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À Madagascar, les prix grimpent et les Malgaches souffrent

Par Laure Verneau

À Madagascar, les prix des denrées de première nécessité flambent. C'est le cas du carburant, mais surtout du riz, consommé quotidiennement par toute la population. En quelques mois, le prix du kilo de riz est passé de 1 400 ariarys, soit 0,37 centime d’euros le kilo à 2 500 ariarys, 0,65 centime. Le gouvernement fait de son mieux pour juguler l’inflation.

Le riz est incontournable à Madagascar. Il est consommé matin, midi et soir, parfois même au goûter. Mais depuis le mois de novembre, beaucoup de Malgaches renoncent tout simplement à en consommer. Sur le marché, à Antananarivo, Saholy Razafimalala fait ses courses. Mère au foyer, elle rationne les portions habituelles pour sa famille de cinq.

« C’est très dur, c’est vraiment très dur, tout le monde ici souffre de cette hausse », se plaint-elle. « En général, les Malgaches ont l’habitude d’en manger trois fois par jour. Maintenant, c’est plutôt une fois le soir, une fois l’après-midi ». Pessimiste, elle confie qu’elle a « peu d’espoir pour l’avenir. Mais il faut que les prix redescendent par rapport à [leurs] moyens. Sinon, plus personne ne pourra en manger. »

Derrière son étal de riz, Venotiana Razanadrasoa a remarqué aussi l’effet dévastateur de cette hausse sur ses clients et ses ventes. Elle a perdu la moitié de son chiffre d’affaires. « J’ai beaucoup moins de clients. Ceux qui viennent sont ceux qui peuvent se le permettre, et encore, ils achètent moins. Au lieu d’un kilo, ils prennent la moitié de leur dose habituelle », constate-t-elle.

Situation critique

Les mauvaises récoltes et la dépréciation de l’ariary sont autant de raisons avancées pour expliquer cette inflation continue. La situation est tellement critique qu’elle a été débattue deux fois à l’Assemblée nationale. L’État à travers le ministère du Commerce a importé, rien qu’au premier semestre de 2017, de plus de 400 000 tonnes de riz d’Inde, du Pakistan et du Vietnam. En temps normal, les importations n’ont jamais dépassé les 300 000 tonnes par année.

Pour le Premier ministre Olivier Mahafaly, c’est une réussite. « On a eu du mal dans un premier temps à juguler l’inflation », concède-t-il. « Finalement, c’est la loi de l’offre et de la demande. On a tout fait pour mettre en place un dispositif qui nous permet maintenant de mettre à la disposition des ménages des riz importés. » Puis de poursuivre : « le résultat est là, puisque le riz importé est disponible dans presque toutes les régions et les communes de Madagascar, ce qui a baissé le prix du riz ; même le riz local a connu une baisse significative ces derniers temps. »

Malheureusement, le prix du riz peine toujours à se stabiliser. Autre raison invoquée, la spéculation. Le ministère du Commerce a récemment constaté la rétention de stocks par certains opérateurs qui le revendent au prix fort.

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