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Fusion des armées d’Ossétie du Sud et de Russie, la manœuvre révulse la Géorgie

Par Régis Genté

Les forces armées de l’Ossétie du Sud, minuscule République qui a fait sécession d’avec la Géorgie en 1992, vont être incorporées à celles de la Russie. C’est ce que le Président russe Vladimir Poutine a demandé ce mardi, en vertu d’un traité signé en mars 2015 entre Moscou et Tskhinvali, la capitale sud Ossète.Traité que la Géorgie ne reconnaît pas... Dans quel contexte intervient cette décision ?

de notre correspondant à Tbilissi,

Ce confetti de l’empire soviétique qu’est l’Ossétie du Sud, où vivraient aujourd’hui 50.000 personnes, est devenue de facto indépendante en 1993, au terme d’un conflit séparatiste remporté uniquement du fait de l’implication russe.

L’Ossétie du Sud a fait beaucoup parler d’elle en août 2008, puisque c’est là que la guerre éclair russo-géorgienne a éclaté. Une guerre qui a conduit la Russie à reconnaître l’indépendance de cette province des montagnes du Caucase. Conflit sur fond de tensions entre Moscou et l’occident, au sujet de l’Otan notamment.

Dans la foulée de sa reconnaissance de l’Ossétie du Sud, et de l’autre région sécessionniste géorgienne qu’est l’Abkhazie, le Kremlin a signé des partenariats stratégiques avec elles. Et notamment celui de mars 2015 prévoyant la formation d’un espace de défense et de sécurité communs.

C’est ce texte que Vladimir Poutine demande à présent de mettre en application, lançant ainsi la fusion de l’armée ossète avec celle de Russie. La province n’a aucune autonomie vis-à-vis de la Russie qui l’instrumentalise pour servir ses intérêts géostratégiques.

Pression maintenue sur la Géorgie

Cette incorporation des forces armées Sud-Ossètes dans celles de la Russie signifie que Moscou a des intentions belliqueuses envers la Géorgie ? Ce n’est jamais à exclure, mais nous sommes sans doute davantage dans une stratégie de pression exercée sur la Géorgie laquelle, certes, a depuis quatre ans tenté d’apaiser les relations avec Moscou mais a en même temps continué à se rapprocher de l’occident, que ce soit l’Europe ou l’Otan.

Il semble en effet que Moscou poursuive sa militarisation de ces entités séparatistes qu’elle a créées. On parle d’environ 15.000 soldats et officiers russes déployés en Ossétie du Sud, province grande comme la moitié d’un département français.
Mais je crois aussi que c’est une façon pour la Russie de montrer à l’occident que tant que les pays de ce qu’elle considère comme faisant partie de son pré-carré, l’ancien espace soviétique, sera soutenu par l’Europe ou les Etats-Unis, et bien Moscou se montrera menaçante.

La Géorgie condamne, mais ne peut rien faire sur le terrain

Elle souligne notamment que la Russie ne respecte pas le cessez-le-feu en 6 points qu’elle a pourtant signé à l’issue du conflit de 2008.

Le ministre des Affaires étrangères Mikhail Janelidzé vient de déclarer que la fusion des forces armées Sud-Ossètes avec celles de la Russie est la continuation du processus d’annexion qui est en cours depuis 2008.

Mais c’est d’autant plus embarrassant pour le gouvernement géorgien que c’est un nouveau signe d’échec de sa politique d’apaisement des relations avec la Russie, lancée en 2012. Malgré la bonne volonté déployée par Tbilissi, Moscou n’a rien concédé au sujet des provinces séparatistes, bien au contraire.

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