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Echos de campagne
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Le terrorisme fait irruption dans la campagne

Par Bruno Faure

Alors que les candidats n’ont plus que trois jours pour persuader les indécis, la menace des attentats réactivée par l’arrestation de deux suspects à Marseille provoque de nombreuses réactions. Certains refusent l’intimidation, d’autres évoquent le « laxisme » des gouvernants.

« Jamais nous ne ferons le cadeau aux criminels de nous diviser devant eux » : Jean-Luc Mélenchon, en meeting à Dijon et simultanément dans plusieurs autres villes par hologramme adresse ce message aux terroristes. « Nous n’avons pas peur ! » Le candidat de la France insoumise exprime d’ailleurs sa solidarité pour les candidats autour de qui la sécurité est renforcée, comme Emmanuel Macron qui lance à peu près lui aussi le même avertissement : « ce qu’ils cherchent à faire, c’est de nous diviser, d’instrumentaliser cette campagne. Que personne ne tombe dans ce piège. » Quant à François Fillon, à qui les autorités recommandent la prudence, il affirme que ça ne changera « strictement rien » à l’organisation de sa campagne.

Terrorisme évitable ?

Certains pourtant lancent la polémique sur l’attitude des gouvernements de ces dernières années. Florian Philippot, vice-président du Front national, parle de « laxisme ». Marine Le Pen, qui réclame la reconduite dans leur pays de tous les fichés S étrangers, estime qu’elle aurait pu éviter les actes terroristes commis par Mohammed Merah en 2012, puisqu’elle abolirait le droit du sol pour ceux qui demande la naturalisation. Elle l’a dit sur TF1 après avoir exigé que le drapeau européen soit retiré du plateau. « Je veux être présidente de la République française, pas de la Commission européenne, je considère que l’UE a fait beaucoup de mal à notre pays et à notre peuple, en matière économique, sociale, de disparition des frontières... »

Guerres illégales

François Asselineau de son côté estime que François Fillon n’a qu’à « s’en prendre qu’à lui-même » puisque lorsqu’il dirigeait le gouvernement, il a « contribué à désorganiser les services de renseignement et de police », partisan d’une politique « d’alignement complet » sur les États-Unis, approuvant les « guerres illégales au Moyen-Orient ».

Le Pen héritière de 34

Le candidat de la droite reste néanmoins fixé sur son objectif : atteindre le second tour. En meeting à Lille, François Fillon parle d’une campagne qui « n’aura pas été un long fleuve tranquille » mais « plutôt une rivière en crue pleine de rapides ». Benoît Hamon, lui, était à Toulouse, pour s’adresser à la jeunesse et pour attaquer frontalement Marine Le Pen qui « dit bien ce qu’elle est : finalement tout à fait conforme à la dynastie à laquelle elle appartient, à l’héritage qui est le sien. Celui de la collaboration, des ligues factieuses de 1934, celui de cette vieille extrême-droite moisie, rance, qui a toujours existé en France. »

E. Macron dans les Pyrénées, Jean-Luc Mélenchon moque les «catastrophistes»