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Revue de presse française
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A la Une: pour ou contre le Ceta

Par Frédéric Couteau

Le débat fait rage en France ainsi que dans plusieurs autres pays européens à propos de ce traité de libre-échange entre l’UE et le Canada, adopté hier par les eurodéputés.
« Faut-il avoir peur du Ceta ? », s’interroge Libération en première page. « Le traité s’appliquera à 90% dès mars, note le journal. Mais le texte doit encore être validé par les Parlements nationaux. Et il reste de nombreuses réticences. »
Voici les deux grands points qui font débat : cet accord va-t-il stimuler la croissance et l’emploi ? Pour Bruxelles, c’est oui. Pour la commission de l’Emploi et des Affaires sociales du Parlement européen, c’est non…

Et surtout, il y a l’aspect judiciaire, précise encore Libération : « le Ceta permettra en effet aux multinationales, via le mécanisme de règlement des différends, d’attaquer un Etat dès lors qu’elles se sentiront lésées par une réglementation prise, par exemple, sur l’environnement. (…) Un dispositif à sens unique puisque les Etats ne pourront pas attaquer les investisseurs. »

Pour Libé, donc, attention danger : « le texte doit maintenant être soumis à l’approbation des Parlements nationaux. Pour éviter les réactions à la Trump, qui entraîneraient le monde entier dans une dangereuse surenchère protectionniste, il leur appartient, dans les domaines qui touchent à la souveraineté élémentaire, à la santé, à l’environnement ou à la lutte contre le dérèglement climatique, d’exercer leur droit de regard critique, quitte à amender sérieusement la version actuelle du traité. »

Ouest-France s’interroge : « dans le débat nerveux sur le Ceta, c’est en fait l’enjeu symbolique, et donc politique, qui prime sur le réel poids économique de l’accord. Est-ce raisonnable de construire un pont sur l’Atlantique au moment où Trump prône le protectionnisme ? Jouer la carte canadienne pourrait, effectivement, être une façon de poser, dans un monde de brutes, un contrepoint au risque protectionniste. Mais l’Union européenne, une fois ratifié l’accord voté hier à Strasbourg, ce qui est loin d’être évident, en a-t-elle les moyens ? L’adoption du Ceta n’est donc pas la menace apocalyptique décrite par certains, estime Ouest-France, mais elle n’est pas non plus la réponse au besoin de maîtrise, voire de protection, qui se manifeste aujourd’hui, élection après élection. »

Pas très clairs…

Qu’en disent les politiques et notamment les candidats à l’élection présentielle ? Pour l’instant, pas grand-chose…

« Étrangement, note La République des Pyrénées, cette affaire n’a guère mobilisé la campagne présidentielle. Pourtant l’élection pourrait être déterminante pour l’adoption ou pas du Ceta, qui demande d’être confirmée par les parlements nationaux. Du côté des candidats déclarés à l’élection présidentielle tous, sauf Emmanuel Macron, au nom de la croissance, se sont opposés à son adoption, même si Fillon n’était pas très clair sur le sujet. »

En tout cas, pour La Voix du Nord, « l’alternative secouera la campagne présidentielle : ériger des barrières que leurs promoteurs qualifient de sociales et environnementales ou bien libérer les échanges de leurs entraves en quête d’une croissance perdue ? L’alternative continuera aussi de secouer l’Europe, avec des révoltes venues de Wallonie ou d’ailleurs. Entre Bruxelles acquis au libéralisme, et des peuples de plus en plus méfiants, la voie médiane n’a pas été trouvée, à peine cherchée. »

Inimaginable il y a quelques semaines !

A la Une également, encore et toujours bien sûr, la campagne pour l’élection présidentielle en France…
Avec le feuilleton Fillon et un épisode inédit hier : le déjeuner entre le candidat et Nicolas Sarkozy…
« Le promoteur de la rupture, celui qui désignait Nicolas Sarkozy comme l'exemple de l’homme à ne pas suivre, empêtré dans les affaires, est donc allé hier à un rendez-vous inimaginable il y a quelques semaines, s’exclame La Montagne. Ce déjeuner a peut-être été consommé tel une potion amère et la coupe a dû être bue jusqu’à la lie. Mais le retour des sarkozystes dans les rangs des soutiens valait bien ce repas. »

Alors que se sont dit les deux hommes lors de ce déjeuner ? Le Journal de la Haute-Marne croit le savoir : « on peut supposer, sans risque de se tromper que Nicolas Sarkozy a 'conseillé' à son interlocuteur de laisser aux sarkozystes une plus large place dans l’organisation de sa campagne et un rôle plus éminent encore à son poulain, François Baroin. Ses conseils, visiblement, n’ont pas porté que sur le choix des hommes, mais aussi sur les idées. La preuve est venue dès hier soir : François Fillon a plaidé à Compiègne pour l’abaissement de la majorité pénale à 16 ans, une disposition qu’il avait combattue pendant la primaire et que défendait Nicolas Sarkozy. L’ancien locataire de l’Elysée doit savourer ce moment délicieux où il repart en campagne par procuration. »

Marine Le Pen en embuscade

Et pendant ce temps, « pour elle tout va bien » : c’est le grand titre du Parisien
Elle, c’est Marine Le Pen. « Elle engrange, elle engrange… Pendant que François Fillon peine à sortir de la polémique Penelope, que Benoît Hamon en est encore à tenter de rassembler son camp et que les banlieues s’embrasent, Marine Le Pen, elle, déroule. Sans forcer, à son rythme, confortablement installée depuis des mois dans son statut de favorite pour le premier tour de la présidentielle. »

Alors, s’interroge Le Parisien, « Marine Le Pen a-t-elle une chance, même infime, de remporter l’élection présidentielle ? Il y a encore quelques mois, c’est une question qui était balayée d’un revers de main. Donald Trump n’était pas encore président des Etats-Unis, les Anglais n’avaient pas voté pour le Brexit et personne n’imaginait que le candidat de la droite s’appellerait François Fillon et qu’il se retrouverait englué dans une enquête judiciaire quelques semaines après avoir été plébiscité par son camp. »

« Dans les sondages, François Fillon est passé sous la barre des 20% jugée qualificative pour un deuxième tour dans un face-à-face avec Marine Le Pen, constate pour sa part La Charente Libre. La candidate du FN siphonne la droite et prospère au-dessus des 25%. Le temps qui passe ne fait qu’abîmer une candidature Fillon que Bayrou dit ne plus comprendre et dont les supporters de Juppé se détournent. Le pire pourrait être à venir, estime encore le quotidien charentais : que Fillon n’apparaisse plus capable de battre Le Pen tant son image est mauvaise à gauche, au centre et dans les classes populaires. »

Alors, tout serait possible pour la candidate du Front national, d’autant que certains commentateurs politiques la situent bien au-dessus des 26 ou 27% au premier tour que lui attribuent les sondages.

A la Une : la rencontre ce midi entre Emmanuel Macron et le président russe