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Revue de presse française
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A la Une: jusqu’où ira Mélenchon ?

Par Frédéric Couteau

Le week-end dernier, le candidat de la France insoumise créait la surprise avec sa percée spectaculaire dans les sondages. Avant-hier à Marseille, il haranguait la foule avec talent. Ses interventions sur le net font mouche. Bref, « pour Mélenchon, c’est l’ascension avant Pâques », s’exclame Libération. « Aujourd’hui, constate le journal, sa montée dans les sondages inquiète tous ses rivaux. Pour cause, sa présence au second tour de la présidentielle est devenue possible. Alors les coups pleuvent. Du Front national au Parti socialiste. »

Pourquoi une telle ascension ? « Elle tient à son talent de tribun, c’est un fait, répond Libération. Mais elle traduit aussi des réalités plus profondes. Les classes dirigeantes doivent d’abord se demander pourquoi La France insoumise, radicale à souhait, séduit aussi un électorat modéré. Difficile d’y voir autre chose que la rébellion d’une partie croissante de la population contre une société trop inégalitaire et angoissante, que Mélenchon a su capter. »

En effet, constatent Les Echos, « une extrême gauche aussi haute, quand l’extrême droite l’est déjà, qu’est-ce que cela dit du pays, ou plutôt des 'gens' auxquels Mélenchon dit s'adresser ? Cela dit leur malaise, répond le quotidien économique, cela dit leur cri : écoutez-nous ! Où sont les images de Fillon déambulant et parlant avec des Français, comme Sarkozy le faisait en 2007 ? Elles sont rendues difficiles par le climat des affaires. Où sont chez Macron les images imprégnées de terroir façon Hollande 2012 ? Elles passent au second plan dans la stratégie d’un candidat qui préfère désormais parler aux électeurs de droite et rassurer sur sa présidentialité. C’est peut-être cela la percée de Mélenchon, concluent Les Echos : le non des gens à une campagne qui se fait loin d’eux. »

Du coup, inquiétude à droite, à gauche et au centre… Même François Hollande est sorti de sa réserve hier en déplorant, a-t-il dit, « qu’on regarde le spectacle du tribun plus que le contenu de son texte. »

« Devant ses fidèles, constate Le Monde, le président sortant, qui a renoncé à se représenter, se montre très sévère sur le niveau d’une campagne jugée 'hors sol', centrée sur les affaires et laissant peu de place au débat projet contre projet. Il déplore que 'l’émotion' et les dynamiques de campagne semblent avoir pris le pas sur la 'raison' et le fond. (…) 'Cette campagne sent mauvais', a même lancé en privé François Hollande, qui redoute un deuxième tour Marine Le Pen - Jean-Luc Mélenchon. »

Hollande : le changement sans lui…

Cette sortie présidentielle provoque bien des réactions ce matin… des réactions très critiques finalement envers le chef de l’Etat.

Pour Paris-Normandie, « au crépuscule de cinq ans d’illusions perdues, le constat 'olfactif' dressé par François Hollande lui-même sonne comme l’aveu d’une défaite. Après s’être trouvé dans l’impossibilité de se présenter à sa propre succession, il ne peut que mesurer sa responsabilité à l’aune de l’étendue des dégâts : une campagne insensée, le candidat de sa propre famille politique en jachère et, surtout, une jeunesse aujourd’hui de plus en plus attirée par un miroir aux alouettes de l’extrême transmis de père en fille depuis quarante ans. »

Le Républicain Lorrain renchérit : « dans ce château de cartes qui s’effondre, François Hollande a perdu ses points de repères habituels. Son meilleur ennemi de droite est lui-même menacé de submersion, tandis que la social-démocratie est mitigée dans sa tiédeur par une douche froide de gauche radicale. Bref, pour François Hollande, après 5 ans de ni oui ni non à l’Élysée, le changement c’est maintenant. Mais sans lui. »

Finalement, pointe Le Midi Libre, « à sa façon, François Hollande cherche à protéger Emmanuel Macron et certaines réformes importantes de son mandat comme la loi Travail. Mais au-delà de ce tir de barrage assez peu efficace, François Hollande affiche surtout une vieille rancune, née en 1997 au Congrès de Brest, du temps où les deux hommes se disputaient l’héritage de François Mitterrand. Depuis la haine entre les deux leaders de la gauche n’a jamais faibli. »

Enfin, pour Le Figaro, c’est clair, « par petites touches, le chef de l’État laisse, chaque jour davantage, entrevoir sa préférence. Il salue d’ailleurs le pari 'pour le moins audacieux' de la création d’En Marche ! il y a tout juste un an. 'Le président pense que seul Emmanuel Macron peut l’emporter face à Marine le Pen', analyse un parlementaire hollandais. Un soutien à peine voilé qui risque, estime Le Figaro, de conforter les opposants à Emmanuel Macron, convaincus que le candidat d’En marche !, rebaptisé 'Emmanuel Hollande' par François Fillon, est 'l’héritier' du hollandisme. Selon son entourage, le président attendra toutefois l’entre-deux-tours, croit savoir Le Figaro, pour exprimer sa position de façon explicite. »

L’escalade

A la Une également, la crise entre les Etats-Unis et la Corée du Nord qui continue d’inquiéter… Attention, prévient Libération, « les risques d’escalade sont grands et les conséquences d’une attaque américaine 'préventive' incalculables. La Corée du Nord de Kim Jong-un n’est pas la Syrie de Bachar al-Assad. La réelle capacité de nuisance et de représailles de Pyongyang n’est pas à sous-estimer. Séoul, mégalopole qui héberge la moitié de la population sud-coréenne et une bonne partie des 200.000 Américains résidant dans le pays, est à portée de tir de l’artillerie et des missiles du nord. Sans compter la probabilité que Pyongyang vise également des bases américaines au Japon, comme il a menacé de le faire à la mi-mars en dégainant des engins dans la mer du Japon. »

Maudits lacets !

Enfin, une question essentielle enfin résolue : « pourquoi les lacets se défont toujours… » Réponse dans une étude de l’université de Berkeley que rapporte Le Figaro : « quel que soit le nœud que l’on fait à ses lacets, il finira par lâcher sous l’effet des mouvements lors de la marche, ont constaté les scientifiques. » Il fallait y penser…

Le Parisien précise : « les scientifiques américains ont observé que le choc du pied sur le sol, équivalent à 7 fois la gravité terrestre, et l’effet 'fouet' des boucles lorsque le pied est en l’air étaient responsables du délaçage. Et voilà, c’est juste une 'affaire' de physique ! » CQFD…