernement précédent. Ce dossier épineux est maintenant rouvert pour satisfaire les demandes de ses partenaires nationalistes, dont est issu le nouveau ministre de la défense Krassimir Karakatchanov. Dans son programme électoral, il voulait même rétablir la conscription, éliminée il y a dix ans.

Les autres composantes de l'armée également concernées

Là aussi, le besoin de nouveau matériel et de personnel se fait sentir. L'armée de terre a besoin de quelques 200 véhicules blindées. La marine, elle, ne dispose que de deux frégates et veut naturellement en avoir plus. Tout cette réforme de l'armée devrait coûter 1,8 milliards d'euros sur vingt ans. Et encore, même avec ces dépense relativement importantes, la Bulgarie resterait loin des objectifs de l'OTAN pour les dépenses militaires.

Les pays-membres de l'Alliance doivent consacrer 2% du PIB à l'armée, alors que même après l'achat d'avions et de véhicules, on n'atteint que 1,6%. Sans ces investissements massifs, il ne serait que de 1,1%. Le budget 2017 prévoyait environ 550 millions d'euros pour la défense ; trois quarts de cette somme sont cependant dédiés aux rémunération des militaires et de l'administration.

La Bulgarie avait autrefois une grande armée...

Oui, à l'époque communiste, - avant 1989-, les effectifs atteignaient entre 150 et 200 000 soldats, puisque le pays était la première ligne de défense du Pacte de Varsovie contre l'OTAN, avec la Turquie au Sud. Aujourd'hui, l'armée est complètement exsangue, avec à peine 14 000 soldats. Le recrutement va très mal aussi, puisque les salaires sont en-dessous de la moyenne nationale, avec un minimum fixé à 190 euros par mois.

Pas étonnant donc qu'il y ait de gros trous dans les effectifs. En ce moment, il manque 2500 réservistes et 5600 postes en service actif, ce qui fait 8100 postes vacants en tout. Malgré tout, la Bulgarie demeure un partenaire stratégique de l'OTAN. Chaque année, elle prend part à des exercices militaires conjoints avec d'autres membres de l'Alliance. 4000 troupes bulgares participent en ce moment aux manœuvres Saber Guardian 2017.

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