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Turquie: Recep Tayyip Erdogan cueille les fruits du référendum constitutionnel

Par Alexandre Billette

Deux semaines après le référendum du 16 avril sur le renforcement des pouvoirs de Recep Tayyip Erdogan remporté de justesse par le camp du président turc - avec 51,4 % des votes selon les chiffres officiels – la Commission électorale centrale a validé les résultats du scrutin jeudi 27 avril au soir. L’opposition, elle, continue de contester ces résultats mais n’a plus vraiment de recours.

de notre correspondant à Istanbul,

Le CHP, principal parti d’opposition qui a dénoncé la reconnaissance par la commission électorale de votes qui n’avaient pas été officiellement paraphés, est allé jusqu’au Conseil d’Etat, le plus haut recours juridique possible en Turquie pour faire annuler les résultats du référendum. Mais l'instance a refusé d’ouvrir une requête comme le demandait le CHP.

Ce qu’il reste maintenant, c’est la contestation hors de la Turquie. L’opposition veut saisir la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) pour contester le résultat du vote. Une mesure compliquée car, selon le président turc, l’opposition ne peut pas faire appel à une justice étrangère. Mais la presse turque rappelle qu’il existe un antécédent : en 2002, un candidat avait en effet tenté de faire appel à la CEDH pour contester son éviction. Ce candidat, c’était Recep Tayyip Erdogan lui-même avant qu’il ne soit élu l’année suivante.

Bouleversements à venir dans la justice

Dans les prochains jours, c’est notamment au sein de la justice qu’il y aura des changements, puisque l’équivalent du Conseil supérieur de la magistrature sera désormais en pratique contrôlé par la présidence. A compter de la validation des résultats du référendum, cette institution doit être transformée dans les 30 jours qui suivent et Recep Tayyip Erdogan pourra dès lors nommer directement ou indirectement la moitié de ses membres, tandis que les autres le seront par l’Assemblée nationale où l’AKP, le parti du président, est majoritaire.

Plus symbolique encore, le président turc peut redevenir membre de l’AKP justement, alors qu’auparavant le président de la République avait un devoir de réserve. Ce n’est plus le cas et dès mardi 2 mai, Erdogan va être réintégré au sein du parti, d’abord comme simple membre mais -puisque le hasard fait bien les choses- le parti a convoqué un congrès extraordinaire fin mai, lors duquel il devrait très certainement être réélu à la tête de son parti.

Elections anticipées ?

C’est peut-être justement à l’occasion de ce congrès extraordinaire que les choses pourraient s’accélérer. Il pourrait être l’occasion d’un profond remaniement au niveau du gouvernement et aussi au sein dans les instances du parti. Et ensuite, soit le chef de l'Etat attend l’échéance normale de 2019, date prévue des prochaines élections présidentielle et parlementaires, soit le pouvoir turc décide au contraire de faire dissoudre l’Assemblée et de trouver un moyen juridique pour avancer les échéances électorales.

C’est peut-être l’hypothèse la plus prévisible : on imagine assez mal Recep Tayyip Erdogan devoir attendre deux ans avant de mettre en place le régime présidentiel qu’il veut appliquer depuis des années. Peut-être aussi parce que le référendum a été gagné par une marge très mince, et donc une victoire écrasante du président et de son parti permettrait d’effacer en quelque sorte la déconvenue électorale du dernier scrutin pour RTE.

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