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Revue de presse française
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A la Une: la percée Mélenchon

Par Frédéric Couteau

A moins de deux semaines maintenant du premier tour de la présidentielle, le leader de la France insoumise bouscule la donne dans les derniers sondages. « Jusqu’où ira-t-il ? », s’interroge Le Parisien en première page.

En effet, pointe Le Figaro dans son dernier sondage, Jean-Luc Mélenchon « profite d’une véritable dynamique avec un bond de 6 points, passant de 12 à 18% d’intentions de vote. À l’inverse, la présidente du FN et le candidat d’En marche ! baissent tous les deux de 2 points et restent à égalité à 24%. De son côté, Fillon est stable à 17 % mais voit désormais Mélenchon lui passer devant. Un croisement des courbes symbolique. L’essentiel des gains enregistrés par Mélenchon est obtenu en siphonnant les voix de Benoît Hamon, qui, avec 9%, est durablement enkysté sous la barre des 10%. Et la dynamique est sans doute loin d’être achevée, estime encore Le Figaro. Mélenchon est parvenu à convaincre une partie de l’électorat PS en rupture avec le quinquennat de François Hollande. Ainsi, ce sont maintenant 26% des sympathisants socialistes qui votent Mélenchon contre plus que seulement 32 % pour Hamon. Un chiffre qui donne la mesure du problème Hamon qui ne parvient même pas conserver ses électeurs naturels. »
 
Même constat pour Libération : « selon notre baromètre, Jean-Luc Mélenchon réalise une forte percée dans l’opinion, affirme le journal, quatre Français sur dix considérant qu’il ferait un bon président. Une remontée qui rebat les cartes à deux semaines du premier tour. »
 
Libération pointe aussi le fait que « Mélenchon récupère manifestement une partie de l’électorat de Benoît Hamon, des jeunes notamment, impressionnés par sa faconde lors des débats. Méfions-nous toutefois, tempère le journal : il y a cinq ans, l’homme avait connu une envolée du même ordre avant de retomber lourdement dans la dernière ligne droite. Il paraît si clivant que son socle de voix n’est guère extensible. »
 
Dépoussiérage
 
En tout cas, pour l’instant, « tout est brouillé », relèvent Les Echos : « Fillon et Macron s’affrontent ; “Emmanuel Hollande”, accuse l’un, “François Balkany” répond l’autre, mais c’est Jean-Luc Mélenchon, avec son prénom et son nom à lui, qui monte et commence à menacer et l’un et l’autre. […] Mélenchon l’ancien n’a pas besoin de faire des œillades à la jeunesse comme le font ses adversaires, pointe encore le quotidien économique : c’est vers lui que vont les jeunes. Avec ses hologrammes et ses meetings en mode stand-up, il est finalement le seul à avoir dépoussiéré la façon de faire campagne. Il se pose même, sans rire, en “figure rassurante”, et tend la main à Arnaud Montebourg. Il est devenu à la mode, qu’importe ce qu’il fut, la campagne n’a pas de mémoire. »
 
L’Humanité pour sa part savoure… « Le trio confortable – Macron, Le Pen, Fillon – auquel l’élection devait se résumer est désormais bousculé par l’irruption de la candidature de Jean-Luc Mélenchon, par l’espoir qu’elle suscite, au-delà des militants, de sortir des ornières. […] Les partis dominants sont largement discrédités. L’hypothèse Mélenchon séduit, se réjouit encore le quotidien communiste. Un grand coup de collier des communistes, des Insoumis, des démocrates, des syndicalistes… peut tout bousculer. Il n’y a pas de temps à perdre mais beaucoup à gagner. »
 
Vote caché ?
 
Pour François Fillon, c’est la douche froide… C’est ce que constate Libération, entre autres : « le leader de la droite a beau sentir “une force” monter qui va “stupéfier les prétendus faiseurs d’opinion”, son entourage a beau distiller l’idée d’un “vote caché” en sa faveur, rien, pour l’instant, n’atteste d’une moindre embellie pour LR. Fillon ne baisse plus mais il ne grimpe pas. »
 
La Montagne enchaîne : « Fillon et ses fidèles se disent évidemment assurés de rééditer le miracle de la primaire, avec un décollage à la verticale dans les huit derniers jours. Mais le “vote caché pour Filon” qu’ils invoquent est tellement bien caché qu’aucun expert ne le décèle. […] Autre problème pour le candidat LR, pointe encore La Montagne : à l’évidence, certains des ténors du parti se sont mis en “service minimum” pour ce qui est de l’aider, envoyant ainsi le signal qu’ils n’y croient plus. »
 
En effet, précise Le Courrier Picard, « c’est sur Facebook que le très écouté Nicolas Sarkozy est sorti de son silence pour appeler à soutenir François Fillon, tandis qu’Alain Juppé s’est contenté d’un message sur Twitter. Les héros déchus de la primaire se sont contentés du service minimum, comme le font bon nombre de cadors de la droite en région, qui ont tourné la page de la présidentielle depuis belle lurette. »
 
Recomposition ?
                                                         
Finalement, constate Paris-Normandie, « à moins de deux semaines du premier tour de la Présidentielle, la dernière ligne droite se résume maintenant à un match à quatre alors qu’ils sont onze sur la ligne de départ. Marine Le Pen et Emmanuel Macron font encore la course en tête, tandis que François Fillon et Jean-Luc Mélenchon – dans l’ordre alphabétique – les poursuivent à quelques encablures. Compte tenu des marges d’erreur admises par les sondeurs et avec la prudence que requiert un tel enjeu, tout est possible. »
 
En effet, complète Le Républicain Lorrain, « l’affaire est loin d’être pliée. D’autant que les spectateurs semblent rêver d’une nouvelle surprise. D’où leur indécision en tant qu’électeurs. Comme si les uns attendaient le dernier moment pour voler au secours du vainqueur, tandis que d’autres auraient pour seule envie de faire chuter les favoris. […] Le cœur ou la raison pourrait donc bien balayer l’insipide vote utile désormais masqué par le resserrement des écarts. Les voies de l’électeur sont impénétrables. Autant de raisons de se garder de tout pronostic. »
 
Et « si personne ne peut dire aujourd’hui avec certitude qui de Le Pen ou de Macron, de Fillon ou de Mélenchon est certain d’être au deuxième tour, il est évident qu’il y aura une profonde recomposition, pour ne pas parler de refondation, du paysage politique à l’issue de l’élection, concluent Les Dernières Nouvelles d’Alsace. Les deux grands partis qui ont fait la France ces soixante dernières années risquent de s’effondrer, comme d’autres avant eux en Europe. »