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Revue de presse française
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A la Une : Turquie, traque mondiale anti-Gülen

Par Norbert Navarro

La Turquie pourchasserait les militants de Fethullah Gülen à travers le monde. C’est ce que révèle le réseau de journaux européens EIC, parmi lesquels, en France, Mediapart. Ce site d’informations en ligne lève le voile sur « des dizaines de rapports confidentiels ». Lesquels, selon ce site Internet, « démontrent que les responsables religieux et les diplomates turcs ont espionné dans le monde entier les sympathisants supposés de la confrérie Gülen, accusée par le président Erdogan d'avoir fomenté le coup d'État manqué de juillet 2016. Au moins trente-huit pays sont concernés, dont la moitié des États de l'Union européenne ». Une « surveillance clandestine de la diaspora turque, entamée fin septembre 2016 », précise Mediapart.

En Mauritanie – et ça n’est qu’un exemple - l'ambassade de Turquie s’est montrée particulièrement zélée. Après avoir détaillé les structures de la confrérie dans le pays, le rapport prévient le siège des affaires religieuses en Turquie « qu'il y a des rumeurs selon lesquelles la structure est particulièrement puissante au Sénégal, le pays le plus important d'Afrique de l'Ouest ». Dès lors, les diplomates « recommandent » que la présidence des affaires religieuses « se concentre particulièrement sur le Sénégal et y nomme rapidement un conseiller pour les affaires religieuses » afin d'y surveiller les gülénistes, énonce Mediapart.

Ankara avait du reste demandé à l’Allemagne de l'aider à espionner 300 personnes et organisations à travers l'Allemagne jugées proches du mouvement du prédicateur Fethullah Gülen, confirme l’AFP.

En Allemagne, justement, le journal Süddeutsche Zeitung et les chaînes de télévision publique régionales NDR et WDR ont annoncé que le Parquet fédéral avait ouvert le 13 mars une enquête contre Halife Keskin, patron de la section Relations étrangères de la Direction des Affaires religieuses en Turquie (Diyanet), qui dépend des services du Premier ministre turc.

Selon les trois médias, la justice allemande le soupçonne d'avoir demandé à des membres de Diyanet basés à l'étranger, notamment à des imams en Allemagne, de rassembler des informations sur les personnes jugées proches du mouvement Gülen.

L'hebdomadaire allemand Der Spiegel affirme également que Diyanet a demandé aux ambassades et aux consulats turcs « dans 35 pays » de rassembler des informations sur les partisans de M. Gülen. Der Spiegel cite ainsi des pays comme « la Mauritanie, la Mongolie, le Nigeria ou l'Australie ».

Dans des documents envoyés à Ankara, les représentations diplomatiques turques ont ainsi détaillé par le menu « les activités d'écoles, d'associations ou de médias supposées proches de Gülen ». Ils ont également dressé des listes nominatives de ses présumés soutiens, écrit Der Spiegel.

Chantiers navals : l’Etat va-t-il monter à bord ?

Grandes manœuvres en perspective dans la construction navale en France. L’Etat envisagerait de nationaliser provisoirement les chantiers navals de Saint-Nazaire, sur la côte atlantique. C’est le quotidien Le Monde qui l’annonce. Il s’agirait d’un projet de « nationalisation provisoire » en cas d’échec des négociations entre ces chantiers STX et le constructeur italien Fincantieri, le second envisageant de racheter le premier. Une nationalisation provisoire ? « Info ou intox », se demande ce matin Le Parisien. Selon ce journal, il s’agirait alors d’un vrai « coup de Trafalgar pour défendre STX ». Contacté par Le Parisien, le ministère de l’Economie, qui est sur le pont de cette affaire navale, « ne confirme pas » (mais n’infirme pas non plus). Affaire à suivre, donc, mais si ça n’est pas du bluff, ce projet signerait le retour des nationalisations en France.

Fillon : et si c’était lui ?

François Fillon était en meeting hier soir à Toulon, dans le sud-est de la France. Malgré les affaires qui lui collent aux basques, le candidat de la droite est loin de décrocher dans les sondages, bien au contraire. François Fillon « se donne vingt jours pour stupéfier le système », lance Le Figaro, qui relate le meeting de Toulon où le candidat de la droite a présenté son programme en matière de défense, dénonçant à ce sujet « l’immaturité » d’Emmanuel Macron, sur qui François Fillon a concentré ses coups. Au premier rang du meeting, les élus de droite « venus en rangs serrés », souligne Le Figaro.

Le candidat de la droite est donc loin d’avoir perdu l’imminente élection présidentielle. A tel point que Libération se le demande « en Une » : « Et si c’était quand même lui ? ». François Fillon et son entourage « en sont convaincus : il peut encore gagner », relève ce quotidien. Pour quelles raisons ? « Fillon garde un socle, sur lequel il peut encore bâtir,  explique Libé. Personne ne peut encore garantir que la morale l’emportera sur les convictions partisanes. Il arrive malheureusement en démocratie que les électeurs soient aussi cyniques que les dirigeants ».

Guyane : excuses nationales

En Guyane, il a suffi que la ministre de l’Outre-mer Ericka Bareigts présente ses excuses pour que soit désamorcée la crise qui a gravement secoué ce département d’outre-mer. C’était en effet une première. Mais qu’on ne s’y trompe pas, ce geste était « inouï » de la part d’une ministre de la République, souligne Sud-Ouest. Des excuses pour que le mur de défiance dressé entre la Guyane et le gouvernement « se lézarde », remarque ce grand quotidien ouest-méridional français. « Un seul mot a suffi, la foule voulait l'entendre, s’émerveille littéralement Sud-Ouest (...) Il valait pour des années et des décennies de sentiment d'abandon ».

Oui, c’était « un geste rare et fort », confirme Le Courrier Picard. Pour ce confrère du centre-nord de la France aussi, le gouvernement « s'est grandi en reconnaissant ses erreurs. En cette période de discrédit de la parole politique, celles d'Ericka Bareigts ne manquaient pas de dignité », estime Le Courrier Picard.

Pas d’accord, rétorque Le Télégramme. « La culture systématique de l'excuse ou de la repentance engendre fatalement des effets pervers », prévient ce journal de l’ouest du pays. « En désamorçant la tension, la ministre n'a peut-être pas rendu service aux Guyanais », anticipe, énigmatique, le confrère breton.

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