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Rwanda: Grand-messe de l’OMS pour la couverture sanitaire universelle en Afrique

Par Stéphanie Aglietti

Comment financer la santé en Afrique ? C’est un des thèmes cruciaux qui ont été abordés cette semaine à Kigali lors du tout premier forum de l’OMS sur la santé sur le Continent. Pendant deux jours, près d’un millier de participants, des décideurs, des professionnels de la santé, mais aussi des représentants du secteur privé étaient réunis autour du thème : « Les populations d’abord : la route vers la couverture sanitaire universelle en Afrique ». Selon la Banque mondiale, 11 millions de personnes basculent dans la pauvreté chaque année sur le continent, en raison des niveaux élevés des paiements directs de santé. Et pour atteindre l’objectif d’offrir un accès à tous à des soins de qualité et à des prix abordables, selon les experts, il faut que les secteurs public et privé travaillent main dans la main.

En 2014, seuls quatre pays africains avaient atteint l'objectif d'Abuja qui fixe à 15 % la part des dépenses publiques à consacrer à la santé. Ce niveau d'investissement peu élevé est un des facteurs principaux à l'origine de la faiblesse des services de santé en Afrique. Pour le docteur Delanyo Dovlo, directeur en charge des systèmes et services de santé à l'OMS, il faut que les pays mobilisent plus de ressources, quitte à trouver des solutions innovantes :

« Dans certains pays comme le Ghana, une petite partie de la TVA est réservée à l'assurance maladie nationale. Certains pays prélèvent aussi des taxes sur l'alcool ou sur le tabac afin de créer un réservoir d'argent qu'ils peuvent utiliser pour la santé. »

Mais précise-t-il, les pays africains doivent aussi optimiser les ressources disponibles : « Si vous pouviez payer un petit montant chaque mois ou chaque année, tout comme le reste de la population, alors cela pourrait permettre de fournir des services lorsque vous en avez besoin sans que cela ne vous cause d'énormes problèmes financiers à vous ou votre famille. Cela est un point crucial ».

Les acteurs privés de l'assurance santé à but lucratif ou non ont aussi leur rôle à jouer. Et notamment, lorsqu'il s'agit de trouver des solutions innovantes pour financer l'accès à la santé pour le secteur informel qui englobe généralement en Afrique la majeure partie de la population.

Timothy Evans directeur du département santé à la Banque mondiale, donne l'exemple d'un portefeuille santé mobile prépayé nommé M-Tiba lancé au Kenya par l'opérateur mobile Safaricom via le service de transfert d'argent M-Pesa :

« Avec ce système, les individus et les gouvernements peuvent mettre des contributions dans ce portefeuille qui est individuel et les gens peuvent dépenser l'argent de ce portefeuille mais que pour des services de santé et que dans les institutions accréditées par les autorités de la santé. C'est un moyen d'avoir une participation très importante du secteur informel. »

Mais Adesimbo Ukiri PDG d'Avon, une compagnie d'assurance nigériane, rappelle qu'en aucun cas le privé ne peut se substituer au public :

« Nous avons une énorme part de la population qui est pauvre ou très pauvre. Comment le secteur privé peut-il fournir des soins de santé à ces personnes qui ne seront pas en mesure de payer ? Le gouvernement devra payer pour ces personnes. »

En clair, les partenaires privés et publics doivent travailler de concert afin d'atteindre l'objectif fixé : la couverture santé universelle sur le continent.

 

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