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Revue de presse française
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A la Une: les nouveaux frondeurs du PS

Par Frédéric Couteau

Au sein du Parti socialiste (PS), les frondeurs d’hier ne sont plus ceux d’aujourd’hui… Les rôles sont désormais inversés. D’un côté, Benoit Hamon, ex-frondeur et désormais candidat officiel du PS à la présidentielle, et de l’autre, l’aile droite du parti, avec les Vallsistes, dont de nombreux ministres en poste… qui contestent de plus en plus la ligne Hamon et qui lorgnent vers Macron.

« A une cinquantaine de jours du premier tour, la tension est encore montée d’un cran au sein de la majorité, constatent Les Echos. Les députés de l’aile droite du PS rechignaient déjà à défendre le programme très à gauche de l’ancien frondeur Benoît Hamon. L’accord avec les écologistes a mis un peu plus d’huile sur le feu. Jean-Marie Le Guen, le secrétaire d’Etat au Développement, est monté au créneau hier pour appeler Benoît Hamon, qualifié de candidat de la “gauche radicale”, à “se reprendre”. “Nous ne sommes pas un parti altermondialiste là pour mener la contestation sociale”, a-t-il tranché, fustigeant “une impasse stratégique”. »
 
Alors, une partie des vallsistes se sont réunis, hier, dans la plus grande discrétion, autour de l’ex-Premier ministre. Objectif : réfléchir à la stratégie de rebond de Manuel Valls. Et surtout ne pas trop en dire pour l’instant aux journalistes.
 
Dingue !
 
Quelques-uns se sont tout de même épanchés… Ainsi ce ministre qui a confié au Monde : « “nous avons le choix entre un candidat qui est un type bien (Hamon) mais avec un programme dingue, ou bien un dingue (Macron) avec un programme plutôt bien !” Et ce ministre de conclure : “c’est quand même assez atterrant, comme alternative. Qu’est-ce qu’on choisit ?” »
 
Cette « gêne en dit long sur le désarroi du camp Valls, pointe Le Figaro. “On sait que chacune de nos déclarations peut être mal interprétée, glisse un participant. Appeler à voter Hamon est perçu comme une hypocrisie sans nom et, à l’inverse, tout propos modéré sur Macron est décrypté comme un soutien”. »
 
En fait, analyse Le Figaro, « tout indique que Manuel Valls et ses amis préparent leur ralliement à Emmanuel Macron. Après tout, et même si le candidat d’En marche ! fait valoir sa différence sitôt qu’il ouvre la bouche, c’est logique. Tous ont fait partie du même gouvernement et tous ont cru en François Hollande – avec mention spéciale à Emmanuel Macron, qui a largement inspiré le programme de 2012. Qu’on les retrouve ensemble ne surprendra personne. »
 
Il fallait s’y attendre…
 
Ce basculement vers Macron était prévisible, souligne aussi La Montagne. En effet, « pour les nouveaux frondeurs, Benoît Hamon n’a pas fait campagne, il a perdu son temps à séduire Yannick Jadot pour 2% d’électeurs et un contrat léonin bafouant tous les acquis du quinquennat ; il a perdu de son crédit en faisant la danse du ventre à un Jean-Luc Mélenchon qui en rit encore ; il a oublié d’élargir son équipe. […] Les nouveaux frondeurs seront alors rapidement tentés d’utiliser le levier du vote utile pour se ranger derrière Emmanuel Macron et choisir celui qui sera le plus capable de faire barrage à Marine Le Pen. »
 
Certes, pointe Sud-Ouest, « on peut comprendre que ministres et députés “loyalistes” soient peu enclins à soutenir un frondeur, qui a été jusqu’à signer une motion de censure contre le gouvernement, et qui depuis sa désignation ne fait rien pour rassembler le PS, préférant faire des risettes à Mélenchon et des cadeaux aux écolos. Mais tous s’étaient engagés à respecter le résultat de la primaire, rappelle Sud-Ouest. Cette situation en forme d’impasse était au fond prévisible : faute d’avoir campé sur une ligne claire après 2002, faute d’avoir assumé et expliqué la politique menée depuis 2012, le PS se retrouve écartelé entre Macron, Hamon… et l’abstention. En attendant, peut-être, la scission. »
 
Première judiciaire
 
A la Une de Libération : « terroristes et mineurs »
 
« Ils sont 53 jeunes de moins de 18 ans mis en examen en France pour des faits liés au terrorisme : un défi pour la justice, à l’image d’un des premiers procès du genre qui s’ouvre ce mercredi 1er mars à Paris. […] “Le récit de leur endoctrinement questionne une société qui cristallise les fractures”, observe un magistrat. Avec, en creux, de lancinantes questions, pointe Libération : que faire de ces enfants, partis sur zone ou embrigadés ici, passés à l’acte ou en voie de le faire ? Comment les juger ? Comment leur (ré)inventer un avenir ? Ce mercredi, le tribunal pour enfants de Paris se penche donc sur le cas d’un jeune Marseillais ayant attaqué un enseignant juif à la machette le 11 janvier 2016. Bien d’autres suivront, avec un enjeu d’adaptation quasi inédit pour ces juges spécialisés, peu familiers des crimes et des délits liés au terrorisme. »
 
Enfants maltraités : briser la loi du silence !
 
Les enfants, toujours, avec cette fois le problème de la maltraitance : c’est le dossier du Parisien.
 
« Enfants maltraités : briser la loi du silence », titre le journal. « En 2015, ce sont 36 enfants qui ont été tués dans le cadre de maltraitances au sein de la famille, relève Le Parisien. Des violences probablement sous-estimées, notamment pour les nourrissons. »
 
Alors, un plan interministériel de mobilisation et de lutte contre ces violences est lancé aujourd’hui sous la houlette de Laurence Rossignol, ministre des Familles et de l’Enfance.
 
« Un plan qui nous appelle à oser dénoncer les violences familiales », pointe Le Parisien. « Sauver un enfant exige de l’intrusion, explique Laurence Rossignol au journal. Le but du plan est de dire à chacun qu’il peut être utile. D’abord, en n’hésitant pas à signaler. On a toujours peur de dénoncer mais là, il ne s’agit pas de délation. Il s’agit de mise en mouvement des services sociaux. »
 
En effet, acquiesce Le Parisien, « il est des situations où le silence est lâcheté. Des cris et des pleurs d’enfant dans l’appartement voisin, un petit visage meurtri croisé chaque matin dans l’ascenseur… Ces indices ne suffisent pas à établir une culpabilité mais doivent être signalés. Parler et faire confiance aux services sociaux, médecins, policiers et magistrats qui entreront ensuite en action est la seule conduite acceptable. Rien n’est négociable quand la vie d’un enfant est peut-être en jeu. »