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Revue de presse française
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A la Une : campagne présidentielle, «la grande incertitude»

Par Florent Guignard

Encore et toujours la campagne présidentielle : c’est « la grande incertitude », comme le titre Le Figaro. Echaudés par le Brexit et l’élection de Donald Trump, les journaux français prennent les devants, sur le thème : on vous prévient, attention aux sondages... Ils en appellent donc à la plus grande prudence. D’un bout à l’autre de l’échiquier médiatique, de L’Humanité au Figaro, c’est le même constat : « abstentionnistes et indécis peuvent faire basculer l’élection », titre L’Humanité, tandis que Le Figaro explique en une « Pourquoi rien n’est joué »…

Un chiffre : 40% des électeurs à ce jour sont indécis. Leur choix n’est pas définitif, ou ils n’en ont même pas fait. Ou alors le seul choix qu’ils ont fait c’est celui de ne pas aller voter… Ce chiffre de 40% représente plus de 6 millions d’électeurs. Et sur le terrain, L’Humanité l’a bien senti, ce « désenchantement » citoyen. « Souvent ils ont voté par le passé, puis de moins en moins, et puis pas du tout. » « Beaucoup de citoyens suivent de près le débat mais signifient que rien, pour l'heure, dans l'offre électorale, ne justifie leur déplacement. Ceux-là - et ils sont nombreux à gauche - se désolent souvent d'être abstentionnistes. » Renaud, un de ces Français rencontrés par L’Humanité, « fait ainsi de l’abstention une arme politique : "plus elle sera forte, dit-il, et plus le message envoyé sera fort". » « Aller à la rencontre des abstentionnistes, écrit L’Humanité, c’est mesurer les ravages d’un quinquennat considéré comme perdu par ceux qui devaient en être le cœur, jeunesse et classes populaires. »

Même quand il n’est plus là, presque plus là, c’est encore la faute de François Hollande ! C’est ce qu’explique le sondologue Jérôme Jaffré dans Le Figaro : « Le vote sanction, qui avait poussé par exemple beaucoup d’électeurs à se mobiliser contre Sarkozy en 2012, a disparu avec le retrait de François Hollande. » Pas de vote sanction cette année, et pas non plus « de vote espoir ». « Les sondages, analyse encore Jérôme Jaffré, montrent que quel que soit l’élu, les Français ont le sentiment que la situation du pays ne s’améliorera pas. » Les Dernières Nouvelles d’Alsace comparent même cette présidentielle, inédite à bien des égards, à « une roulette russe. » « À ce niveau de flou, tout est possible. »

Et quand c'est flou, c'est qu'il y a un loup, disait ma grand-mère

Et elle avait bien raison ! On pourrait même parler du grand méchant flou, à la lecture de l'éditorial des Echos : « Quel est le vrai visage de François Fillon ? Celui qui incarnait la vertu dans la primaire, ou le porteur de ‘’balafre’’ qui vient de traverser un mois de tempête médiatico-judiciaire ? Qui est Emmanuel Macron, le dynamiteur audacieux de la vieille politique ou le faux-nez de François Hollande ? Qui est Benoît Hamon, vainqueur inattendu de la primaire de la gauche : l’ancien ministre de François Hollande ou son plus virulent contempteur ? » Selon Les Echos, « il ne faut pas chercher plus loin le désarroi dont font preuve les électeurs. A trois semaines du premier tour de la présidentielle, ils ont, pour des raisons différentes, un doute fondamental sur la personnalité de trois des principaux acteurs. Quand les candidats sont flous, alors les électeurs flottent. »

Libération ce matin se penche sur un phénomène qui ne serait pas sans conséquence électorale : ce qu'on appelle la fracture numérique

C’est un reportage dans l'Eure, en Normandie, dans une commune qui s'appelle Sainte-Marthe... Ici, « impossible de téléphoner avec son portable, ou presque : en certains lieux de la commune, il arrive péniblement d’y ‘’avoir une barre’’, comme le dit Nathalie. Dans son commerce, on peut capter un faible signal Bouygues Telecom. De l’autre côté de la route, c’est plutôt SFR. Mais la plupart du temps, l’écran du téléphone affiche un message limpide : ‘’aucun service’’ ou ‘’appels d’urgence uniquement’’. » Ironiquement, « à l’entrée du bourg se dresse un panneau routier indiquant, vers la droite, la présence d’un téléphone public dans une cabine. » On est au cœur de ces fameuses zones blanches, là où le téléphone portable ne passe pas. « Dans les zones blanches, explique l’adjoint au maire, les gens ont un sentiment d’abandon, avec un fort ressentiment à l’égard des institutions. Cela nourrit le Front national. Vous pouvez superposer la carte de la non-connexion et celle du FN. » Aux régionales de 2015, le parti a dépassé 50 % des votes dans certains villages de l’Eure dépourvus de réseau. Et pour regarder la télé, ce n’est pas sur son portable. « Ici, on se branche sur la vieille antenne râteau : ‘’C’est la campagne,raconte Nathalie, devant l’écran de son bar calé sur BFM-TV. S’il n’y a pas la télé, c’est triste.’’»

BFM TV qui organise le débat de demain soir, le premier débat avec les 11 candidats

Le Parisien a des infos : « Benoît Hamon prépare un coup pour le tout début du débat. » On n'en sait pas davantage... Quant à Nathalie Arthaud, la candidate de Lutte ouvrière, « n’attendez pas de moi un coup médiatique, pas le style. Je n’envisage pas un strip-tease. » Et si à moins de trois semaines du premier tour, on parlait enfin du fond, dans cette campagne qui l'a touché, le fond, si on parlait un peu des programmes ? C'est ce que fait Le Parisien, qui fait sa une sur les fonctionnaires, « devenus un produit d’appel électoral ». « Victimes collatérales d’une dette publique historique (2 147 Mds€ fin 2016), les fonctionnaires sont au cœur des programmes des candidats. » C'est ce que fait aussi Libération, pour qui les programmes économiques de candidats, c'est ça « le vrai débat ». Et pour Libé, « le résultat de cette confrontation est sans appel : entre réduction des dépenses, politiques de l'offre, plan de relance en direction de la demande, propositions fiscales... c’est effectivement un choix de société qui s'ouvre à nous. »

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