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Revue de presse française
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A la Une: l’escalade entre les Etats-Unis et la Corée du Nord

Par Frédéric Couteau

« Changement de cap pour l’USS Carl Vinson, s’exclame Le Figaro. Le porte-avions américain et ses 5.000 hommes d’équipage font route vers la péninsule coréenne, délaissant l’Australie pour tester la détermination du 'Maréchal' Kim Jong-un. Le mastodonte d’acier a quitté Singapour accompagné de deux destroyers et d’une frégate, tournant le dos aux antipodes, où il était attendu dans les prochains jours. Une nouvelle démonstration de force de Donald Trump, constate encore Le Figaro, décrétée dans la foulée des frappes déclenchées contre une base de l’armée syrienne. Les tomahawks lancés contre Bachar el-Assad sifflent aux oreilles du dictateur nord-coréen et de son protecteur chinois, agitant la menace d’une option 'militaire' contre Pyongyang. Hier, le président américain a réaffirmé sur Twitter être prêt à 'résoudre le problème' nord-coréen sans l’aide de la Chine. »

Certes, pointe Libération, « Trump ne joue pas la carte de l’apaisement. Son administration a fait savoir qu’en ce qui concernait la Corée du Nord, tout était possible, y compris les frappes militaires, comme en Syrie la semaine dernière. Le régime de Kim Jong-un est accusé de mener des essais de missiles longue portée, rappelle Libération, allant à l’encontre de plusieurs résolutions de l’ONU. Il est notamment soupçonné de chercher à développer un missile balistique intercontinental à tête nucléaire, lui permettant d’atteindre le sol américain. Cinq tests atomiques ont déjà eu lieu, dont deux en 2016. »

La politique de la gâchette ?

Face à l’armada américaine, « il semble peu vraisemblable que le régime nord-coréen se laisse impressionner, estime pour sa part Le Monde.
Le Monde qui souligne que « les experts observent depuis plusieurs semaines une forte activité autour du site d’expérimentation nucléaire de Punggye-ri, dans le nord-est de la péninsule. La Corée du Nord pourrait procéder à un sixième essai nucléaire, ou à un test de missile balistique de longue portée. Quelle sera alors, s’interroge Le Monde, la réaction de Washington ? »

D’après un expert japonais cité par le quotidien du soir, « le risque d’une attaque préventive des Américains est faible, étant donné les capacités de riposte de la Corée du Nord. Kim Jong-un paraît très confiant sur ce point ». « A Séoul et à Tokyo, poursuit le journal, une telle initiative a toujours été jugée irréaliste en raison des conséquences qu’elle entraînerait pour la Corée du Sud et le Japon, premières cibles d’une réaction nord-coréenne. Mais, estime un expert sud-coréen, 'avec le président Trump, on ne peut plus exclure cette perspective'. »

Attention, prévient Sud-Ouest, « avec son programme nucléaire bien avancé, la Corée du Nord n’est pas la Syrie. Et personne de sérieux ne néglige les menaces proférées par son régime totalitaire lorsqu’il parle de répliquer par tous les moyens à une éventuelle attaque étrangère. » Alors « que ce soit en Syrie ou en Corée du Nord, poursuit Sud-Ouest, la situation est suffisamment explosive pour que les puissances qui comptent ne mettent pas d’huile sur le feu. Trump doit savoir que la politique de la gâchette en Corée du Nord est un risque qui terrifie ses propres alliés en Asie. Et que des relations correctes avec Xi Jinping d’un côté, Vladimir Poutine de l’autre, sont indispensables pour désamorcer ces deux crises majeures, dont l’une a déjà démoli un pays entier, quand l’autre pourrait embraser l’Asie. »

Une idée généreuse partie en fumée…

Beaucoup de commentaires dans les journaux ce matin après l’incendie du camp de migrants de Grande-Synthe, dans le nord de la France.
« 'C’est une catastrophe, résume dans Le Figaro, Corinne Torre, chef de mission à Médecins sans frontières. Nous avons l’impression d’être revenus deux ans en arrière avec toujours autant de gens errant dehors dans les bois ou sur les routes vers Calais et Paris'. L’ONG avait construit ce camp humanitaire de Grande-Synthe à la demande du maire, Damien Carême, en mars 2016, précise Le Figaro. Il aura suffi d’une nuit, entre lundi et mardi, pour que 80 % des quelque 300 cabanons en bois partent en fumée. Une énième rixe entre communautés - Afghans contre Kurdes d’Irak - a provoqué le gigantesque incendie. »

« A Grande-Synthe, une idée généreuse est partie en fumée, soupire Le Républicain Lorrain. (…) Au-delà du fait divers, c’est la gestion de cette poche de rétention, à une poignée de milles nautiques de l’Angleterre, qui revient hanter les responsables politiques. Le constat s’impose comme une rengaine : malgré la bonne volonté des associations, il incombe aux Etats de trouver une réponse à un problème bien trop grand pour de seuls bénévoles. »

Et pour le coup, s’agace Le Journal de la Haute-Marne « les Britanniques jouent déjà de facto la carte du Brexit. Ils laissent les autorités françaises se débrouiller, alors que leur économie et les conditions de droit d’asile constituent un véritable appel d’air. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, on risque donc d’entendre parler longtemps de ces lieux d’infortune où se mélangent ceux qui fuient la guerre et ceux qui cherchent meilleure fortune. Grande-Synthe n’était que la continuation de Sangatte. On ferme ici, on ouvre là-bas et ainsi de suite. »

Hamon et le PS en bout de course ?

Enfin, un mot de la campagne présidentielle… « A 11 jours du vote, une histoire de flou », ironise Libération. « Jamais l’issue du premier tour n’avait été aussi incertaine à moins de deux semaines de l’élection, note le journal. Quatre candidats sont en position favorable, troublant les notions de 'vote utile', de 'vote stratège' ou encore de 'vote plaisir'. »

« Quatuor et à travers », s’amuse Le Canard Enchaîné qui relève que « chacun des quatre est sûr de l’emporter. Il n’en restera que deux, mais avant cela, pointe l’hebdomadaire, un électeur sur deux n’est toujours pas certain d’aller voter. »
A en croire les sondages, le désormais cinquième homme, Benoît Hamon, serait en perdition. Et les hiérarques du PS prépareraient déjà l’après… « La présidentielle jugée perdue, ils sont dans les législatives, avec Bernard Cazeneuve pour mener la campagne », affirment Les Echos.

Déjà, dimanche dernier, pointe Le Figaro, « François Rebsamen a théorisé la constitution d’un gouvernement de coalition de tous les 'progressistes', esquisse d’une possible alliance entre macronistes et socialistes. Ce schéma rêvé des Hollandais suppose malgré tout qu’un PS subsiste au lendemain de la présidentielle. Or, s’interroge Le Figaro, qui dit qu’il n’explosera pas dès le 24 avril entre un courant réformiste rejoignant d’emblée Macron et un courant radical basculant chez Mélenchon ? »