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Revue de presse française
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A la Une: le premier débat télévisé à 11, avec tous les candidats à la présidentielle

Par Florent Guignard

Et notamment ceux qu’on appelle « les petits candidats », « ceux dont les sondages ne leur donnent jamais plus de 5% des voix », selon la définition des Echos, qui estime que « les petits candidats (donc) misent sur le débat pour se faire entendre ».
Dans un titre à peine condescendant, Le Figaro évoque « le jour de gloire des ‘’petits candidats’’ ». On remarquera que l’expression est utilisée entre guillemets… Pour Le Figaro, on peut penser « qu’il y a quelque chose d’un peu loufoque à opposer des candidats qui ont de réelles chances de victoire à des contradicteurs en quête d’une publicité éphémère, et qui parfois ne représentent qu’eux-mêmes. » « On se demandera s’il était bien utile de veiller au-delà de minuit pour écouter une communiste canal historique (Nathalie Arthaud) plaider, cent ans après la révolution d’Octobre, pour l’appropriation collective des moyens de production, ou bien Jacques Cheminade nous préciser la façon dont, lui président, on coloniserait la planète Mars… »

On sent la même condescende chez ce qu'il faut à l'inverse appeler « les gros candidats »

C'est par exemple François Fillon, cité par Le Figaro : « Je ne me préparerais pas, j’improviserai. », façon de laisser penser que les « petits candidats » serait imprévisibles… Un proche du candidat de la droite dit même que « ce débat emmerde Fillon, mais il ne peut pas le montrer ».

Même enthousiasme relevé chez Jean-Luc Mélenchon, qui expliquait tranquillement sur son blog la semaine dernière, rappelle Libération, qu’il « a accepté de participer avec les onze candidats, bien que cela suppose de sacrifier une soirée entière pour à peine quinze minutes de temps de parole ».

Chez Benoît Hamon, c’est plutôt un sentiment d’impuissance qui domine : « le problème, c’est que certains candidats font le show », dit un de ses proches. Oui, c’est un problème… Mais l’entourage du candidat socialiste redoute moins les « petits candidats » que la grande gueule de Jean-Luc Mélenchon - mais peut-être craignent-ils que leur champion, à force de perdre des points dans les sondages, ne rejoignent la troupe des « petits candidats »... « Le coup du gars qui fait rire tout le monde, ça ne marche pas à tous les coups », s'énerve l'entourage de Benoît Hamon, bien conscient d'être passé à côté de l'exercice la dernière fois.

Car la nouvelle star, c'est Jean-Luc Mélenchon. C'est même un sondage qui le dit, et que reprend L'Humanité : Mélenchon est jugé par les Français « le plus à l’aise des politiques devant les caméras ». « Quinze jours après le premier débat, note Libération, ses répliques tournent toujours sur les réseaux sociaux. Le lendemain, poursuit Libération, Mélenchon récolte les fruits de sa prestation. Des nouveaux copains sur les réseaux sociaux, un afflux de dons pour financer sa campagne et le croisement des courbes avec le candidat socialiste, Benoît Hamon. Bref, un nouveau départ. » Jean-Luc Mélenchon « convainc désormais au-delà de son propre camp sur son honnêteté et sa stature d'homme d'Etat », écrit L'Humanité, qui cite le sondeur Frédéric Dabi, de l'Ifop : « C'est le signe que quelque chose s'est passé, un changement de son cœur d'image. »

L'autre star, c'est Emmanuel Macron, le favori des sondages...

Et pour Le Parisien, Emmanuel Macron, c'est même « l’homme à battre ou à abattre », « la cible numéro 1 ». « Ce soir, Emmanuel Macron jouera très gros. » Celui qui refuse le titre de « favori » serait-il atteint du syndrome Juppé, se demande Le Parisien ? « Le risque pour Emmanuel Macron serait de ne plus prendre de décisions et de rester en position d'attente au-dessus de la mêlée. Alain Juppé en a fait les frais. Dans la peau du favori de la primaire de la droite pendant plus de deux ans, le maire de Bordeaux n'a cessé de temporiser. » Et comme le dit l'ancien directeur de campagne d'Alain Juppé, « la position de favori peut soit transcender, soit tétaniser ».

Et pourtant, Emmanuel Macron n'a pas l'air tétanisé lorsqu'il s'agit de mettre en scène sa rupture avec François Hollande, qui incarne ce passé récent si gênant... Dans la longue interview (deux pleines pages) que la candidat d'En Marche a accordé au Monde, ou que Le Monde a accordé à Emmanuel Macron, il prend ses distances avec « le président normal » : « Je compte être un président qui préside (…) sans jamais être un président de l'anecdote. » Bim.

Pour Les Echos, « Emmanuel Macron tente ainsi de lever les doutes sur sa capacité à être président, en prenant Hollande comme anti-modèle absolu. Il n’est pas le dauphin que pousse un président empêché, signifie-t-il ainsi. Il n’est pas, surtout, l’héritier de sa méthode, devenue synonyme d’inertie. »

« Fini le jeune homme souriant donnant son assentiment à l’un puis à l’autre. En quinze jours, le candidat a changé de stratégie. Costume noir plutôt que bleu, visage sérieux et ton impérieux, il faut faire président ! Le ‘’bienveillant’’ répond désormais coup pour coup aux attaques de ses adversaires », et aurait même, toujours selon Les Echos, adopté une conception « plus sarkozyenne » de la politique.

Après l'attentat de Saint-Pétersbourg, tous les journaux évoquent la piste du groupe Etat islamique

La presse semble ici presque moins prudente que Vladimir Poutine... Pour La Dépêche du Midi, « c'est la Russie qui est visée au cœur, mais aussi notre Europe tout entière. Tout comme la France, la Russie est une cible. » Dans Le Figaro, un expert souligne le « changement de tactique » adopté par Daech. « Dans les grandes villes européennes ou à Moscou, les grands attentats ne sont plus possibles et se transforment en petites opérations impliquant deux à trois personnes. » Mais « que Daech soit ou non responsable, écrit L’Alsace, l'opposition russe et tous ceux qui contestent le pouvoir de Poutine en Russie en subiront les conséquences. Poutine ne manquera pas de se servir de cet attentat pour museler un peu plus les voix divergentes dans son pays qu'il dirige d'une main de fer. »