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Revue de presse française
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A la Une: Syrie, une frappe, des questions

Par Norbert Navarro

Visage fermé, l’air résolu, le président des Etats-Unis apparaît en pleine page à la Une de Libération, quittant la tribune où il vient de parler devant des bannières étoilées des plus martiales. Il a frappé, et la presse française ce matin, se perd en conjectures.

Car « envoyer un message fort à Bachar el-Assad et Vladimir Poutine, c’est bien, admet Libé. Mais, s’embarquer dans une guerre unilatérale sous le coup de l’émotion et sans stratégie à la clé serait catastrophique, prévient ce quotidien. Après tout, qui dit de quoi Donald Trump sera capable demain quand, la semaine dernière encore, il considérait Bachar el-Assad comme un partenaire possible ? L’homme est capable de tout, c’est là l’inquiétude ».
 
« Une frappe, et après ? », s’interroge aussi Le Parisien, qui le souligne : « le shérif est de retour ».
 
C’est le « bras de fer Trump-Poutine », souligne Le Figaro en Une. Pour ce quotidien conservateur également, « le changement de pied de Donald Trump est spectaculaire. Lors de son investiture, c’était l’Amérique d’abord, rien que l’Amérique. Il n’était plus question de jouer les gendarmes sur toutes les longitudes. On prédisait déjà une nouvelle ère isolationniste. Et voilà que Trump endosse les habits de patron du monde libre, appelant les “nations civilisées” à le suivre pour mettre fin au bain de sang en Syrie. Une fois de plus, il bouscule le jeu, souligne Le Figaro. Trump, si l’on ose dire, a fait le plus facile. Derrière la trace des missiles, il lui reste maintenant à définir une stratégie ».
 
Quelle stratégie pour les Etats-Unis en Syrie ? A lire les innombrables commentaires, on comprend qu’en fait de stratégie, c’est manifestement le vide.
 
Le seul journal français qui applaudit ce matin le bombardement à coups de missiles américains de la base syrienne au sud de Homs hier est La République des Pyrénées. « Quant à nous, simples citoyens du monde, effaré devant cinq ans de passivité face à la barbarie, nous avons seulement envie de dire : “Thank you Donald Trump”, lance, avec un enthousiasme mesuré, ce quotidien du sud de la France. »
 
Mais c’est bien le seul. Ainsi, le journal Le Monde qualifie-t-il ce qu’il appelle le « coup de semonce » de Donald Trump à l’égard du régime de Bachar el-Assad, ainsi qu’à son allié iranien, de « véritable pari diplomatique ». Car la réaction « très négative du président russe, Vladimir Poutine [...] montre que Washington prend le risque de geler tout espoir rapide d’amélioration des relations avec la Russie, alors que Rex Tillerson se prépare précisément à se rendre à Moscou, la semaine prochaine, pour y rencontrer Vladimir Poutine », remarque ce quotidien du soir.
 
Plus radical, le journal La Charente libre dénonce la « stratégie éruptive du président américain ».
 
Syrie : le coup de sang de Trump
 
Tout à fait. Ainsi, Les Dernières Nouvelles d’Alsace estime que « grâce à ses missiles, Trump est enfin président. Son émotion devant un massacre chimique a les accents de la sincérité », énonce ce quotidien de l’est de la France.
 
Son confrère mitoyen, le journal L’Alsace, n’écrit pas autre chose, en notant que le président américain « n’hésitera pas à faire usage de la force. Et pour cela, il ne s’embarrassera pas de l’Onu. Trump frappe d’abord et, éventuellement, discute après. [...] Sur la forme, Donald Trump confirme que le monde doit se préparer à une diplomatie de l’humeur ». Mais attention, avertit L’Alsace, il n’y a « rien de plus dangereux qu’une action militaire guidée par la seule émotion. Celle-ci est mauvaise conseillère, faisant perdre en lucidité ».
 
Donald Trump plus que jamais imprévisible, c’est ce que met en avant Le Courrier Picard. « Il n’aura fallu attendre que quelques mois après son arrivée à la Maison Blanche pour le voir défourailler. En frappant la base militaire, d’où proviendraient les armes chimiques utilisées contre des civils syriens, Donald Trump envoie un signal fort : le patron, c’est lui ».
 
Commentaire analogue de L’Est Républicain. « Donald Trump, a choisi la manière forte. Au risque, comme les Américains l’ont déjà fait dans cette partie du monde, d’allumer la mèche d’une poudrière ».
 
Et oui, rehausse Le Républicain Lorrain, Trump a lancé un « pied de nez […] à la multitude de ses contempteurs méprisants. Le bonimenteur fantasque, risée des chancelleries occidentales, a joint les actes à la parole en répondant à une inqualifiable attaque chimique par une frappe punitive ciblée »
 
Certes, concède La Presse de la Manche, mais en agissant ainsi, le président américain a envoyé « un signe d’inexpérience. […] Gouverner par impulsion émotionnelle, ce n’est pas gouverner. C’est être soumis à ses passions. Ça peut fonctionner, mais c’est alors le hasard qui fait bien, ou non, les choses ».
 
Stockholm : attaque ou attentat
 
Trump omniprésent dans la presse ce matin, donc. Mais en regard de cette actualité syrienne, l’attaque au camion hier à Stockholm y occupe peu de place. Les journaux français se bornent ce matin à relater les faits. Pour Le Parisien, il s’agit bien d’un « attentat ». Pour Libération, d’une « attaque », pour Le Figaro, il est bien question aussi de « terrorisme ». Sans autres commentaires.
 
Foot : un madrilène nommé Griezmann
 
Possibles grandes manœuvres dans le football à Madrid.Etant rappelé que, comme nombre de métropoles en Europe, surtout la capitale espagnole compte deux clubs rivaux, l’Atletico et le Real – lesquels, soit dit au passage, s’affrontent cet après-midi pour un « classico » qui promet – et que le Français Antoine Griezmann joue depuis trois ans à la pointe de l’attaque de l’Atletico Madrid, le quotidien sportif français L’Equipe révèle ce matin ce qu’il appelle en Une le « plan secret » qui consiste à prévoir le transfert de l’attaquant français de l’Atletico au Real « vers l’été 2018 » pour remplacer la star de ce dernier club, le portugais de Madère Christiano Ronaldo.
 
Tout est ainsi résumé en une phrase, ce qui n’empêche pas L’Equipe de développer son tuyau sur trois pages, dont la Une, car, selon ce confrère sportif, c’est une « opération à très hauts risques ». Encore des risques ! Décidemment…

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