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Chronique des Matières Premières
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Bruxelles accueille favorablement les concessions de Gazprom

Par Claire Fages

La Commission européenne est favorable à un abandon des poursuites contre Gazprom, après les garanties offertes par le géant gazier russe. Mais les Etats de l’Union européenne pourraient en décider autrement.

La menace de lourdes sanctions européennes s’éloigne du géant gazier russe Gazprom. Depuis cinq ans, l’opérateur russe était accusé d’abus de position dominante dans huit Etats d’Europe centrale et orientale, très dépendants à l’époque du gaz russe. En cloisonnant ces différents débouchés européens les uns des autres, Gazprom avait pu imposer ses conditions sur les prix et les infrastructures gazières de ces pays, cinq s’étaient plaints d’avoir été indûment surfacturés.

Mais après cinq ans de bras de fer, un accord à l’amiable se dessine. Gazprom a revu la copie de ses contrats en Europe de telle manière que la commissaire européenne à la concurrence, Margrethe Vestager, se dit satisfaite des concessions du fournisseur russe. Gazprom accepte que soient renégociés les tarifs de ses contrats à long terme en cours de route. L'opérateur ne s’oppose plus à ce que ses clients réexportent le gaz russe aux voisins.

Le compromis n’intervient pas par hasard, juge Thierry Bros, expert des marchés gaziers : « Gazprom a de lui-même baissé ses tarifs l'an dernier, face à la concurrence » du gaz naturel liquéfié du Moyen-Orient, d'Australie ou des Etats-Unis. La production gazière européenne déclinant inexorablement aux Pays-Bas, l'Europe n'a jamais autant importé de gaz russe qu'en 2016 ! « Il est donc difficile de taper sur Gazprom ». Même si ses tarifs, indexés sur le pétrole, repartent actuellement à la hausse, avec quelques mois de retard par rapport au brut.

La Commission n'a pas pour autant dit son dernier mot, elle doit attendre encore trois semaines les observations des huit Etats européens plaignants, qui de la Lettonie à la Pologne et à la Bulgarie, en passant par la République tchèque, ne voient pas d'un très bon œil la clémence de Bruxelles, ils lui reprochent de faire deux poids deux mesures après sa sévérité contre les géants de l'informatique. Quoi qu'il en soit, si Gazprom venait à ne pas respecter ses engagements, la sanction tomberait sur le géant gazier russe : une amende de plus de 8 milliards d'euros, 10% de son chiffre d'affaires.

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