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L’Iran à la peine, faute de capitaux étrangers

Par Dominique Baillard

En Iran, l’économie est l’un des enjeux majeurs de l’élection présidentielle de vendredi. Car l’accord sur le nucléaire n'a pas eut l’effet d’entrainement escompté sur les investissements étrangers.

Le brut iranien coule à nouveau à flots vers les marchés extérieurs, c’est le pilier de la croissance et c’est à peu près le seul bénéfice de l’accord sur le nucléaire. Les Iraniens souffrent toujours autant du chômage et supportent en plus la fin des subventions à l’énergie. Les capitaux étrangers qui devaient déferler sur la République islamique pour créer les emplois dans le secteur privé ne forment pour l’instant qu’un petit ruisseau. Seulement un à deux milliards de dollars ont été injectés depuis janvier 2016, date de l’entrée en vigueur de l’accord. Alors que les besoins sont estimés à 50 milliards de dollars.

Pourquoi l’ouverture économique voulue par le président Rohani n’a-t-elle pas fonctionné comme prévu ?

La méfiance des deux côtés est immense et elle ralentit tout selon un consultant français. Les sanctions ont été levées, mais les gardiens de la révolution sont toujours considérés comme des terroristes. Étant donné qu’ils sont omniprésents dans l’économie iranienne, souvent masqués derrière des fondations, un investisseur doit faire très attention avant de signer un contrat. Le risque de s’exposer à des représailles américaines refroidit les ardeurs des petits comme des grands. L’élection de Donald Trump qui pourrait remettre en cause cet accord nucléaire a encore renforcé cette prudence. Soucieuses de ne pas compromettre leurs affaires en cours aux États-Unis des grandes entreprises françaises se donnent du temps et font surtout de la représentation pour le moment.

Le système bancaire iranien, toujours coupé du reste du monde, est l’autre frein aux investissements étrangers.

Un visiteur étranger ne peut toujours pas retirer des rials sur place avec sa carte bleue. Ce manque de transparence entretient aussi la méfiance sur la solidité des banques iraniennes. Il faut donc trouver des subterfuges pour effectuer des transactions financières. Les Italiens, très actifs en Iran, ont par exemple un centre bancaire dédié à ce marché. Mais comme les Américains, ils passent bien sûr aussi et toujours par Dubaï. Les différends politiques entre les émirats sunnites et la république chiite n’empêchent pas les affaires. Dubaï « demeure un point de passage obligé pour travailler en Iran » estime Jacques Hogard de l’agence Epée, une agence qui accompagne les entreprises françaises dans leur démarche. Il envisage d’ouvrir un bureau dans l’émirat où sont répertoriées 4000 sociétés iraniennes.

Malgré les difficultés, l’Iran reste un marché convoité.

Incontournable. La deuxième économie de la région après celle du rival saoudien c’est un immense marché de 80 millions de consommateurs. C’est un pays à la fois moderne, éduqué, avec une Silicon Valley à Téhéran, mais aussi des usines qui fonctionnent comme il y a 50 ans. Et puis c’est une ouverture vers les marchés voisins comme le Pakistan ou le Turkménistan.

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