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Revue de presse française
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A la Une: petite phrase, grands effets…

Par Frédéric Couteau

« Je pense que la France n’est pas responsable du Vel’ d’Hiv’ » : déclaration de Marine Le Pen, avant-hier dimanche 9 avril. Aussitôt, avalanche de réactions indignées autant à gauche qu’à droite. Hier lundi, la candidate du Front National a précisé son propos. Niant toute responsabilité dans la polémique, elle s’est dite « indignée par cette opération d’instrumentalisation politique ». Se plaçant, dit-elle, « du côté des gaullistes historiques », elle a voulu clarifier sa position en s’inscrivant dans le prolongement de De Gaulle, Mitterrand, Séguin et Chevènement, pour qui le régime de Vichy n’était pas la France.

Ce matin, les réactions fusent de toute part dans les journaux… A commencer par Le Monde qui ne mâche pas ses mots : « le 'roman national' que la présidente du Front national, et son vice-président, Florian Philippot, veulent promouvoir est anachronique et nauséabond. Il ne se fonde pas ici sur un 'refus de la repentance', mais sur le refus de reconnaître une vérité indispensable au processus historique national. Au passage, poursuit Le Monde, Mme Le Pen met à mal – mais c’est son affaire – des années d’efforts de 'dédiabolisation' de son parti, qui l’ont amenée à en exclure son propre père, tristement célèbre auteur de la formule du 'détail' à propos des chambres à gaz. »

En effet, s’interroge Le Figaro, « après tant d’efforts pour corriger l’image de son parti et se démarquer des propos de son père, était-il si judicieux d’accepter d’aller sur ce terrain de la Seconde Guerre mondiale sachant que, même par amalgame, cela ranimerait les anciens soupçons sur son parti ? »

La République des Pyrénées renchérit : « quelle mouche a donc piqué Marine Le Pen, dont toute la stratégie de 'dédiabolisation' de son parti s’était justement appuyée sur une prise de distance avec les obsessions d’extrême droite de son père sur la Seconde Guerre mondiale ? »

Ultime provocation ?

« En son temps, rappelle La Montagne, Jean-Marie Le Pen avait bien agité ces épouvantails, mais ils ne lui avaient pas porté bonheur. En balayant ainsi ces années d’efforts pour apparaître comme un parti fréquentable, Marine Le Pen, pour tenter de gagner quelques points, a remis les pieds sur un terrain malsain, considérant sans doute qu’une provocation ne lui nuirait pas. »

En effet, pour Le Midi Libre, l’objectif de Marine Le Pen était clair : « durcir le ton et donner un coup de fouet à sa campagne. Pour reprendre ses distances avec les candidats 'du système', se faire passer pour une victime et incarner l’héritière du Gaullisme. Une manipulation grossière de l’Histoire, déplore le journal, qui, depuis longtemps, alimente les fantasmes de l’extrême droite française. Une sorte d’ADN maurrassien dont elle ne se débarrassera jamais. »

Enfin, La Croix nous propose cette piqûre de rappel historique : « durant la Seconde Guerre mondiale, certains Français ont collaboré avec l’occupant nazi, d’autres ont manqué de courage. Mais il y a eu aussi d’autres Français, nombreux, qui ont résisté ou qui ont simplement fait preuve d’un minimum de solidarité humaine. Et cela a permis aux trois quarts des juifs de notre pays d’échapper à l’extermination, un des taux les plus élevés parmi les pays occupés par l’Allemagne. Reconnaître que des Français ont fauté, conclut La Croix, c’est en réalité se donner la liberté d’affirmer que d’autres ont fait honneur à l’humanité et à leur pays. »

La chasse aux indécis

La campagne toujours… On est à 12 jours du premier tour. Et jamais une présidentielle n’a été aussi indécise…
Ils sont 4 à pouvoir espérer accéder au second tour. Mélenchon, Fillon, Macron et Le Pen sont au maximum à 5 ou 6 points d’écart dans les sondages, autant dire, rien, avec les marges d’erreurs…

D’autant, souligne L’Est Républicain, « qu’un tiers des personnes ne savent pas encore pour qui elles voteront et qu’un autre tiers ne savent même pas si elles se rendront aux urnes. C’est dire la fiabilité des sondages qui rythment la campagne… »

Du coup, « la chasse aux indécis est ouverte », s’exclame Le Parisien en première page. Le Parisien qui estime que les indécis constitueraient non pas 30 mais 40% de l’électorat. « Pourquoi une telle incertitude ? Les raisons sont multiples, répond le journal : le nombre important de candidats — onze ! — ; l’affaire Fillon, bien sûr, qui déboussole une partie de l’électorat de droite ; les divisions à gauche avec pour conséquence la chute du bloc socialiste, l’émergence d’Emmanuel Macron, nouveau venu dans le paysage politique ; tout comme l’écho, sans précédent, rencontré par des candidats antisystème incarnés par Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. Et cela, sans parler d’un sentiment majoritaire de rejet pour la classe politique traditionnelle. Entre 'chasse aux sortants'' et envie de 'dégagisme'… n’en jetez plus !, s’exclame Le Parisien. Les électeurs n’ont jamais été aussi peu sûrs de ce que sera leur vote. »

Une vierge aux enchères

Enfin, un peu de légèreté pour terminer cette revue de presse, quoi que… Le sujet peut faire rire ou pleurer… C’est l’histoire du jour de Libération : une jeune femme roumaine de 18 ans, mannequin, a décidé de mettre aux enchères sa virginité… Alexandra Khefren, c’est son nom, a donc en mis en vente sa « première fois » en novembre dernier, par le biais d’un site allemand d’escort girls. Après six mois, c’est un homme d’affaires de Hongkong, dont l’identité et la nationalité n’ont pas été divulguées, qui a remporté les enchères pour… 2,3 millions d’euros.

« Sur le site de l’agence, Alexandra Khefren, qui a refusé de répondre aux questions de Libération, se dit 'très contente de sa décision', et considère l’enchère finale comme 'un rêve devenu réalité', même si sa décision, pointe le journal, est jugée immorale dans la presse internationale. La jeune femme se disait, en novembre, sûre 'qu’un homme prêt à dépenser autant d’argent est un homme bien'. Il sera difficile de savoir si le contrat sera respecté et dans quelles conditions, commente encore Libération. 'On considère comme un tabou que j’aie le droit de faire de mon corps ce que je veux, se défend Alexandra Khefren. Chacun devrait vivre comme il veut'. »