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Revue de presse Afrique
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A la Une : une chef de l’Etat sans Etat en Centrafrique

Par Norbert Navarro

C’est lors d’une cérémonie solennelle que Catherine Samba-Panza a prêté serment hier à Bangui. Et en République centrafricaine-même, le journal la Nouvelle Centrafrique s’en réjouit. Le site d’informations en ligne se félicite tout particulièrement que la présidente de la Commission ait estimé que cette élection participe de la « nouvelle dynamique » générée par les récentes décisions de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale, et que la sud-africaine Nkozasana Dlamini-Zuma ait salué « le sens des responsabilités, la maturité et l’engagement dont ont fait preuve tous les acteurs centrafricains ».

Cette intronisation est aussi perçue comme un « motif d’espoir » par Guinée Conakry Info. Le site Internet guinéen « espère » que, de l’investiture de Catherine Samba Panza, sortira le fait que les tueries de ces dernières semaines « s’arrêtent ». Le journal en ligne appelle la présidente à user de « toutes les ressources » afin de persuader les « brebis galeuses » que sont, écrit-il, les ex-Seleka et les anti-balaka, « d’arrêter les barbaries auxquelles elles se livrent encore ».

Mais au Burkina-Faso, le journal Le Pays souligne le contraste entre la cérémonie d’investiture et ce qui se passe dans le pays, décrivant une intronisation « dans un décor de macchabées ». Car, entre le 20 janvier, date de son élection, et sa prestation de serment, hier, « une quinzaine de personnes ont été tuées, rien qu’à Bangui », dénombre le quotidien ougalais. Comme le souligne Le Pays, « c’est maintenant que le plus dur commence pour Mme Samba-Panza, dont le défi majeur et primordial est le rétablissement de la sécurité. Dans les conditions actuelles, elle est plus à plaindre qu’à envier », lance le journal.

En France, le journal Le Figaro dépeint une « cérémonie irréelle, à la fois un peu dérisoire, émouvante, et peut-être indispensable ». Irréelle, en raison du décor et des costumes ; le quotidien français a vu le « tapis rouge », les « manteaux d’hermine », les « costumes sur mesure » ou encore les « dames en chapeaux comme à Chantilly » - étant rappelé que Chantilly est cette ville proche de Paris abritant le Château des Princes de Condé ainsi qu’un champ de courses de chevaux où les élégantes en capeline rivalisent d’élégance lors des grands prix. Mais irréelle, aussi, parce qu’en dehors de la salle où se déroulait cette cérémonie d’investiture, il n’y a « pratiquement plus aucune institution en état de fonctionner dans le pays », souligne Le Figaro.

La désormais présidente par intérim Samba-Panza ayant demandé davantage de soldats français, la France lui a répondu que les seuls renforts prévus étaient les contingents européens, même si, présent à la cérémonie, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a dit qu’il ne fallait « jamais dire jamais », souligne Le Figaro. Qui se demande si la « machine européenne » n’a pas été lancée trop tard. Le quotidien français affirme en effet que les « démarches officielles » auprès des capitales de l’UE « ne sont en effet parties du Quai d’Orsay que le 8 janvier ».

Mali : l’inconnu du perchoir

Autre intronisation récente en Afrique, celle du nouveau président de l’Assemblée nationale au Mali. Issaka Sidibé a été élu par ses pairs pour diriger l’Assemblée nationale post-crise du Mali. Pour le journal Le Républicain, il s’agit d’un « illustre inconnu ». Pas tendre avec le nouveau titulaire du perchoir malien, le quotidien bamakois souligne que le titulaire du poste « n’a le mérite que d’être un parent par alliance de IBK », le président malien. Et le confrère d’en conclure que le Mali « n’est pas encore sorti de l’auberge. Et (que) tout porte à croire que cette Assemblée nationale sera une caisse de résonnance, pour ne pas dire une chambre d’enregistrement, où toutes les décisions passeront comme lettre à la poste ».

Beaucoup moins irrévérencieux, Mali Actualités souligne que le nouveau président de l’Assemblée nationale malienne est un inspecteur des douanes « de classe exceptionnelle ». Vive la liberté de la presse !

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