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A la Une: la guerre du pétrole en Libye

Par Frédéric Couteau

« Les combats se sont intensifiés, avant-hier, au cœur du Croissant pétrolier, poumon économique de la Libye, constate Le Monde Afrique, où les forces loyales au maréchal Haftar, l’homme fort de l’Est libyen et chef en titre de l’ALN, l’Armée nationale libyenne, ont repris l’avantage face aux assaillants qui les avaient délogés de la zone dix jours plus tôt. Selon des officiels de l’ANL, les forces d’Haftar ont rétabli leur contrôle sur Ras Lanouf et Sidra, deux des ports de cet arc de terminaux pétrolier situé en bordure du golfe de Syrte. Les combats auraient fait 21 morts parmi les forces de l’ANL. On ignorait hier le nombre de victimes chez leurs adversaires de la Brigade de défense de Benghazi, force d’obédience islamiste. »

« Haftar et la ruée vers l’or noir », s’exclame L’Expression en Algérie.
Ce fameux « croissant pétrolier, explique le journal, est convoité par les différentes forces de l’Est, de l’Ouest et du Sud de la Libye, incapables de transcender leurs différends et de privilégier l'intérêt supérieur de leur peuple et de leur pays. En mettant la pression sur le GNA, le gouvernement d’union nationale, dans une démarche de surenchère et de condition rééchelonnée, le maréchal Haftar, qui a récemment superbement ignoré le président du GNA, Fayez al Serraj, au Caire et refuse systématiquement toute tentative d'organiser une rencontre sous l'égide de l'ONU aussi bien que du Groupe des pays voisins, le maréchal Haftar a trouvé matière à augmenter ses ambitions avec le soutien que lui accorde désormais la Russie. »

L’implication de la Russie

En effet, précise L’Expression, « Moscou est soucieux de réinvestir le champ libyen dont il a été exclu depuis 2011, depuis la chute de Kadhafi, d’autant plus qu’Haftar serait favorable à la mise en place d’une base navale russe à Benghazi. »
« Moscou a-t-il aidé Haftar ? », s’interroge le site d’information Perspectives Med. Apparemment oui, répond-il. « Des analystes avaient évoqué ces derniers jours la présence de forces spéciales russes dépêchées par Moscou dans une base égyptienne à la frontière avec la Libye. Ce qui n’exclurait pas leur implication dans cette offensive d’autant, souligne Perspectives Med, que le Maréchal Haftar bénéficierait d’un bon à priori auprès du Kremlin. »

Pour sa part, El Watan en Algérie, affirme que « diverses sources soutiennent que l’Armée nationale libyenne du maréchal Haftar est aidée, dans son entreprise de reconquête de l’Est libyen, par des sociétés militaires privées russes. Dans un entretien accordé à l’agence Reuter, le fondateur de RSB Group et ancien diplômé de l’académie du KGB, Oleg Krinitsyn, a affirmé qu’une douzaine de sociétés de sécurité privées russes avaient envoyé des 'dizaines d’hommes' dans les secteurs contrôlés par l’ANL. Le patron de RSB Group a indiqué, par ailleurs, que sa société ne travaillait pas avec le ministère russe de la Défense mais qu’en revanche elle avait des contacts avec le ministère russe des Affaires étrangères. De son côté, Moscou a démenti catégoriquement hier l’envoi d’experts militaires en Libye et en Egypte. »

Haftar le recours ?

En tout cas, « Haftar est-il l’homme de la situation ? », s’interroge pour sa part Le Pays au Burkina. « Ses succès militaires à répétition parlent d’eux-mêmes et se présentent comme un contre-jour à l’impuissance du gouvernement d’union nationale imposé par la communauté internationale et dont la déliquescence, du fait des démissions de certains membres, le réduit comme peau de chagrin. (…) On peut donc légitimement se demander si le Général Haftar n’est pas la solution à l’équation libyenne, pointe Le Pays. En tout cas, sans porter les attributs officiels du pouvoir, il se positionne en homme capable de ramener l’ordre dans le chaos libyen, ne serait-ce qu’en maintenant une paix armée. Il faut le dire, la Libye a aujourd’hui plus besoin d’un homme fort qui stabilise le pays que de démocratie. »

Et « la communauté internationale, à défaut de l’accompagner dans sa marche vers la prise officielle du pouvoir, devrait tout au moins l’impliquer dans le processus politique en cours, estime encore Le Pays. En tout cas, le nouveau Secrétaire général de l’ONU, Antonio Gutteres, semble l’avoir compris au point qu’il compte faire bouger les lignes. En effet, précise le quotidien ouagalais, il souhaite obtenir au plus vite un accord politique qui permettrait au pays d’envisager une sortie de crise. Pour donner corps à son ambition, il mise sur la nomination d’un nouvel envoyé spécial en Libye et la formation d’un nouveau gouvernement d’union nationale pour faire de la place à l’homme fort du moment. Ce repositionnement politique du Général Haftar risque de connaître une accélération, conclut Le Pays, avec l’entrée en scène de Vladimir Poutine. Les Occidentaux qui, pour servir leurs intérêts, freinaient des quatre fers pour empêcher l’ascension du Général, sous peine de perdre la main dans le dossier libyen comme dans la crise syrienne, seront contraints de lâcher du lest. »

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